Devendra Banhart

Cripple Crow

Cripple Crow

 Label :     XL 
 Sortie :    mardi 13 septembre 2005 
 Format :  Album / CD   

Quatre album en trois ans! On ne peut pas dire que Devendra Banhart reste inactif. Autant j'ai pu trouver Nino Rojo très réussi, autant ce disque peut m'énerver. A la première écoute je me suis dit : 'c'est bien, il continue dans le même sillon ça va être un bon disque'. Le problème c'est que ça devient vite chiant.

Cripple Crow donne dans le sous Nick Drake et du sous Beatles. La pochette est d'ailleurs certainement une référence au Sergent Peppers... Mais attention, du Nick Drake la grâce en moins et le Beatles le plus naïf ("All You Need Is Love", "While My Guitar Gently Weeps"). Avec cette naïveté quand il s'essaye à un texte sur la guerre en Irak le résultat est franchement pathétique, et les mélodies ne peuvent tout sauver (quand en plus elle ne sont pas très réussies...).
Le disque est un long défilé de chansons monotones : morceaux trop simplistes, voix hésitante... Cripple Crow ou le voyage d'un artiste perdu au milieu de son œuvre. Entre titre parodique de la plus mauvaise musique yéyé, ou le texte complètement nul (quoi que marrant) de "Chinese Children", il sera dur de trouver quoi que ce soit à sauver.
Avec son côté néo-hippie au coeur pur il devient le nouveau chanteur que tout le monde aime bien aimer. Son style qui se rapproche de plus en plus de celui du Manu Chao, alter mondialiste pour la paix dans le monde, devient lourd (il se met même à chanter en espagnol c'est vous dire si il suit le modèle). On peut parier sans risque que Devendra Banhart va être un nom qui va revenir pendant de longues années encore. Mais maintenant sauf grand changement dans sa carrière ce sera sans moi.


Mauvais   5/20
par Mozz


 Moyenne 12.60/20 

Proposez votre chronique !



Posté le 11 novembre 2005 à 10 h 47

Etonnant le point de vue de Mozz sur cet album, d'autant que je sais qu'on partage un certain nombre de goûts. Personnelement, j'avais eu cete impression-là sur Nino Rojo, qui pour le coup, n'était vraiment qu'un Rejoicing In The Hands episode 2... Mais bon, on n'est pas dans un forum et je ne vais pas épiloguer là-dessus...
D'accord Devandra ne nous prend pas vraiment par surprise, et on se gardera de crier au génie ou au scandale. A noter tout de même, une orientation plus pop, musicalement beaucoup plus variée que dans les précédents même si ça reste hippie, la barbe planant dans les pâquerettes.
Après, je conçois tout à fait qu'on soit gonflé par la surmédiatisation du personnage (qui se retrouve parrain d'une scène néo-folk qui existait bien avant lui), de là à le comparer à Manu Chao, il y a à mon goût une grosse marge, Devandra reste un artiste, ne se contente pas de refaire ad lib la même chanson etc....
Enfin bref, je trouve que Cripple Crow est un bon album, peut-être surevalué par une certaine presse qui rattrappe le train en marche, en tout cas, en ce qui me concerne, je n'ai pas fini de goûter le plaisir de me promener dans les champs de pâquerettes que sont ses chansons.
Très bon   16/20



Posté le 24 novembre 2005 à 12 h 01

Vingt-deux pistes sur ce quatrième opus. Cinq pistes qui durent moins d'une minute. Chacun pensera ce qu'il voudra, mais Bob Dylan déclarait un jour qu'une bonne chanson devait durer trois minutes pour être convaincante, et je suis d'accord avec cela ; dans la mesure où le chanteur a quelque chose à raconter. On a toujours comparé ce Devendra à Nick Drake, ce que je trouve toujours honteux. Non pas que la musique soit mauvaise, mais elle n'est pas sensationelle pour un sou.

J'ai apprécié Nino Rojo malgré des textes un peu naïfs, mais bon, c'est surement comme ça qu'on' l'aime ... Sur ce Cripple Crow, le pic de l'insipidité est atteint. A elle-seule, la chanson "Chineese Children" reflète le caractère gaminesque de l'oeuvre. Ses chansons ont toujours de belles couleurs, mais on s'ennuie ferme, et on était en droit d'attendre autre chose de la part d'un guitariste aussi doué.

