Múm

Go Go Smear The Poison Ivy

Go Go Smear The Poison Ivy

 Label :     FatCat 
 Sortie :    lundi 24 septembre 2007 
 Format :  Album / CD   

Ca y'est, la deuxième jumelle et chanteuse Anna Valtysdottir a quitté le groupe. Au seuil de la première écoute, la crainte de retrouver le groupe privé de cette voix qui était l'essence même de la musique de Mum est grande. Mais les musiciens sont visiblement obstinés à continuer leur célébration de l'enfance coûte que coûte, c'est donc Gunnar et Örvar qui vont assurer le chant sur ce nouvel album, et c'est plutôt une réussite. Le groupe en profite pour faire évoluer ses climats, souvent humides et glacés auparavant, vers une atmosphère plus chaleureuse, voire festive (bon on n'est quand même pas dans un album de Madness !).
On reconnaît la patte du groupe islandais, savant mélange de bidouillages electro microscopiques, d'instruments jouets qui se confondent souvent avec ces éléments electro, de cordes, de cuivres et d'accordéon. La liste est non exhaustive, car j'avoue ne plus m'y retrouver au milieu de tous ces objets.
Je suis perdu car ici les grands espaces sont quelque part au dehors, ce disque évoquant plutôt une chambre d'enfants très mal rangée. Les musiciens semblent beaucoup s'amuser à déglinguer les sons pour provoquer une atmosphère aux antipodes de l'electro futuriste : tout à la fois ridicules et mignons, malicieux, voire même déjantés, ces explorateurs ont su se reconstruire pour nous proposer un album décomplexé et régressif. Les vieux synthés semblent passer un sale moment entre leurs mains, comme soumis à la torture de petites mains d'enfants bien résignées à leur faire cracher des bruits tout aussi atroces que rigolos. Le tempo se fait un peu plus rapide que par le passé, notamment sur "A Little Bit, Sometimes" et ce surprenant "Guilty Rocks" à la basse plutôt dub. L'accordéon est toujours particulièrement mis en avant.
Les Mum sont une joyeuse bande qui refuse de grandir, mais qui se sait adulte... Il n'est donc pas étonnant de sentir poindre par moments une mélancolie élégiaque plus que touchante. L'album se clôt par la lente noyade qu'est "Winter", comme si quelqu'un avait subitement ouvert la porte pour laisser s'engouffrer le vent islandais.
Certaines pistes de l'album confinent à l'anecdotique, d'autres sont réellement intéressantes et même poignantes. Sans les jumelles, le groupe persiste et signe, faisant preuve en fin de compte d'une belle obstination.


Sympa   14/20
par Sam lowry


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