Tricky

Knowle West Boy

Knowle West Boy

 Label :     Domino 
 Sortie :    lundi 07 juillet 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Des retours des gloires de Bristol, celui de M. Adrian Thaws était celui qui m´inquiétait le plus. Après tout, il est désormais le seul à avoir sorti de mauvais albums, et même son ancienne muse Martina Topley-Bird a entamé une carrière brillante. Et pourtant, j´y crois encore quand j´achète ce disque. Il y a eu cette excellente reprise de "Goodbye Emmanuelle" sur une compilation hommage à Gainsbourg. Et puis ce titre Knowle West Boy, du nom du quartier d´origine de Tricky, comme s´il souhaitait revenir aux origines, et arrêter de se faire passer pour ce qu´il n´est pas.

Mais dès que retentissent les premières mesures de "Puppy Toy", mes doutes reviennent à la vitesse de la lumière. Tricky continue dans cette espèce de style rock qui lui sied si mal. Dépité, on commence à écouter la deuxième piste et ô surprise ! De la harpe, des jolis arrangements, un chant ragga et les belles vocalises de Constanza Francavilla : assurément, on tient là le meilleur morceau de Tricky depuis bien longtemps. "Bacative" est un beau morceau, tendre et lancinant, une sorte de Trip-hop lumineux. La belle surprise continue avec un "Joseph" tout en retenue. Percussion asiatiques et ambiance statique, pour un autre morceau très réussi. On retrouve le sourire, on se dit qu´on tient un album gracieux et apaisé.
Illusion qui fait long feu alors que débute "C´mon Baby", nom grotesque pour un morceau qui l´est autant. Tricky se complaît dans une sorte de rock à riff hardos vraiment disgracieux, digne des pires moments de Vulnerable. Et le pire c´est qu´on retrouve cette bouillie à toutes les sauces sur le reste de l´album, accompagné de voix féminines, de rap ou de ragga. On atteint des sommets de nullité sur "Slow", la reprise de... Kylie Minogue (choisi récemment comme single !).
Tricky essaye de se débattre et de retrouver avec son style emblématique. "Veronika" essaye de créer une ambiance étouffante avec ses percussions, mais tout cela manque de conviction. Idem pour "Coalition", vaine tentative de renouer avec le rap vindicatif des débuts. Las. Ca ne marche pas du tout, on est à la limite de l´auto caricature. On est mal à l´aise pour Tricky, on sent sa bonne volonté et ça nous fait un peu de peine.
Tout n´est pas infâme néanmoins, mais rien n´est transcendant non plus. "Past Mistake" est vraiment bien, angoissante et émouvante. "Cross To Bear" essaye de nous refaire le même coup que "Joseph" mais ça ne prend pas. En fin de parcours, "Far Away" et le folk surprenant de "School Gates" ont beau être réussis, on garde vraiment une mauvais impression de cet album, donc l´écoute est vraiment pénible. Il est jalonné de bien trop d´horreurs de l´acabit de "Baligaga" ou "Council Estate"

Encore un coup pour rien de la part de Tricky, qui semble vraiment à bout de souffle en essayant de revisiter chacun des styles qu´il adopté depuis plus de dix ans. Knowle West Boy est un album au goût vraiment douteux oú l´inspiration n´est que trop rare, dont le seul mérite est de m´avoir fait me replonger dans Pre-Millenium Tension. Et de notre côté, on commence légèrement à perdre espoir quant à un éventuel retour en forme du gosse à problèmes.


Sans intérêt   8/20
par Vamos


 Moyenne 11.33/20 

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Posté le 06 juillet 2009 à 18 h 10

Un retour qui semblait plein de promesses. Non seulement elles ne sont pas tenues, mais en plus on sent vraiment qu'avec cet album Tricky nous promet un possible retour gagnant... pour la prochaine fois !
Quelle déception ! Car tout semblait vraiment bien parti : le titre Knowle West Boy nous ressort les racines anglaises et modestes de Tricky, une pochette très belle, qui vient donc côtoyer celles de Maxinquaye ou Pre-Millenium Tension que j'adore.
Mais le disque, lui, que vaut-il ? Tristement, pas grand-chose. Certains ont décrit l'ensemble comme une compilation de tout ce qu'a pu et su faire le génie de Bristol. C'est juste, mais seulement en partie. Car, si les ambiances semblent effectivement ressorties du passé, le talent d'écriture et de composition de l'artiste est parti avec la fumée de ses pétards. Beaucoup de réchauffé, donc, et parfois de bonnes idées mais presque toujours mal exploitées.
"Bacative", "Coalition" et "Past Mistakes" sont peut-être les seuls vraiment bons moments. Trois sur treize, ça ne ferait même pas un cinq sur vingt. Allez, le single "Council Estate" n'est pas mauvais non plus (il ose réutiliser un même sample que Portishead - un clin d'œil à Maxinquaye ? -, ça fonctionne, mais c'est à croire qu'il n'ose plus la moindre prise de risques, et ça, on ne peut que lui reprocher). Tout n'est pas à jeter pour autant. J'avouerai même que presque tout est à garder (j'écarte "Slow" qui est encore plus affligeant que l'original), les chansons s'écoutant comme si vous aviez mis la radio sans forcément y prêter attention.
Au final, c'est bien mieux que ses dernières productions mais reste vraiment un très faible bilan, Tricky semblant avoir sombré après Angel With Dirty Faces, ne sortant depuis que rarement de très bons titres vraiment inspirés (c.f. l'excellent "Bombing Bastards" en bonus sur le très passable Juxtapose avec DJ Muggs et Grease - une collaboration qui explique peut-être pourquoi le disque est si peu inspiré).
Aller vivre aux Etats-Unis lui a fait pas mal de tort, et aujourd'hui ce soi-disant retour aux sources a été vain. On y croit encore ? Un drame ou beaucoup de drogue l'aideraient à coup sûr. On ne lui souhaitera pas tout ça et on se contentera d'aller le voir sur scène : s'il y a un endroit où le bonhomme est encore un véritable artiste, c'est bien là.
Pas terrible   9/20



Posté le 14 juillet 2009 à 19 h 21

Je dois dire que cet album m'a complètement conquis, dès la première écoute.

Des beats au taquet, qui ne peuvent que faire remuer la tête, sa voix caverneuse en sourdine, absente sur certains morceaux (comme d'habitude)
réhaussée par une voix féminine, tout le Tricky que j'ai découvert au fil de ses albums est là, bien présent.

L'entrée est véritablement fracassante avec un "Puppy Toy" qui frappe dur,tout l'album suit cet envoutement, avec l'excellent "Veronika" ce texte, chanté par cette voix presque totalitaire est en réelle symbiose avec la rythmique... quelle rythmique!! Martelée, frappée, on croirait la suite du "Machine Gun" de Portishead.

Le seul bémol de cette galette c'est (pour moi) le passage entre "Veronika" et "C'mon Baby" transition on ne peut plus bancale, qui oblige presque à changer l'ordre des chansons sur son lecteur

Album vraiment superbe, je pensais que tout le monde serait de cet avis... Ce n'est pas le cas, mais au moins maintenant j'ai dit ce que j'avais à dire!
Parfait   17/20







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