Autechre
Amber |
Label :
Warp |
||||
A l'image de sa sublime pochette, les premiers adjectifs qui viennent à l'esprit pour décrire le son de ce grand classique de la musique électronique sont aride, austére, mystérieux, presque irréel...
Cependant, se contenter de qualificatifs de cette nature serait extrêmement réducteur tant la musique électronique n'a peut-être jamais sonné aussi humaine que sur cet album. Une sorte de musique qui ne s'adresse pas plus à la tête qu'aux jambes mais directement à l'âme de l'auditeur en développant un sens de l'espace hors du commun propice à la sérénité.
Concrètement, Sean Booth et Rob Brown sont partis des bases jetées sur Incunabula: on a toujours affaire à des nappes atmosphériques mises en valeur par des rythmiques plus ou moins alambiquées (à moins que ce ne soit l'inverse). Mais l'ensemble est ici beaucoup plus abouti.
On sent cette fois beaucoup plus toute la spécificité du son du duo sur la durée de l'album avec notamment un sens de la progression au sein de chaque morceau assez unique en son genre. Les différents effets (echo, flanger, cordes etc...) sont particulièrement bien amenés et concourrent à faire d'Amber un sommet de maîtrise et d'invention. Un morceau comme "Piezo" illustre parfaitement le voyage inoubliable que constitue l'écoute de ce monumental album ainsi que toute son ambivalence dans la façon dont il distille à la fois le froid et le chaud, l'austérité et l'euphorie, la simplicité et la compléxité, les dunes lunaires de la pochette et ce qu'elles cachent.... souvent imité, jamais égalé.
Incontournable.
Cependant, se contenter de qualificatifs de cette nature serait extrêmement réducteur tant la musique électronique n'a peut-être jamais sonné aussi humaine que sur cet album. Une sorte de musique qui ne s'adresse pas plus à la tête qu'aux jambes mais directement à l'âme de l'auditeur en développant un sens de l'espace hors du commun propice à la sérénité.
Concrètement, Sean Booth et Rob Brown sont partis des bases jetées sur Incunabula: on a toujours affaire à des nappes atmosphériques mises en valeur par des rythmiques plus ou moins alambiquées (à moins que ce ne soit l'inverse). Mais l'ensemble est ici beaucoup plus abouti.
On sent cette fois beaucoup plus toute la spécificité du son du duo sur la durée de l'album avec notamment un sens de la progression au sein de chaque morceau assez unique en son genre. Les différents effets (echo, flanger, cordes etc...) sont particulièrement bien amenés et concourrent à faire d'Amber un sommet de maîtrise et d'invention. Un morceau comme "Piezo" illustre parfaitement le voyage inoubliable que constitue l'écoute de ce monumental album ainsi que toute son ambivalence dans la façon dont il distille à la fois le froid et le chaud, l'austérité et l'euphorie, la simplicité et la compléxité, les dunes lunaires de la pochette et ce qu'elles cachent.... souvent imité, jamais égalé.
Incontournable.
| Intemporel ! ! ! 20/20 | par Piezo |
Posté le 11 juin 2004 à 22 h 22 |
De l'avis général, je crois que ce que l'on dit après avoir terminé d'écouter ce CD c'est : <<Wahou, j'ai encore les oreilles qui grésillent ( là j'ai des variantes : qui bougent, qui sautillent, qui tremblent )>>. Et encore, les gens qui me disent ça sont ceux qui ont accepté de l'écouter d'un bout à l'autre.
Pourtant je comprends pas. Moi je trouve ça vraiment exceptionnel comme musique ! Et c'est sûr que ça risque pas de passer à la radio, c'est un peu trop ... 'trituré', je dirais. Bien que, en se plaçant entre deux fréquences utilisées, on a parfois le même genre de musique.
Mais c'est ça en fait qui est génial là dedans ! C'est l'incompréhensibilité première qui s'établit entre l'auditeur et le disque, et qui finit par s'estompter pour faire place à la complexe limpidité de ce chef-d'oeuvre.
Mais comme un chef-d'oeuvre se doit tout de même d'être compréhensible par tout un chacun, je ne lui mettrais que 16.
Pourtant je comprends pas. Moi je trouve ça vraiment exceptionnel comme musique ! Et c'est sûr que ça risque pas de passer à la radio, c'est un peu trop ... 'trituré', je dirais. Bien que, en se plaçant entre deux fréquences utilisées, on a parfois le même genre de musique.
