Jean Louis Murat
Taormina |
Label :
V2 |
||||
Depuis la sortie du pléthorique double album Lilith, en 2003 Jean-Louis Murat aligne les (bons !) enregistrements à une vitesse inhabituelle pour la profession, prônant la spontanéité comme valeur première de l'écriture musicale, se permettant même des caprices comme 1829, album composé uniquement de textes d'un poète du 19eme siècle (Pierre-Jean Béranger) et véritable suicide commercial. Taormina prétend désamorcer ce mouvement avec un album plus produit et pensé.
On se prend alors à espérer des arrangements à la Mustango, sans doute son album le plus riche, préparé aux Etats-unis en compagnie de grands noms comme Marc Ribot (guitariste de Bashung, Tom Waits, et grand créateur d'univers sonores). Seulement voilà, n'est pas Marc Ribot qui veut, et l'Auvergnat a décidé d'enregistrer "at home". Ses accompagnateurs restent les fidèles Fred Jimenez et Stephane Reynaud, qui s'avèrent bien moins efficaces qu'à l'habitude, et leur pertinence toute émoussée. Il laisse le soin des choeurs à sa femme. C'est l'occasion de prendre conscience que Camille (encore peu connue du grand public), présente sur la plupart des albums depuis Lilith ("Parfum d'Acacia Au Jardin", "Moscou"), n'était pas une choriste banale. Les couches d'effets ne parviennent à masquer le manque de métier de Mme Murat, et ses interventions en deviennent gênantes. Et l'ensemble semble presque figé, certains refrains frôlent la facilité et le cliché.
Le chanteur aurait-il du rester ferme sur ses derniers partis pris (finalement assez rock'n'roll !) esthétiques? Peut-être. Pourtant, passé la première déception, force est de constater le métier du bonhomme pour trousser des mélodies élégantes et surtout des textes toujours aussi personnels; Murat nous promène dans son bestiaire bucolique, et ses ambiances désabusées, flirtant avec la galanterie littéraire. Qui d'autre que lui arrive à chanter avec tant de volupté: 'Au soir illuminé / Entre les cornes des boeufs / Jeune fille s'en va / Dans sa pluie de flocons bleus / Vers le dernier ravin / Où s'aventurent les loups' ?
Au final, quelques beaux moments, poétiques, nous attendent, sur des accompagnements inégaux mais plutôt soignés.
On se prend alors à espérer des arrangements à la Mustango, sans doute son album le plus riche, préparé aux Etats-unis en compagnie de grands noms comme Marc Ribot (guitariste de Bashung, Tom Waits, et grand créateur d'univers sonores). Seulement voilà, n'est pas Marc Ribot qui veut, et l'Auvergnat a décidé d'enregistrer "at home". Ses accompagnateurs restent les fidèles Fred Jimenez et Stephane Reynaud, qui s'avèrent bien moins efficaces qu'à l'habitude, et leur pertinence toute émoussée. Il laisse le soin des choeurs à sa femme. C'est l'occasion de prendre conscience que Camille (encore peu connue du grand public), présente sur la plupart des albums depuis Lilith ("Parfum d'Acacia Au Jardin", "Moscou"), n'était pas une choriste banale. Les couches d'effets ne parviennent à masquer le manque de métier de Mme Murat, et ses interventions en deviennent gênantes. Et l'ensemble semble presque figé, certains refrains frôlent la facilité et le cliché.
Le chanteur aurait-il du rester ferme sur ses derniers partis pris (finalement assez rock'n'roll !) esthétiques? Peut-être. Pourtant, passé la première déception, force est de constater le métier du bonhomme pour trousser des mélodies élégantes et surtout des textes toujours aussi personnels; Murat nous promène dans son bestiaire bucolique, et ses ambiances désabusées, flirtant avec la galanterie littéraire. Qui d'autre que lui arrive à chanter avec tant de volupté: 'Au soir illuminé / Entre les cornes des boeufs / Jeune fille s'en va / Dans sa pluie de flocons bleus / Vers le dernier ravin / Où s'aventurent les loups' ?
Au final, quelques beaux moments, poétiques, nous attendent, sur des accompagnements inégaux mais plutôt soignés.
| Pas mal 13/20 | par Thelonius |
En ligne
Au hasard Balthazar
Sondages

