The Church

Hologram Of Baal

Hologram Of Baal

 Label :     Cooking Vinyl 
 Sortie :    1998 
 Format :  Album / CD   

Hologram Of Baal, est le second album de la reformation de The Church avec le guitariste originel Peter Koppes, qui était parti après le chef-d'œuvre Priest=Aura en 1992, laissant ses compères le chanteur bassiste Steve Kilbey et le guitariste Marty Wilson-Piper seuls maîtres à bord. C'est aussi le premier album des Australiens sur le label indépendant britannique Cooking Vilnyl. L'hyperactif Willson-Piper venait d'achever ses collaborations avec Brix Smith de The Fall et avec les ex-All About Eve et était à nouveau disponible. L'album devait s'intituler initialement Hologram of Allah, mais le titre a dû être changé pour des raisons évidentes. Quoiqu'il en soit, le groupe continue dans la lignée des noms d'albums complexes et énigmatiques au parfum mystérieux et surnaturel, initié avec Priest=Aura et poursuivi avec Magician Among The Spirits And Some (avec peut-être une interruption pour Sometime Anywhere, d'où Koppes était absent). Baal était un dieu phénicien, d'où dérive Belzébuth.
"Anaesthesia", qui ouvre l'album, loin de nous endormir de manière léthargique, nous plonge dans une douce et délectable mélancolie teintée de nostalgie. La voix de Kilbey nous confirme qu'il s'agit du plus grand chanteur australien avec Nick Cave. La paire Wilson-Piper/Koppes nous gratifie de parties de guitares sobres mais belles. Cette économie de moyens fonctionne bien. Le son est minimaliste, rêche, légèrement filandreux, à mille lieues des productions lisses, gonflées, aseptisées et formatées de beaucoup de groupes de rock "indépendant" actuels. Le refrain tombe toutefois un peu à plat, empêchant de faire de ce morceau une œuvre majeure. "Ricochet" continue dans cette veine mid-tempo et légèrement envoûtante, sans atteindre le même niveau, mais avec un refrain plus convaincant.
En revanche, le ton change avec "Louisiana". L'album prend dès lors une tournure plus légère, plus détendue, mais plus convenue, plus ennuyeuse. La tension et l'attention de l'auditeur retombent quelque peu. Le temps passant, on a même l'impression que l'album tourne en roue libre, dans le vide. Le groupe n'assurant que le minimum syndical alors même qu'on le sait capable du meilleur. Seules les paroles restent intéressantes.
Toutefois, à la fin de l'album, l'avant dernier morceau, "Another Earth" rehausse le niveau, accélère le pouls. La mélodie et le refrain, lumineux, sont très réussis, les guitares et les ruptures de rythmes nous entraînant dans un tourbillon fou. L'album s'achève sur "Glow-Worm", au tempo lent, mais avec de bienvenues montées en puissance, soulignées de surcroît par un violon et un orgue.
Avec Hologram Of Baal, The Church peine à retrouver la magie, la beauté majestueuse et légèrement mortuaire de Priest=Aura. Seuls les deux premiers titres peuvent rivaliser avec ceux de cet album. Et l'avant-dernier renoue avec la face mélodique et psychédélique du groupe. Quoiqu'il en soit, on ne peut que pardonner ce relatif manque d'inspiration à nos rockers esthètes des antipodes, et saluer leur longévité remarquable, à quoi s'ajoutent des carrières solos et de nombreuses collaborations pour chacun de ses trois principaux membres.


Sympa   14/20
par Gaylord


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