Mais c'est ça en fait qui est génial là dedans ! C'est l'incompréhensibilité première qui s'établit entre l'auditeur et le disque, et qui finit par s'estompter pour faire place à la complexe limpidité de ce chef-d'oeuvre.
Mais comme un chef-d'oeuvre se doit tout de même d'être compréhensible par tout un chacun, je ne lui mettrais que 16.
Très bon 16/20
Posté le 23 mai 2008 à 20 h 48 |
Les artistes qui suivent une logique de recherche lient leurs albums entre eux. En somme il y a déjà toute l'évolution qui va suivre en germe dans l'objet présent. C'est surtout audible en jazz, et je pense ici plus particulièrement à Coltrane et la fabuleuse logique de son travail. Aucune révolution, aucune rupture, tout découle de la matière elle-même. Un vrai travail d'orfèvre...
En ce qui concerne Autechre et ce deuxième album, c'est la maitrise absolue de la matière qui éclate à la gueule de l'auditeur. Je n'ai jamais entendu une musique aussi parfaitement dosée. Chaque effet, chaque évènement, chaque évolution suit une logique claire, concise. D'où cette impression de dévaler fraichement de grands espaces lunaires. La pochette nous montre un paysage solaire et non plus terrien.
Nombreux sont ceux, j'imagine, qui se sont retrouvés déroutés par l'évolution clinique du groupe. Autechre s'est mis à défragmenter la matière sonore jusqu'à transformer sa musique en une nuée de poussières faite d'innombrables mouvements complexes. Autechre a optimisé au possible les recherches de Xenakis qui s'inspiraient des phénomènes naturels complexes tels que la pluie ou les mouvements de colonies d'abeilles pour composer des pièces pour cordes. Autechre est la musique la plus complexe que je n'ai jamais entendu.
Avec Amber c'est une grande clarté de moyen et d'effet qui sont en jeu. Chaque élément est travaillé de manière à ce qu'il paraisse évident, c'est-à-dire organique, ayant lui-même une place fonctionnelle simple et vitale dans la structure du morceau. Mais comme Coltrane a exaspéré ses anciens fans en destructurant son jeu, le délivrant du swing peu a peu, Autechre lors du dernier morceau fait imploser subitement son étendue atmosphérique en un état de crise, la matière est retournée, et ce mouvement est l'ouverture biaisée sur le travail chirurgical du reste de leur carrière. Cet appel d'air est absolument grandiose et prouve que l'oeuvre d'Autechre est à considérer dans son entier.
En ce qui concerne Autechre et ce deuxième album, c'est la maitrise absolue de la matière qui éclate à la gueule de l'auditeur. Je n'ai jamais entendu une musique aussi parfaitement dosée. Chaque effet, chaque évènement, chaque évolution suit une logique claire, concise. D'où cette impression de dévaler fraichement de grands espaces lunaires. La pochette nous montre un paysage solaire et non plus terrien.
Nombreux sont ceux, j'imagine, qui se sont retrouvés déroutés par l'évolution clinique du groupe. Autechre s'est mis à défragmenter la matière sonore jusqu'à transformer sa musique en une nuée de poussières faite d'innombrables mouvements complexes. Autechre a optimisé au possible les recherches de Xenakis qui s'inspiraient des phénomènes naturels complexes tels que la pluie ou les mouvements de colonies d'abeilles pour composer des pièces pour cordes. Autechre est la musique la plus complexe que je n'ai jamais entendu.
Avec Amber c'est une grande clarté de moyen et d'effet qui sont en jeu. Chaque élément est travaillé de manière à ce qu'il paraisse évident, c'est-à-dire organique, ayant lui-même une place fonctionnelle simple et vitale dans la structure du morceau. Mais comme Coltrane a exaspéré ses anciens fans en destructurant son jeu, le délivrant du swing peu a peu, Autechre lors du dernier morceau fait imploser subitement son étendue atmosphérique en un état de crise, la matière est retournée, et ce mouvement est l'ouverture biaisée sur le travail chirurgical du reste de leur carrière. Cet appel d'air est absolument grandiose et prouve que l'oeuvre d'Autechre est à considérer dans son entier.
Intemporel ! ! ! 20/20
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