Jean Louis Murat

Lilith

Lilith

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 Sortie :    mardi 26 août 2003 
 Format :  Double Album / CD   

Il existe dans chaque famille une vieille tante qui possède un pommier donnant des pommes chaque automne. Comme y'en a trop pour elle toute seule, elle vous en refourgue des sachets pleins. On en mange quelques unes, on s'en lasse puis, au final, elles pourrissent et on finit par les mettre aux ordures.
Murat c'est pareil.
Non, bien sûr, Murat n'est pas une vieille tante, mais il pêche aussi par générosité et gave son monde.
Comme on ne peut pas en vouloir au pommier de produire beaucoup de pommes chaque année, on ne peut pas reprocher à Murat de faire des chansons à la pelle. On ne peut pas non plus lui reprocher d'en offrir à ses proches, non ; on ne peut pas... mais... bon... DES SACHETS PLEINS ! On en fait quoi nous? On a beau multiplier les produits dérivés, tartes et compotes, il en reste encore.
On l'aura compris, ce double-album de Murat regorge de superflu, de morceaux bâclés, de mauvais rock façon Palmas ("L'Absence De Vraie Vie") ou de folk-songs lourdingues ("Le Contentement De La Lady") (!), et sa voix révèle toutes les affectations du vieux séducteur rabougri (on sera sensible à la prononciation des "d" sur "La Maladie D'Amour", qui, oui, rend réellement malade).
Les plus intrépides iront évaluer d'eux-même l'étendue des dégâts et voir comme est loin le paradis Mustango. Ils pourront visiter ce champ de ruines sur lequel, miracle ! ont réussi à pousser quelques fleurs qu'ils cueilleront avec délice ("Le Voleur De Rhubarbe", "Le Cri Du Papillon", "Le Mou Du Chat", "Emotion"...) les emportant avec eux comme le souvenir de ce que cet album aurait pu être.


Pas terrible   9/20
par Greg


 Moyenne 13.00/20 

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Posté le 28 avril 2007 à 18 h 59

2003... Murat sort ce double-album sous influences proustiennes à la fin de cet été meurtrier pour nos vieux. Beaucoup moururent mais pas Jean-Louis, le vieux con de la chanson française a pensé à s'hydrater et à vivre à l'ombre des volcans éteints. Halte ! Jean-Louis n'est pas vieux, ok il était né quand Elvis à débarqué sur toutes les télés du monde, mais comparé à ses camarades de la chanson française, de Renaud à Bénabar, Jean Louis Murat est une jeune fleur éternelle à l'esprit doux et raffiné. Ensuite, Jean-Louis n'est pas con, les cons c'est tous les autres. Jean-Louis est un rocker et "Les Jours Du Jaguar" est la plus grande chanson rock chantée en français de tous les temps. En ouvrant le premier disque avec un tel morceau, JLM fait preuve de malignité, après ça on s'attend à une révolution grunge dans l'oeuvre de notre ami. Pas du tout, il nous balance après ce monument une chanson ratée aux sonorités orientales, une blague forcément. Malgré tout le doute s'installe dans le cerveau rouillé de l'auditeur moyen (moi), à quoi il joue le bougre ? À rien, il écrit des chansons, il enregistre de la musique et vu qu'il ne fait que ça toute la journée il s'est dit 'pourquoi ne pas faire un double-album comme les anciens ?' Pas de problème, ouvrons grand les oreilles et voyons le reste. Murat pose en crooner à la sagesse un brin perverse sur "La Maladie D'Amour", râle sur le monde moderne avec drôlerie et finesse (pas comme d'autres) sur "Le Mou Du Chat". Avant de balancer son tube disco "Le Cri Du Papillon", Jean-Louis philosophe comme à l'habitude avec simplicité sur un rythme rapide ("Tant La Vie Demande À Mourir") livrant même au passage un solo d'harmonica à l'auvergnate. On retrouvera l'ironie de la philosophie muratienne sur "On Ne Peut Rien En Dire". Il se lance ensuite dans une ballade du cow-boy amoureux avec "Zibeline Tang". "Lilith" retrouve la sauvagerie maîtrisé du rocker Murat avec des choeurs rappelant "Mustango". À la fin du disque on est bercé par des ballades plus folk d'ou ressort "De La Coupe Aux Lèvres" avec un Murat qui se livre accompagné par des cordes que l'on retrouvera sur le second disque.
Sur ce second justement, se fait sentir l'influence d'À La Recherche Du Temps Perdu à travers le thème de la séduction, du rapport amoureux... Des femmes. Tout commence avec "Se Mettre Aux Anges" une symphonie de cordes et de clavier sur laquelle Murat chante avec la grâce de l'aigle s'envolant vers on ne sait où. "Qui Est Cette Fille ?" rappelle les premiers émois du héros de Proust avec une mélodie simple jouée à la guitare acoustique. JLM balance ensuite un de ses futures tubes-qui-font-plaisir-au-public-féminin-des-concerts, "Emotion", une ballade jazzy toute en finesse. "Le Contentement De La Lady" et "Le Voleur De Rhubarbe" poursuivent les rêveries proustiennes de Jean-Louis encore une fois accompagné d'une simple guitare. Malheureusement la suite va être marquée par quelques ratés comme "Le désarmement Intérieur" qui sonne comme du Axelle Red ! Le texte de "Elle Pleure" est d'une faiblesse rare chez Murat malgré une composition réussie et "Le Salaud" est une blague style variété française dont on se serait passé. L'honneur est sauf car JLM se reprend pour finir le disque avec plus de vigueur. Cela donne "La Nature Du Genre", "Gel Et Rosée" et "L'Absence De Vrai Vie", une pépite funky plutôt légère.
Murat, avec ce disque, a vu grand. Mais à raison, car il avait assez de chansons pour nous offrir un disque énergique et un disque introspectif. Certes quelques déchets flottent à la surface mais l'ensemble est rempli de morceaux devenus depuis des classiques incontestés. Peut-être le dernier grand disque de Murat.
Parfait   17/20







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