Alice In Chains
Dirt |
Label :
Columbia |
||||
Loin de toutes velléités nostalgiques du blues, Alice In Chains n'en est pas moins de plein pied dans le mythe du Crossroad. Cette croisée des chemins où le destin se décide et où le Diable pose la question que nous redoutons tous...
Plus pragmatiques, le Crossroad est aussi le point de rencontre d'influences et d'univers différents, voire divergeants.
Il a toujours été difficile de cataloguer la musique d'Alice In Chains dans telle ou telle catégorie. Nés au milieu du boom grunge à Seattle, ils y ont souvent été assimilés, bien qu'ils soient très éloignés de la rebellion adolescente incarnée par Nirvana, et de l'existentialisme névrosé de Pearl Jam.
Cheveux longs, mauvais goûts, pochette hideuse et headbanging pathétiques, les ont naturellement associé au métal ; pourtant leurs aspirations sont très éloignées des motos américaines et des salopes siliconées.
On se doute bien sûr que le génialissime Jerry Cantrell garde certains penchants pour la 'beauferie' facile (du moins, c'est ce que laisse supposer son dernier effort solo) ; mais il n'en est rien lorsqu'il est associé au christique Layne Staley.
Beaucoup de paradoxes donc, et il en est d'autant plus difficile de s'attaquer objectivement et frontalement à la critique de leur album Dirt. Un constat s'impose toutefois. Cet album est d'une noirceur insondable. Pourquoi ? ... Parce qu'il ne parle quasiment que d'une chose : La drogue.
On ne va pas rentrer dans les poncifs du genre : "La drogue c'est pas bien ; Dis leur merde au dealers etc..." ; mais le fait est que les différentes œuvres ayants pour thème la drogue, renvoient à ce qu'il y a de plus sombre et de plus tragique dans l'existence humaine.
Dirt n'échappe pas à la règle, et raconte en treize morceaux la 'chasse au dragon' de Layne Staley. Il suffit de lire les titres des morceaux pour se faire une idée de l'ambiance générale : "Rain When I Die" ; "Sickman" ; "Junkhead" ; "Dirt" ; "Down In The Hole"... toute une histoire !
Jerry Cantrell extirpe de sa guitare des riffs d'une lourdeur massacrante, illustrant en électricité ce fameux singe qui vient vous ronger la nuque lorsque le manque s'invite dans votre corps.
Staley n'explique rien, et il ne s'excuse pas non plus, il raconte et fait sienne la phrase de Burroughs : "Vous en feriez autant...". Sa voix recrée parfaitement l'angoisse et l'impuissance inhérentes au statut de junkie, il faut écouter la chanson "Dirt" pour se rendre compte de l'état physique et mental de Layne à cette époque... un état lamentable et désolant, plus mort que vivant.
Ce disque est, dans son esprit, proche du Berlin de Lou Reed, dans la mesure où il est une épreuve pour l'auditeur, et dans la mesure où il rend la merde belle et émouvante. Car Dirt est aussi un disque émouvant, car oui, Layne Staley est foncièrement bouleversant et attachant ! Dans un monde où la réussite, sous toutes ses formes, fait figure de nouvelle religion, sa fragilité et son innocence ont été des fardeaux trop lourds à porter ; et comme souvent dans ces cas-là, la drogue fût une réponse... aussi mauvaise soit-elle.
Alors aujourd'hui on est en 2005 et tout va bien. Plus de dix ans se sont écoulés depuis la parution de Dirt, de nombreux groupes sont apparus, d'autres ont disparu... On a eu droit au nu-metal et on s'en est sorti ; le revival garage nous a apporté beaucoup de joie et quelques ricanements... Il parait même que ça y'est, c'est officiel, les jeunes réécoutent enfin de la guitares électrique (ah bon, parce qu'ils avaient arrêtés ?). Content pour eux !
Pourtant dans l'euphorie générale, la mort de Layne Staley est passée totalement inaperçue. Une dose fatale et il s'en est allé, laissant derrière lui qu'une poignée de personnes qui se souviennent encore de lui, et pour qui Dirt est un monument.
Plus pragmatiques, le Crossroad est aussi le point de rencontre d'influences et d'univers différents, voire divergeants.
Il a toujours été difficile de cataloguer la musique d'Alice In Chains dans telle ou telle catégorie. Nés au milieu du boom grunge à Seattle, ils y ont souvent été assimilés, bien qu'ils soient très éloignés de la rebellion adolescente incarnée par Nirvana, et de l'existentialisme névrosé de Pearl Jam.
