Garbage

Bleed Like Me

Bleed Like Me

 Label :     Warner 
 Sortie :    mardi 12 avril 2005 
 Format :  Album / CD   

Avec un titre pareil, Garbage affiche clairement ses intentions : retour au plus simple, à la hargne et à la furie.

Enfanté dans la douleur (crises internes, maladie, paranoïa, menace de split...), ce quatrième opus ramène les guitares sur le devant de la scène, meilleur moyen pour exprimer ses frustrations contenues. Et c'est un moindre mal, tant Garbage est, quoi qu'on a pu dire, avant tout un groupe de rock. Et un des meilleurs ! Ici, pas de détours, pas de fanfaronnades, chacune des chansons est efficace et enlevée, pour une démonstration éclatante de brio. Avec le riff absolument monstrueux et prenant de "Bad Boyfriend", cassé par le rythme infernal de Dave Grohl (invité pour quelques sessions), c'est une bombe balancée d'entrée et sans concessions. Dès les premières secondes, on est dedans, et on sent que l'album va être une totale réussite.
Shirley Manson chantonne un refrain particulièrement tendancieux, ce qui la rend divinement aguicheuse. D'ailleurs tout du long, elle sublime les titres d'une voix plus douce que d'habitude, mais toujours autant emprunte de morgue. Sur l'ensemble de l'album, on a droit à un déluge d'électricité, lancé à toute allure, frontalement, avec un son (encore une fois) minutieusement travaillé, sans que les mélodies accrocheuses ne soient oubliées. C'est franchement enthousiasmant. Ça transpire la rage. Cela détonne par rapport aux précédents opus. En effet après le semi-raté Version 2.0, Beautifulgarbage (pourtant très bon) avait semé le doute parmis les fans, égarés devant tant de déviance. Ce retour aux sources, plus de dix ans après leur formation, est donc le bienvenu !
Evidemment, le groupe n'a pas quitté ses penchants pour l'électronique : seulement il sert juste de fond sonore, d'introduction, et n'envahit en aucun cas l'espace. Ainsi les titres "Run Baby Run", "Sex Is Not The Enemy", ou le dynamique "The Crying", démontrent une autre facette du groupe, plus orienté garage. Et cela lui sied très bien. C'est que Shirley (qui participe quasiment à tous les textes) a des choses à dire, qui ne sont pas forcément très marrantes. Deux couleurs pour la pochette : rouge (la violence) et gris (la mélancolie). Elle n'hésite pas à calmer le ton sur certaines chansons pour mettre en avant toute sa sensibilité. Les somptueux "Bleed Like Me" et "It's All Over But The Crying" sont ainsi de magnifiques et étonnantes ballades, balançant entre couplets suaves et passages tendus. Le final, tout en crescendo noisy, " Happy Home", est carrément une merveille, serrant le coeur et émouvant au possible.

Garbage revient donc, au propre comme au figuré, au premier plan. La formation de Butch Vig prouve ici -si besoin était-, qu'on n'enterre pas facilement un groupe de cette trempe. Avec une classe royale, Garbage parvient même à écraser toute conccurence, fournissant une démonstration de talent à tous les 'néo-groupes' actuels. De toutes façons, au vu de l'actualité en 2005, c'est pas difficille ... Souvenez-vous du nombre ahurrissant de disques mythiques sortis en 1995 ! Même si leur chef-d'oeuvre paru cette année-là ne sera sans doute jamais égalé, Garbage nous livre tout de même un excellent album, riche et enragé. Et c'est tant mieux.


Parfait   17/20
par Vic


 Moyenne 13.60/20 

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Posté le 03 mai 2005 à 01 h 18

Trois ans après le discutable et bancal Beautiful Garbage, le combo emmené par la Miss Manson revient aux sources, avec un son résolument plus rock, certes plus policé, mais au final tout à fait cohérent et réjouissant.

