Adam Green

Paris [Trabendo] - lundi 14 avril 2008

Adam Green, je l'ai découvert sur scène, lors d'une première partie des Strokes, à Lyon, durant l'été 2006. Depuis, c'est une jolie histoire d'amour, d'albums en albums, de concerts en concerts. Le dernier en date fut comme dans un rêve, un beau soir de septembre à la Maroquinerie. Et plus récemment, je suis tombé sous le charme de "Sixes & Sevens", sa dernière livraison de bonheur sur fond de mélodies délicieusement kitch et ensoleillée.
Il est tôt lorsque les portes du Trabendo s'ouvrent en ce premier lundi des vacances. 19h30 pour être précis. Découverte du lieu, appropriation de sa place, non loin de la scène. On se dévisage, on fait passer le temps, avec en fond sonore, les Stones, George Harrison, Hendrix... et Dylan. Comme si l'on voulait m'appater.
La première partie, c'est un certain Turner Cody qui s'y colle. Jamais entendu parler. Un peu d'appréhension, comme toujours. C'est que ce n'est pas une tâche facile, chauffer la salle. Mais bon, après tout, c'est lors d'une première partie que j'ai découvert Adam Green, alors on ne sait jamais... Le temps d'apercevoir une tête hirsute, le temps qu'il s'empare de sa guitare, je suis déjà conquis. Des textes dans la veine d'Adam, des mélodies qui sentent bon la country, un folk dépouillé qui n'est pas sans rappeler Herman Düne. Et pour cause, David, Neman et Andre cotoyent Turner sur la plupart des titres de son album "Quarter Century" (que je me suis empressé d'acheter une fois le concert terminé). Sur scène, il nous raconte qu'Adam l'a retenu à dîner dans un resto parisien et qu'il n'a donc pas réussi à venir à l'heure. On ne lui en veut pas et on secoue doucement la tête au son de ses comptines qui ne feraient pas de mal à une mouche. Le ton se durcit quand il est rejoint par son groupe (dont Nathan Brown, le claviériste d'Adam). Ca swingue, ça fait bouger les hanches, ça claque dans l'air. Et ça nous laisse agréablement surpris, content d'avoir fait une aussi belle découverte. Turney Cody, si vous ne le connaissez pas déjà, vous en entendrez très vite parler !
Il est désormais venu le moment pour le grand Adam de faire son entrée. Précédé de ses habituels musiciens et de, nouveauté, deux chanteuses gospels. Serré dans son T-Shirt bleu avec des franges blanches sous les manches, Adam semble très en forme, souriant, déconnant, ne tenant pas en place, sautant dans tous les coins, jouant avec son public, rien ne peut l'arrêter. Pas même le son pas terrible deversé par les enceintes juste au dessus de ma tête, ni les ondes téléphoniques qui ne cesseront de perturber les efforts du groupe. Mais ce sont les deux seuls bémols d'une grande soirée. Une soirée qui te colle un sourire à la glu, un grand show qui te fait bouger tes hanches, sans prévenir, dans une bulle de douce folie. Adam nous raconte qu'il a des glaires dans le nez, qu'il faut arrêter de prendre son organe génital en photo si on veut pas avoir d'ennui avec la sécurité. La setlist a bien l'intention de nous vendre le dernier album, dont les titres sont encore plus jouissives sur scène. De l'inaugural "Festival Song" à "Broadcast Beach" (le titre qu'il a écrit le plus rapidement, dit-il) en passant par la comptine "Drowning Head First", chanté une nouvelle fois en compagnie de sa ravissante petite amie, les nouveautés séduisent. Que Adam débute "Leaky Flask" à cappella, la voix un peu chevrotante, ou qu'il se la joue crooner sur "Getting Led", on est captivé. Par son aisance, par le plaisir qu'il semble prendre à faire le con, comme un gamin de cinq ans. Lorsque le groupe s'éloigne une première fois, Adam prend sa guitare, et nous refait un petit tour du répertoire acoustique. La récente "Tropical Island" fait des merveilles. Tout comme les anciennes chansons, dont tout le monde est déjà amoureux : "I Wanna Die", "Hard To Be A Girl", "Losing On A Tuesday", "Bluebirds", "Mozzarella Swastiskas" (qui provoque quelques fous rires) et ma préférée, "Can You See Me". Adam en rajoute, il se marre à l'écoute de ses propres paroles. Le groupe est de retour, les chœurs reprennent, enchaînant avec grâce "Dance With Me", "Morning After Midnight", "Bed of Prayer", "You Get So Lucky" ou bien le fabuleux "Friends Of Mine", qui marche à tout les coups. Ca swingue sur "Over the Sunrise", ça secoue méchamment sur "Baby's Gonna Die" et ça tape dans ses mains sur "Gemstones". Mais Adam aime pas ça, qu'on tape dans ses mains. C'est qu'il a son propre tempo. C'est qu'il a le rythme dans la peau. Et il nous le prouve avec "Novotel" ou bien "Be My Man", l'un des meilleurs titres de son dernier album. On aura également le plaisir d'entendre "Broken Joystick" et "Chubby Princess", plutôt rare sur scène. Alors que ma voisine ne cesse de réclamer "Jessica", Adam n'en fait qu'à sa tête et nous offre un "Homelife" inspiré. Le concert est long, plus d'une trentaine de morceaux s'enchaînent, à une vitesse folle, hors du temps. Deux rappels plus tard, Adam décide de clôturer son grand numéro sur l'aérien "We're Not Supposed To Be Lovers". Un couple devant moi s'embrasse. Tout le monde a le sourire aux lèvres. Adam s'eclipse mais ce n'est qu'un au revoir. Je serais toujours au rendez-vous des conneries du grand Adam Green.


Excellent !   18/20
par Dylanesque


  Playlist : (complète mais dans le désordre)
Festival Song
Hollywood Bowl
Broadcast Beach
I Wanna Die
Cannot Get Sicker
Hard to Be a Girl
Dance With Me
Gemstones
Tropical Island
Friends of Mine
Mozzarella Swatiskas
Chubby Princess
Homelife
Can You See Me
Broken Joystick
Novotel
Over the Sunrise
Drowning Head First
Carolina
Baby's Gonna Die
Leaky Flash
Bluebirds
You Get So Lucky
Losing on a Tuesday
Be My Man
Getting Led
Bed of Prayer
We're not Supposed to Be Lovers


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