Cheveux longs, mauvais goûts, pochette hideuse et headbanging pathétiques, les ont naturellement associé au métal ; pourtant leurs aspirations sont très éloignées des motos américaines et des salopes siliconées.
On se doute bien sûr que le génialissime Jerry Cantrell garde certains penchants pour la 'beauferie' facile (du moins, c'est ce que laisse supposer son dernier effort solo) ; mais il n'en est rien lorsqu'il est associé au christique Layne Staley.
Beaucoup de paradoxes donc, et il en est d'autant plus difficile de s'attaquer objectivement et frontalement à la critique de leur album Dirt. Un constat s'impose toutefois. Cet album est d'une noirceur insondable. Pourquoi ? ... Parce qu'il ne parle quasiment que d'une chose : La drogue.
On ne va pas rentrer dans les poncifs du genre : "La drogue c'est pas bien ; Dis leur merde au dealers etc..." ; mais le fait est que les différentes œuvres ayants pour thème la drogue, renvoient à ce qu'il y a de plus sombre et de plus tragique dans l'existence humaine.
Dirt n'échappe pas à la règle, et raconte en treize morceaux la 'chasse au dragon' de Layne Staley. Il suffit de lire les titres des morceaux pour se faire une idée de l'ambiance générale : "Rain When I Die" ; "Sickman" ; "Junkhead" ; "Dirt" ; "Down In The Hole"... toute une histoire !
Jerry Cantrell extirpe de sa guitare des riffs d'une lourdeur massacrante, illustrant en électricité ce fameux singe qui vient vous ronger la nuque lorsque le manque s'invite dans votre corps.
Staley n'explique rien, et il ne s'excuse pas non plus, il raconte et fait sienne la phrase de Burroughs : "Vous en feriez autant...". Sa voix recrée parfaitement l'angoisse et l'impuissance inhérentes au statut de junkie, il faut écouter la chanson "Dirt" pour se rendre compte de l'état physique et mental de Layne à cette époque... un état lamentable et désolant, plus mort que vivant.
Ce disque est, dans son esprit, proche du Berlin de Lou Reed, dans la mesure où il est une épreuve pour l'auditeur, et dans la mesure où il rend la merde belle et émouvante. Car Dirt est aussi un disque émouvant, car oui, Layne Staley est foncièrement bouleversant et attachant ! Dans un monde où la réussite, sous toutes ses formes, fait figure de nouvelle religion, sa fragilité et son innocence ont été des fardeaux trop lourds à porter ; et comme souvent dans ces cas-là, la drogue fût une réponse... aussi mauvaise soit-elle.
Alors aujourd'hui on est en 2005 et tout va bien. Plus de dix ans se sont écoulés depuis la parution de Dirt, de nombreux groupes sont apparus, d'autres ont disparu... On a eu droit au nu-metal et on s'en est sorti ; le revival garage nous a apporté beaucoup de joie et quelques ricanements... Il parait même que ça y'est, c'est officiel, les jeunes réécoutent enfin de la guitares électrique (ah bon, parce qu'ils avaient arrêtés ?). Content pour eux !
Pourtant dans l'euphorie générale, la mort de Layne Staley est passée totalement inaperçue. Une dose fatale et il s'en est allé, laissant derrière lui qu'une poignée de personnes qui se souviennent encore de lui, et pour qui Dirt est un monument.
| Excellent ! 18/20 | par Max |
Posté le 25 juin 2005 à 13 h 29 |
Ah putain... je crois que cet album porte trop bien son nom et que l'issue de sa carrière et de son chanteur était toute tracée ! J'ai découvert le groupe et j'ai acheté en cassette (euh oui c'est vieux) Facelift et Dirt lors d'un voyage scolaire aux Etats-Unis en 1992 et sortant d'une période métal genre trash pour rentrer malgré moi dans l'univers "grunge", j'avoue qu'Alice In Chains sera inoubliable pour quelques uns d'entre nous, ce qui en fait sans conteste un groupe culte !
La mort de Staley est effectivement passée presque inaperçue et après avoir joué avec le diable il a fini par rejoindre les démons et l'univers qu'il s'était créé, laissant derrière lui l'oeuvre magistrale du groupe et des performances vocales et un intensité dans le chant rarement entraperçues aujourd'hui dans les groupes actuels !!!
Alice In Chains a peut être marqué la fin d'une époque Sex, Drugs And Rock'n'Roll !!!