Je dirai simplement que Devendra est gonflant, et que ce LP ne mérite d'être écouté que pour quelques pistes uniquement. "Pensando Enti" est charmante et amusante, une ôde pour amourette sur fond très latin ... "Heard Somebody Say" se dégage de la panoplie habituel que nous sert le Banhart et sonne déjà bien mieux avec le piano qui l'accompagne. "Long Hair Child" est à la croisée des chemins du jeu de Tryo et de Manu Chao, son à la Radio Bemba, audible. "Lazy Butterfly" a un accent indou du temps du Revolver des Beatles.

Le reste du disque repose sur la même trame musicale, et sur le même ton vocale : gonflant, c'est ce que j'expliquai. C'est le genre de disque à passer pendant 'l'apéro' du vendredi soir entre amis ...

Dommage !
Insipide   7/20



Posté le 27 décembre 2006 à 19 h 35

Le 'phénomène' Devendra Banhart m'intriguait, toute cette agitation autour de ce bonhomme et surtout cette tendance à le rapprocher de Marc Bolan (oui, je suis fan de T.Rex). Et c'est vrai que le chant de Devendra Banhart ressemble beaucoup à celui de Bolan. Mais également la musique, oui. Parce qu'il ne faut pas oublier que Marc Bolan c'est bien plus que T.Rex et le glam rock des années 70 (qui n'a certes pas grand chose à voir avec la musique de Banhart). C'est également la période Tyrannosaurus Rex à la fin des années 60 et un folk étrange et psychédélique qui se rapproche finalement de ce que l'on semble nommer le weird folk aujourd'hui. Des accords minimalistes, des airs simples et un peu étranges, le tout porté dans une ambiance proche du mystique.

Et Devendra Banhart reprend vraiment à son compte tout ces ingrédients. Quand j'ai entendu "Lazy Butterfly" pour la première fois, ce fut presque un choc, j'ai cru une seconde que Marc Bolan était ressucité, vraiment. Ces percussions orientalisantes déroutantes semblent hantées par l'esprit de Steve Took (feu le percussioniste de Tyrannosaurus Rex) et surtout cette voix bluffante de mimétisme, jusque dans le chevrotement singulier. Le but du jeu est de piocher n'importe quel morceau des trois premiers albums de Tyrannosaurus Rex et de faire une comparaison. Le bonheur m'envahit, pensez donc Marc Bolan est parmi nous! Bien sûr certains ne verront là que de l'opportunisme. A vrai dire, j'aurais été le premier à crier à l'imposture, mais non, écoutes après écoutes, force est de constater que Devendra Banhart s'en sort à chaque fois sous les (mes) applaudissements, grâce à son talent.

Il faut avant tout préciser qu'il ne donne pas que dans la (parfaite) imitation de Marc Bolan (qui se sent au final que sur quelques morceaux). Loin de là. Sur chaque titre on sent la patte Banhart (avec des incursions hispanisantes particulières mais délicieuses sur quatre chansons, qu'il n'a pas volé à Marc Bolan pour le coup). Ses compositions sont simples, délicates, évidentes, respirent un air frais, parfois naïf mais vivifiant. C'est un folk qui donne le sourire, à chaque seconde. Les mélodies sont belles, juste belles, sans effets. L'album baigne dans la plénitude, dans l'harmonie la plus totale (la beauté lumineuse de l'intro "Now That I Know"). Et quand on frôle le trop calme, Devendra relance le rythme avec des chansons plus enlevées, tutoyant le tube en puissance ("I Feel Just Like A Child", "Chinese Children", "Little Boys"). Le disque s'écoule ainsi, naturellement, avec une sorte de fluide irrésistible. Etonnant d'ailleurs, vu sa longueur. Après la première écoute je me suis dit qu'il abusait peut-être un peu le Devendra. 74 minutes de folk pas vraiment nerveux, c'est plus du domaine du trip que d'un choix réfléchi et construit. Alors je me suis demandé quels morceaux étaient de trop, histoire de voir le ménage qu'il aurait été bon de faire. Et en fait, rien, rien n'est à jeter. C'est fou, sur le coup j'ai eu du mal à l'admettre et puis finalement c'est la vérité. A part deux ou trois trucs inutiles mais courts ("Some People Ride The Wave" et "The Beatles"), chaque chanson a son charme typique. Chacune mérite sa place sur l'album. Et ça s'écoute avec une facilité déconcertante.

