Arab Strap

Philophobia

Philophobia

 Label :     Chemikal Underground 
 Sortie :    1998 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

La phrase désormais mythique, "C'était la plus grosse bite que tu avais jamais vue....", ouvre ce deuxième et monumental album des écossais, et donne le ton d'une oeuvre tour à tour glaciale, mélancolique, étouffante et bouleversante. Les morceaux y reposent souvent sur quelques accords et des rythmiques simples, souvent jouées à la boite à rythmes, et servent de carcans à des textes incroyables sur les relations humaines, d'une étonnante justesse, à la fois crus et émouvants. Ce disque dégage une force rappelant Joy Division ou Felt, et envoit des groupes soi-disant sombres, comme Massive Attack, aux oubliettes. Ici, quelques notes de guitares ou de claviers posées sur une rythmique dépouillée peuvent se révéler beaucoup plus passionnantes que des morceaux complexes chez d'autres. Et surtout, la voix d'Aidan Moffat est incroyablement prenante. Notre homme semble totalement habité par ses textes. Le groupe se permet en plus quelques apports du meilleur goût, comme la trompette free de "The Night Before The Funerals", l'orgue de "One Day After School", et bien évidemment la première apparition discographique de la sublime voix d'Adele Bethel sur le presque insoutenable "Afterwards". Certains titres atteignent des sommets dans le glauque et le dépressif, comme "New Birds", "Piglet" ou encore l'incroyable "I Would'Ve Liked Me A Lot Last Night", où un violoncelle se mélange à une ligne de piano à faire pleurer les moins sensibles. Ce disque, d'une noirceur improbable, peut provoquer autant le rejet que la passion. Vous l'aurez compris, pour moi c'est la deuxième solution.


Exceptionnel ! !   19/20
par X_Elmo


 Moyenne 18.25/20 

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Posté le 01 décembre 2004 à 19 h 06

Voilà ce que j'appellerais un disque vraiment bouleversant, qui vous coupe le souffle ! A la fois doux et étouffant, c'est un disque après l'écoute duquel on ne sort pas indemne, et ressent le besoin de réfléchir.
Pour ce second album d'Arab Strap, il faut impérativement s'offrir plusieurs écoutes, bien sûr pour étudier les compositions en détail (souvent assez chargées chez Arab Strap ; avec ici un Malcom Middleton qui se fait vraiment remarquer), mais aussi pour s'attacher à l'écoute des paroles, car ça va vraiment très vite par moments (je pense à "New Birds" notamment, où il faut vraiment bien tendre l'oreille pour choper le flot de paroles de A. Moffat).
Côté paroles justement, l'album porte bien son nom ; Aidan Moffat nous confie ici une série de petites histoires sur un passé de 'lover' disons plutôt mouvementé, et très vite, on se laisse prendre au jeu.
Ecoute après écoute, on réalise à quel point le génie du groupe est déjà poussé à fond dans ce second album : "New Birds", "Here We Go", "Piglet", "One Day After School", sont autant de titres qui ne pourront pas vous laisser indifférents. Voilà pour moi un disque à se procurer d'urgence !

La mention "intemporel" m'effrayant un peu, tout comme certains profs, je me contenterai d'un 19, mais plus par manque d'assurance qu'autre chose, car je ne vois pas de faille dans cet album, sincèrement ...
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 08 septembre 2008 à 12 h 00

Voici le deuxième opus pour ces deux écossais à l'audace décidément bien aiguisée. Déguisés en jolies mélodies, les titres qui composent ce disque n'en sont pas moins bouleversants. Les paroles sont amères, moroses et jamais contrastées par quelque chose de plus sucré et de plus jovial. En plus de ces plaisirs que nous offre Arab Strap et qui sont autant de visions pessimistes de la vie, les compositions instrumentales sont étonnantes, expérimentales et provocantes, à leur façon. Les paroles et la musique ne se symbiosent pas vraiment mais se superposent agréablement comme des lignes de sismographe régulièrement troublées et laissant une suite imprévisible. La lenteur de défilement de la musique, la constance des paroles, la contenance et la monotonie de la voix rappellent un décor de fin de film tragique sur une atmosphère brumeuse qui rend cet opus si particulier.

Il faudra un son de qualité, plusieurs écoutes et un endroit paisible pour savourer ce chicon amère mais bien mure qu'est Philophobia, ce nom en dit déjà beaucoup et laisse place à une nouvelle notion ou un nouvel état d'esprit. Les idées ont été correctement exploitées et sont totalement épanouies, l'idée sous forme d'œuf que possédait Aidan Moffat et Malcom Middelton au creux des mains s'est bien transformée en poussin qui lui même à évolué en poule... Une poule aux œufs d'or...
Excellent !   18/20



Posté le 23 septembre 2008 à 16 h 17

"C'était la plus grosse bite que tu aies jamais vu, mais tu n'avais aucune idée d'où elle avait pu aller. Tu m'as dit que tu as pris tes précautions, ce que tu ne faisais jamais avec moi. J'ai entendu dire que vous l'avez fait quatre fois, mais tu achètes tes capotes par paquets de trois"... Tel est l'accueil réservé sur Philophobia, par son "Pack Of Three", et l'on sait immédiatement qu'ici, il n'y aura aucun place pour un quelconque complaisance.
Mais loin de se résumer à une sorte de vulgarité gratuite, ou plus précisément à la bassesse du genre humain, Philophobia s'apparente réellement à un bien brutal coup de poing dans la gueule. Intitule de se cacher derrière son pseudo coté dandy, propre sur soi, son air choqué, scandalisé ou bien encore hautain, car Arab Strap nous renvoie un contenu tout simplement humain. L'impression d'être littéralement dénudé à l'écoute de Philophobia, frappant par la justesse des mots, par cette faculté à décrypter crûment la morosité du quotidien et son lot infini de frustrations, ces relations amoureuses tourmentées et autres histoires de cul tout bonnement foireuses, ces réveils à la bouche pâteuse, le crane dans une étau...

Pour être en symbiose avec cette verve franche et directe, les compositions d'Arab Strap se font elles aussi plus qu‘intimistes. Ambiances poisseuses, mélodies rachitiques, airs encore au statut de fœtus, rythmiques arides, le tout résonnant comme la plus absolue des sincérités. Tant de frissons, d'émotions ressentis face à des titres aussi sveltes et bancals que "(Afternoon) Soaps", "Here We Go", "One Day After School", "Piglets" cela depasse l'entendement. Et lorsque Arab Strap se permet d'y ajouter l'urgence des riffs et la force des batteries, comme sur un "New Bird", les explosions émotionnelles ne peuvent être que plus fortes.

Philophobia ou le tentant fond sonore pour ces pluvieuses matinées, l'âme hantée par le spectre de cette dulcinée paumée en cours de route...
Parfait   17/20







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