Si un jour on devait retenir une oeuvre décadente fascinante et magnétique, Dirt serait celle là!!
La mort de Staley est effectivement passée presque inaperçue et après avoir joué avec le diable il a fini par rejoindre les démons et l'univers qu'il s'était créé, laissant derrière lui l'oeuvre magistrale du groupe et des performances vocales et un intensité dans le chant rarement entraperçues aujourd'hui dans les groupes actuels !!!
Alice In Chains a peut être marqué la fin d'une époque Sex, Drugs And Rock'n'Roll !!!
Si un jour on devait retenir une oeuvre décadente fascinante et magnétique, Dirt serait celle là!!
Intemporel ! ! ! 20/20
Posté le 02 août 2005 à 15 h 49 |
1992 : ALICE IN CHAINS, en pleine vague grunge, met tout le monde d'accord avec ce "Dirt" imparable.
Un album dépressif, qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher avant la fin de "Would", superbe dernier morceau de cet album. Ca commence avec "Them Bones", et Layne Staley de sa superbe voix éprouvée et façonnée par son état mental -et les substances qui auront raison de lui quelques années plus tard-, nous balance "I believe them bones are me/Some say we're born into the grave".
Ce titre foudroyant est suivi de véritables pépites d'une noire beauté, tel ce "Dam That River" ou encore "Sickman", "Angry Chair" et "Down In A Hole", même si la qualité de cet opus fait qu'il est difficile d'en dégager un morceau en particulier.
Une pierre angulaire de cette époque grungy, et tout simplement un album de légende.
Un album dépressif, qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher avant la fin de "Would", superbe dernier morceau de cet album. Ca commence avec "Them Bones", et Layne Staley de sa superbe voix éprouvée et façonnée par son état mental -et les substances qui auront raison de lui quelques années plus tard-, nous balance "I believe them bones are me/Some say we're born into the grave".
Ce titre foudroyant est suivi de véritables pépites d'une noire beauté, tel ce "Dam That River" ou encore "Sickman", "Angry Chair" et "Down In A Hole", même si la qualité de cet opus fait qu'il est difficile d'en dégager un morceau en particulier.
Une pierre angulaire de cette époque grungy, et tout simplement un album de légende.
Excellent ! 18/20
Posté le 21 septembre 2005 à 14 h 50 |
Déjà, il y a ce titre : Dirt. Et cette pochette aux tons orangés où l'on voit une jeune fille morte pourrir dans le désert. Mouais, j'ai comme l'impression qu'on ne va pas se marrer avec ce disque...
Et comment le pourrait-on quand la plupart des morceaux ont pour sujet l'addiction de Layne Staley ? "Sickman", "Junkhead", "Angry Chair", "Hate To Feel"... les titres parlent d'eux-mêmes, non ? On croirait avoir affaire à un bootleg de Joy Division.
Alors oui, Layne, Layne... Que dire de lui ? Un vocabulaire reste à inventer pour le définir tellement j'ai peur de ne pas le respecter avec nos pauvres mots. En 1992, déjà défoncé à la cocaïne, à l'héro, au speedball, bref à tout ce qui peut se sniffer ou s'injecter, il met toute sa douleur et son mal-être dans ses paroles (quand il les écrit) et dans sa voix. Et quelle putain de voix ! Capable de lui donner un total détachement (le début d' "Angry Chair"), d'y mettre tout son cœur au service des émotions des autres ("Rooster") ou encore de littéralement gerber des paroles écoeurantes ("Sickman"), c'est un des plus grands. Tout simplement. Franchement, qui à part Maynard James Keenan peut aujourd'hui prétendre à un tel organe (la voix) ?
Mais Alice n'est pas Layne, et Layne n'est pas Alice... La section rythmique est efficace, elle apporte lourdeur et frénésie quand il le faut, mettant en valeur l'autre monument du groupe : Jerry Cantrell, le grand soliste injustement méconnu des années 90. En voilà un qui a parfaitement digéré ses nombreuses influences (metal et autres) et développe un jeu renversant, tout en furie, jouant chaque note comme si sa vie en dépendait. Il est à l'origine de quasiment tous les morceaux et est capable de bouleverser l'auditeur par ce magnifique "Rooster", racontant le Vietnam tel que son père l'a vécu. De plus, il n'hésite pas à pousser la chansonnette comme pendant les couplets de "Would ?". Que lui reprocher ? Bref, si Layne est le cœur d'Alice, Jerry en est l'âme, c'est certain. De toute façon regardez les deux photos du groupe sur le disque : Jerry est en arrière, surplombant et semblant protéger les trois autres avec ses bras grand ouverts, surtout Layne qui est toujours le plus bas. Ces deux-là sont les dignes héritiers des Jagger-Richards, Page-Plant et autres Strummer-Jones. Pour vous en convaincre, passez-vous le Degradation Trip de Jerry Cantrell : il y chante comme son frère ennemi disparu.
