Death In Vegas

Tim Holmes [mardi 07 mars 2000]

Interview de Tim Holmes, un des deux leaders de Death in Vegas, réalisée dans le tour-bus du groupe, lors de leur concert au Krakatoa de Bordeaux, le 7 mars 2000.



Comment définirais-tu DEATH IN VEGAS ?
Tim Holmes : DEATH IN VEGAS est une sorte de parapluie qui couvrirait toutes les activités que nous avons, la musique, les films, les pochettes, les oeuvres plastiques... Tu voulais peut-être que je décrive le son de DEATH IN VEGAS ?

Oui aussi .
T.H : Pour être honnête, je ne sais pas vraiment, nous avons tellement d'influences venant de scènes différentes. Je n'aime pas essayer de décrire la musique de quiconque. Quand nous avons fait des interviews à New-York, les journalistes écoutaient notre disque juste avant de poser les questions et l'un d'eux a dit : "je ne sais pas comment décrire DEATH IN VEGAS, c'est juste de la bonne musique !". Tu ne peux pas décrire un groupe comme Joy Division ou Sonic Youth si facilement. Ce que je peux dire, c'est qu'ils font partie de nos influences.

De quelle scène te sens-tu le plus proche ?
T.H : Personnellement du punk rock, et plus fortement que jamais !

Comment as-tu rejoins Richard Fearless ?
T.H : J'ai travaillé sur tous les morceaux de DEATH IN VEGAS comme ingénieur du son. J'ai dirigé, enregistré et mixé le premier album "Dead Elvis". A travers mon travail sur ce disque et les nombreux remixes que Richard m'a proposé de faire, nous nous sommes découverts des affinités. Il est devenu évident que nous étions vraiment en accord musicalement et comme Steve Hellier, l'autre membre fondateur de DEATH IN VEGAS, n'était plus en accord avec Richard, c'est moi qui l'ai remplacé.

Qu'as-tu fait avant DEATH IN VEGAS ?
T.H : J'étais ingénieur du son dans un studio de Londres. J'ai eu la chance de travailler avec Sounds Of Paradise, Red Snapper, The Aloof, les Chemical Brothers, Primal Scream. Cela a été graduel, j'évoluais dans un cercle d'amis et pour moi, cela a donc été plutôt facile. J'ai vraiment eu la chance de travailler dans ce studio d'autant plus qu'à Londres c'est un peu la guerre pour trouver ce genre de place.

Quels sont les disques qui t'ont donné envie de faire de la musique ?
T.H : "Closer" de Joy Division, les premiers albums du Velvet Underground, spécialement "Venus In Furs", et les débuts de Motor 500 pour la techno.

Parlons de votre album "The Contino Sessions". Certains journalistes français ont écrit que ce disque était "gothique", es-tu d'accord ?
T.H : Ce ne sont pas uniquement les journalistes français mais tous les journalistes du monde. Je trouve cela très amusant. Si tu penses à des groupes gothiques typiques, tu penses à Bauhaus ou à des formations comme Marylin Manson avec du maquillage, de longs cheveux
noirs... ça nous fait plutôt rire ! Par contre, j'aime les constructions gothiques du XIème siècle... non je ne sais vraiment pas d'où vient cette idée.

Des groupes comme vous, Massive Attack, The Chemical Brothers invitent des guest-stars à chanter sur le disque...
T.H : Je ne pense pas que Massive Attack et Chemical Brothers soient comme nous !

Désolé !
T.H : Ce n'est pas grave, on nous a associés souvent à eux alors que nous sommes complètement différents, quelle était la question ?

N'est-ce pas un peu commercial de faire chanter Iggy Pop ou Bobby Gillepsie (Primal Scream) ? Est-ce pour faire venir le public rock ?
T.H : Non c'est plus une réflexion sur nos racines musicales. Tu sais "Lust For Life" d'Iggy Pop est un des premiers disques que j'ai acheté, et j'ai toujours des frissons en l'écoutant. Travailler avec Iggy Pop était plus une chose de fan. On l'a fait en tant que fan de musique. Aussi, nous sommes influencés par Primal Scream, les Stooges et Jesus and Mary Chain (Jim Reid chante aussi sur "The Contino Sessions"). Il y a une réelle connexion entre ces groupes.

A t-il été difficile pour vous de passer au format live ?
T.H : Non. Quand nous avons enregistré l'album, nous avons utilisé un groupe, le disque a un son très live. Nous avons fait le disque dans ce sens, car nous voulions tourner comme un groupe. Pendant l'enregistrement, le groupe jammait 20 minutes sur des boucles préenregistrées, j'enregistrais le tout, puis je retirais un riff de guitare avec lequel je faisais une boucle. Ensuite, nous jouions tous ensembles par dessus et j'enregistrais la basse et nous rejouions... et ainsi de suite. C'est une façon très organique de travailler.

Es-tu intéressé comme Richard Fearless par d'autres activités artistiques extra-musicales ?
T.H : J'aime vraiment la photographie. Je m'y implique de plus en plus probablement grâce à Richard et son travail. Je suis tout de même plus intéressé par la musique! J'ai envie de faire des morceaux courts et vraiment noisy de punk rock, de la musique électronique atmosphérique et continuer DEATH IN VEGAS.

Dot Alison chante sur deux morceaux. Apprécies-tu son travail à l'extérieur de DEATH IN VEGAS ?
T.H : Oui beaucoup... J'étais avec elle la semaine dernière. Nous avons enregistré une reprise de Tim BUCKLEY, "Sweet Surrender", pour un tribute album. Nous avons aussi remixé un titre de SONATINE, un groupe londonien. Le résultat est un peu dur, avec un son électronique très sale.

Quel est pour toi le groupe le plus intéressant du moment ?
T.H : Primal Scream. Ils sont toujours enragés, passionnés, probablement plus qu'ils ne l'ont jamais été.

Que penses-tu de la french touch ?
TH : J'aime vraiment AIR. Je n'ai pas vraiment le nouvel album, la B.O ("Virgin Suicides"). Mais le premier album était vraiment fantastique et en plus en concert ils jouent avec de vrais instruments... Sinon, il y a les MICRONAUTS, un très bon groupe de Paris qui a fait un remix de notre morceau "Dirge".

Aimes-tu aller en club ?
T.H : Non, j'aime aller voir des concerts. Je n'apprécie pas d'être enfermer dans un club pendant cinq heures. La musique m'irrite et tu ne peux pas t'échapper. J'ai besoin de quelque chose de visuel, c'est pour cela que nous jouons avec une batterie. Je veux voir le batteur, le guitariste...

Penses-tu qu'Elvis soit toujours vivant ?
T.H : Il est définitivement mort. ! (rires)

Pourquoi ce nom DEATH IN VEGAS ?
T.H : Cela n'a pas vraiment à voir avec Elvis, mais plutôt avec l'obsession américaine pour des icônes culturels, des gens morts comme Kurt Cobain, Elvis Presley. Même s'il n'est pas réellement mort à Las Vegas, on peut dire qu'il y est mort culturellement.

S'en suivit une petite discussion sur le sud de la France (ils ont déjà joué à Montpellier avec les Chemical Brothers), l'indie rock actuel (il aime beaucoup Mogwai, adore Clinic et Sonic Youth mais pas Arab Strap qu'il trouve trop dépressif).

Interview publiée originalement dans le numéro 21 du cafzic




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