Songs : Ohia

Ghost Tropic

Ghost Tropic

 Label :     Secretly Canadian 
 Sortie :    lundi 13 novembre 2000 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

A la première écoute, Ghost Tropic dévoile une possible réorientation du groupe. Le désordre a gagné du terrain dans les compositions de Jason Molina. Des bruitages en tout genre, une recherche de notes aigues, saillantes, des arpèges mènent les riffs de guitare... Fini les accords graves et simples de The Lioness. Mais à notre grand soulagement, Songs : Ohia est resté ce groupe déboussolé, triste et ce changement n'altère en rien dans la poésie de ses textes.

Ghost Tropic commence donc par des morceaux un peu psychédéliques, assez expérimentaux ou du moins qui ne ressemblent pas aux précédents opus du groupe. "Lightning Eisked It All" est un blues au son métallique, ponctué d'harmoniques. Avec deux accords au piano, "The Body Burned Away" tourne inlassablement en boucle, dénudé de tout refrain. "Not Just A Ghost's Heart", tout aussi alarmante et inhabituelle, est introduite par un long prélude au piano qui s'affirme devant un fond sonore étrange. La rythmique, bien que primitive, et d'autres percussions sont très présentes.

On trouve tout de même des compositions typiques du groupe, comme "No Limits In The Words", fait d'une guitare et d'une voix ou "The Ocean's Nerve", summum de l'album mené par un riff magique de guitare. Une superbe chanson d'amour tant les mots de Molina sont déconcertants, si beaux et si simples.

Il subsiste, néanmoins, tout au long de l'album, des sonorités étranges, perçantes et aigües. "Not Just A Ghost's Heart" est sûrement le meilleur exemple. Ghost Tropic est d'ailleurs le nom de deux interludes envoûtants fait de quelques accords de piano, de sons de cloches et chants d'oiseaux qui débordent sur les chansons qui suivent. Deux instants de grand calme au milieu de ces chansons délabrées.

Des albums de Songs : Ohia, ce disque est sûrement le plus déroutant et le plus instrumental.
Avec l'aide de Shane Aspegren (batterie), Mike Mogis (guitare), membres de Lullaby For The Working Class, mais aussi de Alasdair Roberts, Molina a, une fois de plus, conçu un superbe album qui finit sur une dernière "Incantation" à la couleur de l'album, irréelle et psychédélique...


Très bon   16/20
par TiComo La Fuera


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