Sorti en pleine folie grunge, ce disque va bien au-delà de ce mouvement auquel on les a trop souvent associés. Ecoutez juste les deux premières chansons, les extraordinaires "Them Bones" et "Dam That River", pour vous en rendre compte ! Ces guitares sonnent métal, ou je me trompe ?
Pas un moment de relâche dans ce disque, il n'y a rien à jeter, c'en est effarant. De toute façon, un album qui commence par "Them Bones" et finit par "Would ?" ne pouvait qu'être grandiose, non ?
Nevermind fait vraiment gentillet à côté.
Et comment le pourrait-on quand la plupart des morceaux ont pour sujet l'addiction de Layne Staley ? "Sickman", "Junkhead", "Angry Chair", "Hate To Feel"... les titres parlent d'eux-mêmes, non ? On croirait avoir affaire à un bootleg de Joy Division.
Alors oui, Layne, Layne... Que dire de lui ? Un vocabulaire reste à inventer pour le définir tellement j'ai peur de ne pas le respecter avec nos pauvres mots. En 1992, déjà défoncé à la cocaïne, à l'héro, au speedball, bref à tout ce qui peut se sniffer ou s'injecter, il met toute sa douleur et son mal-être dans ses paroles (quand il les écrit) et dans sa voix. Et quelle putain de voix ! Capable de lui donner un total détachement (le début d' "Angry Chair"), d'y mettre tout son cœur au service des émotions des autres ("Rooster") ou encore de littéralement gerber des paroles écoeurantes ("Sickman"), c'est un des plus grands. Tout simplement. Franchement, qui à part Maynard James Keenan peut aujourd'hui prétendre à un tel organe (la voix) ?
Mais Alice n'est pas Layne, et Layne n'est pas Alice... La section rythmique est efficace, elle apporte lourdeur et frénésie quand il le faut, mettant en valeur l'autre monument du groupe : Jerry Cantrell, le grand soliste injustement méconnu des années 90. En voilà un qui a parfaitement digéré ses nombreuses influences (metal et autres) et développe un jeu renversant, tout en furie, jouant chaque note comme si sa vie en dépendait. Il est à l'origine de quasiment tous les morceaux et est capable de bouleverser l'auditeur par ce magnifique "Rooster", racontant le Vietnam tel que son père l'a vécu. De plus, il n'hésite pas à pousser la chansonnette comme pendant les couplets de "Would ?". Que lui reprocher ? Bref, si Layne est le cœur d'Alice, Jerry en est l'âme, c'est certain. De toute façon regardez les deux photos du groupe sur le disque : Jerry est en arrière, surplombant et semblant protéger les trois autres avec ses bras grand ouverts, surtout Layne qui est toujours le plus bas. Ces deux-là sont les dignes héritiers des Jagger-Richards, Page-Plant et autres Strummer-Jones. Pour vous en convaincre, passez-vous le Degradation Trip de Jerry Cantrell : il y chante comme son frère ennemi disparu.
Sorti en pleine folie grunge, ce disque va bien au-delà de ce mouvement auquel on les a trop souvent associés. Ecoutez juste les deux premières chansons, les extraordinaires "Them Bones" et "Dam That River", pour vous en rendre compte ! Ces guitares sonnent métal, ou je me trompe ?
Pas un moment de relâche dans ce disque, il n'y a rien à jeter, c'en est effarant. De toute façon, un album qui commence par "Them Bones" et finit par "Would ?" ne pouvait qu'être grandiose, non ?
Nevermind fait vraiment gentillet à côté.
Excellent ! 18/20
Posté le 06 mars 2006 à 18 h 45 |
Toute la maîtrise de l'art d'Alice In Chains explose sur ce chef-d'oeuvre intemporel qu'est Dirt. En 1992, la vague grunge vient d'exploser et la renommée du groupe en profitera. Mais le terme 'grunge' ne voulant rien dire (quoi de plus différent que le heavy-rock d'Alice In Chains, le punk-rock de Nirvana et l'alternative-rock de Pearl Jam ?), j'ose espérer que le monde ne serait pas passé à côté de ce génialissime disque s'il n'y avait pas eu le succès de Nevermind quelques temps plus tôt...
