Can

Soon Over Babaluma

Soon Over Babaluma

 Label :     Spoon 
 Sortie :    1974 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Globalement c'est le disque de Can que je préfère, le plus intimiste, toujours des ambiances musicales sortant de l'ordinaire et quatre musiciens, tout penauds, cherchant des vocalises.
Du psychédélisme pour "Dizzy, Dizzy", et un tango froid pour "Come Sta La Luna", l'apparition du violon, du jazz prog teinté d'électro space tout foufou. Carton !
On dit que Can s'enregistraient en prise directe, en impro et qu'ils pouvaient tenir des dizaines de minutes en apportant chacun leur tour une luminosité ou un peu de pureté à un ensemble au bord du chaos. Ici on peut apprécier les solos du guitariste sans retenu sur "Splash". L'ensemble était quand même orchestré par le claviériste, sachant aiguiller la machine psycho-hypnotique vers d'autres mouvements, ce n'est pas pour rien qu'il a suivi des cours chez Stockhausen, là d'ailleurs où il avait rencontré le bassiste, je crois. Rythmiquement on sent la période Discipline de King Crimson avant l'heure, peut-être parce que le début de "Chain Reaction" me rappelle "Thela Hun Ginjeet". Hihi...
De la bonne musique tribale d'ambiance quoi. Des rythmes endiablés ou, un presque silence avec un peu d'harmonium, ce disque est très riche par sa construction, pas du tout linéaire.
On voyage, c'est clair, du centre de la terre à la plénitude des hauts plateaux glacés. Ce disque est un tournant pour beaucoup de courants musicaux.


Parfait   17/20
par IsidoreDeVinck


 Moyenne 17.67/20 

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Posté le 17 février 2007 à 14 h 36

Globalement c'est vrai que c'est l'album de Can le plus intimiste, mais il est aussi très difficile d'accès. Il ne tient que sur des petites rythmiques, sur des petites choses des petits détails, ce qui est surtout illustré avec le premier morceau. On a l'impression paradoxale d'une chose orchestrale minimaliste. Il sait se faire assez intense comme avec le second morceau qui est d'ailleurs assez sauvage, tribal. Mais ça reste alterné entre douceur et intensité. On navigue dans le vague, on se sent comme perdu dans toutes ces harmonies et ne suit que en tant que repère, la voix. Le troisième morceau est assez speed, mais version retenue, par un vent assez excité comme le clavier et la percussion. Il illustrerait parfaitement une certaine folie du groupe. Ce qui les mène à tant de virtuosité. En tout cela on sent comme une touche de jazz vraiment très présente dans le concept (freejazz alors). C'est aussi un voyage dans des contrées métissées dont on croit reconnaître des éléments mais qui nous sont totalement inconnues et où l'on se perd maintes fois avant de, au bout de x écoutes, enfin avoir ses repères et prendre du plaisir à apprécier l'inconnu. C'est un sacré délire. La quatrième piste est plus tordue. Plus tribale encore, moins de repères encore. Un peu comme nombre de fins d'albums de krautrock, un peu comme Tago Mago. Progressivement on retrouve les voix, avec une mélodie pas très évidente, toujours portée par ces rythmiques. Ceci et des sacrées échappées dans des lieux étranges, presque indus. Et le dernier morceau, c'est la même chose, en plus léger encore, porté doucement par quelques percussions, poussées doucereusement. Comme pour s'en aller définitivement dans un rêve idyllique. Can et Soon Over Babaluma, un marchant de sable de rêve ?
En tous cas ça reste très beau mais très complexe d'accès. Aux plus courageux.

Esthétisme et perfection (dans ce sens esthétique, car la perfection n'est que la mort et n'a d'intérêt).
Parfait   17/20



Posté le 05 mai 2010 à 19 h 03

La richesse extraordinaire de l'album est un des premiers constats que l'on se fait de Soon Over Babaluma qui n'est pas l'œuvre la plus accessible de Can. L'album nous engage dans un voyage aux airs tribaux avec "Dizzy Dizzy" introduisant l'album et précédent un Come Sta La Luna se rapprochant de l'album Tago Mago, où l'on retrouve des expérimentations sombres vraiment remarquables et inquiétantes. Ensuite, "Splash" maintient un rythme plus rapide et expose des influences plus jazz. Nous en sommes maintenant au majestueux "Chains Reaction" constitué de grandioses mélodies reposant sur un support très fourni en rythmiques. L'album comprenant cinq pistes est clos par "Quantum Physics" manifestement plus calme. Aucune note inutile dans cet album extrêmement travaillé de la part de Can à un tel point que l'on pourrait consentir au fait que l'on puisse entrevoir une certaine folie chez ce groupe aux œuvres magistrales qui tendent vers la perfection.
Un album très accompli donc, s'avérant très riche, sombre et à la fois envoutant... Une pure merveille comme Can a toujours su en faire, un album magique dont la perfection et la finition surprennent, au fur et à mesure des écoutes, mais restant difficile d'accès. Selon moi un des meilleurs albums de Can avec Tago Mago, et une des œuvres majeures du Krautrock, à l'apogée du genre, que l'on écoute en boucle inlassablement...
Exceptionnel ! !   19/20







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