C'est donc un immense recueil de chansons simples et magiques que propose Devendra Banhart avec Cripple Crow. Une sorte d'univers doux et onirique, non dénué de quelques touches d'humour. Et puis quand on écoute ce rock génial "Little Boys", un peu déglingué, dans la plus parfaite tradition Tyrannosaurus Rex, où les cris de Devendra font revivre Marc Bolan en direct sous nos yeux, c'est le bonheur total.
Parfait   17/20



Posté le 15 août 2007 à 19 h 22

Devendra Banhart ne tourne pas vraiment autours du pot, contrairement à ce que pourrait prétendre ses détracteurs. Il ne traîne pas non plus au fil des albums. Il ne fait qu'assumer un style adopté dès le départ. Et ce disque est le meilleur qu'il ait pu réaliser jusqu'ici. Car il n'est ici plus seulement accompagné de sa guitare, Cripple Crow marque en effet un net passage vers la vitesse supérieure. Celle qui va désormais l'entourer d'une belle fricotée de musiciens plutôt doués (il semble avoir beaucoup de très bons amis à en croire la pochette à peine plagiée sur celle des Beatles, mais également un poil ridicule), celle qui va lui donner l'opportunité de concrétiser ses petites compositions basiques. Certes ça se fera au détriment de ce petit coté intimiste et timide qui marqua les premiers albums, mais ce n'est pas nécessairement plus mal, il nous aurait probablement passablement ennuyés à la longue.

Cripple Crow, ou le triomphe d'un certain aboutissement mélodique sur la monotonie musicale, ou encore comment Devendra Banhart va rapidement passer du stade de petite folk star montante à grand nom incontournable dans son genre. 22 titres (29 pour l'édition vinyle édition limitée, 7 titres supplémentaires dont quelques perles non négligeables d'ailleurs) où Devendra jongle entre gros morceaux accomplis, très riches, voire vraiment frissonnants, et divers interludes-chansons en solos (y'en a pas mal en fait) plus ou moins réussies. Et puis également au milieu de tout ça, quelques délires (Devendra est un mec assez allumé, mais ça, vous le savez probablement déjà, car il ne le cache pas), comme cette chanson hommage au Beatles ("The Beatles"), avec changements de rythmiques en tous genres, chants délirants et décousus, ou encore cet autre morceau qui nous apprend avec quelle fatalité la jeunesse chinoise semble s'acharner sur lui ("Chinese Children", d'ailleurs une des meilleures chansons du disque !), et on vous passe "Little Boys" qui peut même friser l'impudeur et l'indécence pour certains. Bref, Devendra prend son pied, et se balade au milieu de son œuvre (et pas 'se perd'). Chœurs puissants et envoûtants contre sifflements lointains reposants, veille petite guitare timide contre orchestre intense, poésies légères contre proses grossières, chansonnettes d'à peine d'une minute et demi directement suivies grosses compositions de plus de six minutes, humeur légère s'opposant à émois tragiques, Devendra fait également de cet album un beau lieu d'antithèses bien maîtrisées. Une belle réussite pour un tournant pourtant pas forcément évident.

Bref, touche à tout, et curieux maladif, Devendra semble explorer sur ce Cripple Crow bien des horizons musicaux. Ce disque restera sans aucun doute une pièce majeure du genre, et fera très certainement beaucoup dans les fondations des aspirations de biens d'autres musiciens. Une perle de jovialité et d'honnêteté bien pesée.
Excellent !   18/20







Recherche avancée
En ligne
117 invités et 0 membre
Au hasard Balthazar
Sondages
Parmis ces biopics musicaux, lequel préferez vous ?