King Gizzard & The Lizard Wizard

Fishing For Fishies

Fishing For Fishies

 Label :     Flightless 
 Sortie :    vendredi 26 avril 2019 
 Format :  Album / CD  Vinyle  Numérique   

Je ne sais pas si vous connaissez beaucoup de groupes pouvant se targuer d'avoir sorti pas moins de CINQ albums, tous tenant d'un concept différent, au cours d'une seule année. En plus d'être aux rênes d'un festival à leur nom. Et trouver encore du créneau pour represser tous les anciens vinyles que leurs fans transis réclament depuis des années ... j'en connais personnellement un, et ça suffit pour tous les autres !

En 2017, les australiens intenables ont donc fait feu de tout bois, alternant sessions studios, parutions et tournée mondiale. 2018 les a vus ralentir la cadence, privilégiant les démonstrations lives pour livrer au maximum leurs toutes nouvelles chansons; et parallèlement asseoir une riche présence dans le paysage actuel du rock indépendant.

Ainsi vient 2019, et on attend forcément une chose, tel des junkies se languissant de leur dose annuelle de psychédélisme .. du nouveau matos quoi !
Un premier single très déroutant apparaît en janvier, "Cyboogie", accompagné d'un clip vidéo délirant reprenant les kitscheries rétro-futuristes de la musique électronique des années '80. Des synthés fous et une voix vocodée. Oula ...

Les indices continuent de tomber les semaines suivantes, et je retrouve une tension artérielle normale avec "Acarine", une perle issue des sessions du LP Polygondwanaland à n'en pas douter, à mi-chemin entre le microtonal vaporeux de Flying Microtonal Banana et des sonorités electronica complètement inédites ... quelques autres pistes fuiteront, et puis l'album est maintenant dispo.

Je pense qu'on peut être vite fixé ; en terme d'innovation ou de technique, ce n'est clairement pas leur meilleur. Ils ont fait ici au plus simple : un savoir-faire acquis au fil de multiples expérimentations musicales injecté dans ce qui leur venait sur le moment. Il semblerait que le BOOGIE ait fait office d'un mantra parfait. Décliné sur au moins la moitié de l'album, le blues-rock ternaire qui fleure bon le steak de kangourou a mis tout le monde d'accord. Tantôt jazzy ("The Bird Song"), tantôt groovy ("Plastic Boogie", "Boogieman Sam"), et aussi franchement couillu ("The Cruel Millennial", "This Thing"), on hochera la tête méthodiquement en tapotant doucement du pied, se laissant parfois aller à un air-guitar des plus mutins.
De l'ouverture "Fishing for Fishies", solaire, aussi brillante qu'une nappe de picnic en satin qu'on étale à coté d'un barbecue estival jusqu'au final génialement barré "Cyboogie", les King Gizz explicitent aussi une position politique clairement écologiste, dénonçant pêle-mêle la pêche intensive, le plastique et la mort des abeilles.

En définitive, je comprends cet album comme une sorte de pause dans l'expérimentation, et si tel est le cas, le songwriting seul demeure impressionnant, et la suite n'en demeure que plus excitante ! Et je n'ai même pas parlé de "Planet B", hymne trash-metal pour lequel le groupe a tourné un clip apocalyptique, et qui ne figure pas sur l'album .. restons sur nos gardes !


Très bon   16/20
par Lulum


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