Bleed Like Me, quatrième opus d'un groupe qui souffle (déjà) ses 10 bougies, sonne comme un mélange réussi du premier opus éponyme et de Version 2.0, le tout en forme de bilan et de mise au point. Egaré dans des méandres vaguement technoïdes et une surenchère de mix proche de l'étouffement (je pense bien entendu au mitigé Beautiful Garbage), Garbage a secoué la machine pour en ressortir l'essentiel. On retrouve donc ici des titres à la construction un tantinet plus simple qu'auparavant, mais pour obtenir finalement des compos plus directes et qui gagnent en efficacité.
"Bad Boyfriend", appuyé par un jeu de batterie féroce et reconnaissable signé Mister Dave Grohl, ouvre les hostilités et met rapidement tout le monde d'accord. Shirley Manson n'a rien perdu de son songwriting hérité des riot grrrls, de son mordant de tigresse sexy. S'ensuivent les très attachants "Run Baby Run" plus pop, et "Right Between The Eyes".
Le single "Why Do You Love Me", dont on regrettera peut-être le côté un peu niais des paroles du refrain, joue la carte de la formule accrocheuse. On s'attardera davantage sur la touchante ballade "Bleed Like Me", où Shirley joue de son charme et d'une sensibilité au fil du rasoir irrésistible, parfaitement à la hauteur du divinissime "Cup Of Coffee" (présent sur le 3ème album).
Parce que Garbage affectionne les bidouillages en studio de tout genre et comme pour mieux nous le rappeler, surgit alors ce "Metal Heart" résolument dans l'esprit de Version 2.0 (on ne se refait pas !). En revanche, on oubliera rapidement "Sex Is Not The Enemy" un peu comme on oublie une mauvaise blague... Sur la fin de l'album, on retiendra surtout "It's All Over But The Crying", seconde ballade réussie qui en fait juste ce qu'il faut, et l'impeccable "Boys Wanna Fight".

Alors oui bien sûr, on était en droit d'en espérer un soupçon davantage de la part d'un groupe qui a désormais bien roulé sa bosse et qui nous a déjà prouvé de par le passé, sa capacité à défricher des sentiers qui lui sont propres. On peut en effet penser que Garbage peine ici à se renouveller ; l'on peut aussi se dire que la petite bombe qu'avait été Garbage en 1995, est déjà bien loin, et le niveau difficile à atteindre de nouveau. Mais l'on peut aussi se dire que Bleed Like Me sonne comme un album de transition et une mise au point réussie. Et pour ma part, je dirai qu'un album 'moyen' de Garbage vaudra toujours mieux que 10 mauvais albums de tous ces groupes du moment qui poussent de toute part comme les mauvaises herbes.
Bon   15/20



Posté le 14 mai 2005 à 10 h 13

Garbage...
Je garde un bon souvenir de leurs deux premiers albums. Un groupe au son certes commercial, mais bien rodé et efficace. Et surtout une chanteuse au style très sexy. Bref, un des bons groupes de rock des années 90.

Quelques années plus tard, de passage chez un disquaire, je trouve ce nouvel album, dont j'avais déjà lu une critique assez positive. Pourquoi pas ? J'achète Bleed Like Me sur un coup de tête. Une fois dans la chaîne, le premier morceau sent la redite de ce que le groupe a déjà fait, mais ça passe à peu près. Mais ensuite, c'est la cata' en série ! Le groupe est devenu carrément caricatural, voire ridicule. Certains morceaux sont des merdes sans noms. Les paroles sont minables ('The boys wanna fight. But the girls wanna dance all night.') Cet album est de mauvais gout et super plan-plan, à la limite du kitsch. Il faut être de bien mauvaise foi ou avoir trop aimé Garbage jadis, pour ne pas constater lucidement que cet album est une daube.

J'ai paumé 20 euros dans l'affaire. Je préviens donc ceux qui seraient tenté d'en faire autant, avant qu'il ne soit trop tard.
A éviter   6/20



Posté le 15 mai 2005 à 23 h 06

Lorsque Garbage parut en 1995, ce qui ne devait être alors qu'un projet sans suite rejoignit rapidement le bac des indépendants chez les disquaires, bien qu'ayant été distribué par BMG. Le vent nouveau que ce rock mâtiné d'électronique promettait de faire souffler sur un mouvement grunge alors en pleine déliquescence? n'y était sans doute pas étranger.
Pourtant l'effort suivant, nettement plus chargé en boîtes à rythme, dissipa le quiproquo au grand dam de nombreux admirateurs : au final, Garbage aura toujours visé le mainstream sans aucune intention de révolutionner quoi que ce soit. Avec le recul, cette volonté d'aller à la rencontre du public plutôt que de se lancer dans une 'quête de sens' qui les aurait dépassés tôt ou tard, était relativement saine, et relève sans doute du même état d'esprit qui confère aux membres du groupe une simplicité et une décontraction jamais prises en défaut, dans leurs rapports avec les fans et les médias.