Dirt, ou l'avènement du rock nouveau, du son des 90's, démarre tambour battant sur un hymne à la mort : "Them Bones", thème qui ne quittera plus nos oreilles jusqu'au titre final et emblématique "Would ?". En 12 pistes, Layne Staley dépeint en métaphores sa dépendance à la drogue, tout le mal qui le ronge de l'intérieur, mais aussi, en toute lucidité, toute l'énergie qu'il en tire. Et nous, derrière nos platines, nous nous régalons de l'entendre si juste, si dérangeant, si amère et si... parfait ! De "Rooster" et son clip génialissime, des déstructurés "Sickman" ou "Junkead", aux plus traditionnels "Angry Chair" ou "Down In A Hole", ce disque ne présente pas une seul pièce à jeter. Ce disque est une des principales Oeuvres avec un grand O du rock contemporains et restera à coup sûr un des disques essentiels des années grunge. Intemporel, c'est le mot.
Dirt, ou l'avènement du rock nouveau, du son des 90's, démarre tambour battant sur un hymne à la mort : "Them Bones", thème qui ne quittera plus nos oreilles jusqu'au titre final et emblématique "Would ?". En 12 pistes, Layne Staley dépeint en métaphores sa dépendance à la drogue, tout le mal qui le ronge de l'intérieur, mais aussi, en toute lucidité, toute l'énergie qu'il en tire. Et nous, derrière nos platines, nous nous régalons de l'entendre si juste, si dérangeant, si amère et si... parfait ! De "Rooster" et son clip génialissime, des déstructurés "Sickman" ou "Junkead", aux plus traditionnels "Angry Chair" ou "Down In A Hole", ce disque ne présente pas une seul pièce à jeter. Ce disque est une des principales Oeuvres avec un grand O du rock contemporains et restera à coup sûr un des disques essentiels des années grunge. Intemporel, c'est le mot.
Intemporel ! ! ! 20/20
Posté le 21 mars 2007 à 22 h 13 |
Bon, nous n'allons pas y aller par quatre chemins: Dirt est mon album favori. Il désigne à lui seul la solitude et la dépression mais aussi le voyage, le courage... Oui, cet album est un voyage! Un voyage à travers les pensées du groupe entier, que ce soit un petit tour chez le père de Jerry Cantrell avec "Rooster" ou encore une découverte morbide de l'addiction de Layne Staley aux drogues avec "Junkhead" ou "Dirt", cet album garde toujours les traces heavy metal de leur précédent Facelift mais y ajoute encore plus de profondeur, les trois premières chansons de l'album sont lourdes et violentes, une claque tandis que "Down In A Hole" est une chanson tout à fait incroyable, mélangeant tristesse et nostalgie. Après une "Sickman" plus qu'angoissante, on entend "Rooster" entrer en scène calmement, cette chanson est tout simplement exceptionnelle, violente tout en restant calme, vicieuse tout en restant douce, grandiose. Le groupe nous ouvre vraiment l'esprit avec cet album et au lieu de dire 'La drogue c'est cool', le message est évident: 'Ne touchez pas à cette merde les jeunes !', mais Layne est retenu prisonnier de la drogue et il l'exprime très bien sur "Dirt" et d'autres. Par contre, je ne suis pas sans vous dire que "Iron Gland" fait un tout petit peu tâche parmi ces oeuvres, Tom Araya s'invite à la fête et ça ne donne au final qu'un gros ramassis de gueulades, de batterie tambourinante et de guitare sans gros effet qui au total dure 45 secondes mais ça fait partie de l'album et je n'aurais pas vu mieux comme 'intermission', je crois que 'angoisse' reste vraiment le mot qui décrit ce chef-d'oeuvre car toutes les musiques de cet album sont angoissantes, on dit toujours qu'on garde le meilleur pour la fin, ici, c'est vrai: "Would ?", en plus d'être un hommage ultime à Andrew Wood, défunt chanteur de Mother Love Bone, est aussi une des rares chansons que je peux qualifier de parfaite... Au final, Dirt est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie et ce n'est pas qu'un disque, c'est une révélation que Layne et le groupe nous font.
Il n'y a pas de 21/20 mais je lui mets un 20/20, il le mérite amplement.
Il n'y a pas de 21/20 mais je lui mets un 20/20, il le mérite amplement.
Intemporel ! ! ! 20/20
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