The Dillinger Escape Plan

Nantes [L'Olympic] - vendredi 28 mars 2008

The Dillinger Escape Plan
Ah le grand rendez-vous est arrivé ! La voici la véritable occasion de me réconcilier avec Dillinger ! Sur scène le quintette m'avait "habitué" à un jeu de scène proprement hallucinant et une puissance ébouriffante, et voici donc l'occasion idéale de confronter mes craintes avec l'exercice scénique que ces Américains affectionnent tant. C'est que je veux prendre une claque, moi !

Ce soir, DEP va puiser dans chacun de ses albums pour nous balancer à la gueule le trop-plein d'énergie qui les habite. Le début du concert va s'avérer tonitruant : tout simplement incroyable ! Comme d'habitude !... "Panasonic Youth" est toujours aussi fantastique et avec le recul est toujours et définitivement le meilleur morceau de Miss Machine, et il est impressionnant de voir évoluer Ben Weinman (guitariste fondateur et seul membre restant du DEP des débuts de 1997 - et oui, les rats ont quitté le navire) et Liam Wilson (basse) sur scène: ces deux-là s'en donnent à cœur joie gesticulant et sautant dans tous les sens... Rares sont les groupes capables de s'évertuer à présenter une telle débauche d'énergie, d'autant plus avec ce niveau de technicité... En revanche, le hic, c'est... les "autres", les "nouveaux". Si le chanteur Greg Puciato n'a jamais réussi à égaler le charisme de Dimitri Minakakis, le réel problème concerne le nouveau gratteux, Jeff Tuttle insupportable guitariste on ne peut plus poseur, plus occupé à s'occuper de sa mèche que de sa guitare. Bref, l'anti-thèse du forcené Ben Weinman.
Setlist diversifiée, donc, qui piochera dans toute la discographie du groupe de Calculating Infinity à Ire Works, en passant par Miss Machine, et plus surprenant, par le maxi Irony Is A Dead Science également, puisque le groupe nous présentera une version impeccable de "When Good Dogs Do Bad Things" chanté à l'origine par Mike Patton.
Les morceaux les plus violents et "classiques" du répertoire de DEP sont un vrai régal : "43% Burnt", "Sugar Coated Sour" ou "Panasonic Youth" sont toujours aussi irréprochables. Quand Dillinger joue du Dillinger, ce groupe est intouchable !
Mais concernant les morceaux de Ire Works, c'est une autre histoire... Si (allez...) l'album n'est pas foncièrement si mauvais que ça, sur scène les nouveaux titres revêtissent clairement un apparat lissé comme si Dillinger se montrait désireux de quitter quelque peu les horizons hardcore de leur début et se laisser aller à rejoindre des sirènes plus mélodiques et sirupeuses. Business is business ? Dillinger a décidé de ratisser large, brassant ainsi hardcore teinté de scène de bravoure prodigieuse et refrains accrocheurs tout en retenue mielleuse. Pourquoi pas... mais ils risquent d'y perdre quelques plumes...

A la fois brutal et sirupeux, définitif et poisseux, Dillinger, capable du meilleur comme du pire ne me semble plus le groupe incroyable qu'il était il y a encore quelques années. Pas si mal, mais pas de quoi me réconcilier totalement avec eux... Dommage !


Passable   11/20
par X_Jpbowersock


Proposez votre chronique !





Recherche avancée
En ligne
119 invités et 0 membre
Au hasard Balthazar
Sondages
Selon vous, quel intérêt les side-projects offrent-ils au rock indé ?