On ne s'étonnera pas alors, que leur retour en fanfare après la période de disette artistique et commerciale qui a accompagné Beautiful Garbage ait des allures de plan marketing : révision du look de Shirley Manson - qui a Dieu merci ! troqué sa coiffure de Jeanne Mas javellisée, contre la tignasse rousse de ses débuts-, mise a contribution du bassiste et du producteur de Beck, collaboration annoncée avec Marilyn Manson... De toute évidence, on a glissé les petits plats dans les grands, et même Dave Grohl, en voisin serviable, est venu mettre la main aux fûts sur le "Bad Boyfriend" qui ouvre les hostilités. Dès le début le ton est ainsi donné : production lourde toutes guitares dehors, électronique mise en sourdine et une ambiance générale qui lorgne du côté du premier album. "Run Baby Run", impeccable tube pop, vient confirmer la tendance : le groupe sait ce qu'il sait faire de mieux, et le met en pratique.

Pour autant, les consciences politiques ne sont pas rangées au placard et trouvent des angles inédits pour s'exposer ; ainsi des chansons en apparence superficielles, jouent les chevaux de Troie face à la droite conservatrice américaine : "Sex Is Not the Enemy" ou encore "Boys Wanna Fight", qui fustigent l'apathie béate des jeunes face à l'administration Bush ; dans "Metal Heart", c'est le soutien irréfléchi des médias à la guerre en Irak qui est épinglé, le groupe prouvant par la même occasion qu'il sait encore manier l'électronique lorsqu'elle est un moyen, et non une fin. Le disque réserve de nombreux bons moments (notamment "Bleed Like Me" dont les effluves capiteux ne sont pas sans rappeler "Queer", et un "It's All Over But The Crying" tout en retenue, une des ballades les plus réussies du corpus garbagien), bien mal représentés cependant par le premier single, le trop aguicheur "Why Do You Love Me?".

Les fans continueront à adorer et regretteront peut-être que le groupe n'ait pas cherché à explorer la facette plus légère dévoilée par "Cherry Lips", rare bonne surprise de l'album précédent ; les autres n'auront pas de raison particulière de détester davantage. Garbage fait du Garbage, et assez peu d'albums rock de cette qualité tracent leur chemin vers le grand public, pour qu'on puisse légitimement faire la fine bouche.
Très bon   16/20



Posté le 16 mai 2005 à 21 h 23

Qu'attendre d'un groupe tel que Garbage, surtout lorsque de l'aveu des membres du groupe, l'enregistrement a été pénible et long ? ... Hé bien, pas grand chose à proprement parler, surtout si on ne veut pas être déçu. Passant de groupe influant des années 1990, à groupe archaïque des années 2000, Bleed Like Me présente avec éloquence comment le groupe n'a su se renouveller, a perdu sa capacité de surprendre.

Cependant, ne plus être capable de surprendre ses fans ne veut pas dire pour autant de ne plus être capable de les toucher. Si les paroles peuvent être confondues avec celles d'un adolescent à l'âme hagarde, c'est la voie séduisante mais aussi tranchante de Shirley Manson qui vient plus souvent à son tour donner une décharge d'émotions à l'auditeur, en proie tour à tour à la mélancolie ("It's All Over But The Crying"), au mal de vivre ("Bleed Like Me") et à la déception ("Run Baby Run"). Les guitares sont toujours aussi incisives et transcendantes et s'agencent à merveille avec les débattements acharnés de la batterie, malgré que celle-ci soit bien souvent reléguée au second rang. Bien que les mélodies soient plus que jamais accrocheuses, le seul ennui de cet opus vient du manque d'innovation depuis leur dernier album. Le groupe compose leurs chansons comme il y a dix ans, et la majorité de celles présentées sur Bleed Like Me auraient très bien pu paraître sur leur premier album. Le groupe peut bien se féliciter de n'avoir aucun clone de près ou de loin qui ait réussi à se rapprocher de leur son ; mais la sauce tent à s'étirer vers la fin de l'album avec des compositions comme "Why Don't You Come Over" qui frôle le rock à numéro indigeste.

Oreilles capricieuses s'abstenir ! Sinon, un bon album pour s'éclater !
Sympa   14/20







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