Broken Social Scene

Paris [La Maroquinerie] - vendredi 16 décembre 2005

 Broken Social Scene
Tout a commencé ce vendredi 16 décembre à la Maroquinerie par The Most Serene Republic, 6 jeunes canadiens signés également sur Arts&Crafts. Ils débutent leur set alors que la salle est presque vide. Heureusement pour eux, ça se remplit très rapidement. Leur prestation est courte (environ 35 min) et ne laisse pas passer beaucoup d'émotions. Ce sont un peu les petits frères des Broken Social Scene : même style, mêmes instruments, et construction des morceaux similaires.

En tous cas, ils ont bien chauffé la salle, apparemment remplie de connaisseurs, qui accueille le collectif canadien avec enthousiasme. Ça commence avec 7 personnes sur scène (dont Kevin Drew -guitare voix-, Brendan Canning -basse-, Justin Perroff -batterie- et Charles Spearin -guitare-, le noyau dur du groupe) : 4 guitares, 1 basse, 1 violon, 1 batterie.
Après deux morceaux instrumentaux rapides qui nous mettent dans l'ambiance, les premières notes de "7/4 Shoreline" débutent, et Kevin annonce à un public survolté l'entrée en scène de Leslie Feist qui déboule comme une furie en sautillant partout ! Le morceau excellent est un grand moment de rock surtout sur la fin lorsque rappliquent à leur tour les cuivres qui complètent le tableau, avec 10 personnes sur la scène un peu étroite de la Maroquinerie. Il en sera de même à chaque apparition de la demoiselle, et notamment sur "Almost Crimes" où une douzaine de personnes nous offrent à l'unisson un son parfait : un alignement de 6 guitares (rien que ça !), deux batteurs et tout le monde qui reprend en coeur "I Think It's Almost Criiiiiiiiiiiiiiiiiiiimes". Là je me dis les larmes aux yeux tel un poète qui aurait trop bu : <<Putain, c'est beau !>>

Durant 2H20, ils enchaînent les morceaux, principalement ceux de You Forgot It In People et du petit dernier, l'excellent album éponyme Broken Social Scene.
On dirait une grande famille réunie par l'amour de la musique dont l'unique ambition est de faire plaisir au public. Et c'est réussi, la salle est comblée et moi avec ! Ce qui est superbe c'est de les voir aller et venir sur la scène, s'échangeant les instruments, les positions, les rôles. Quand un morceau démarre à 6 personnes avec 4 guitares et qu'il se termine à 12 personnes avec une violoniste, des cuivres, 2 chanteuses, 6 guitares, et que tout le monde a l'air de prendre son pied, on ne peut rester insensible. Et en plus, la musique est tout simplement géniale, le rendu live de leur son particulier gagne en énergie (et y perd peut-être dans le côté expérimental, la place étant faite majoritairement aux guitares).
Cette bande de musiciens et musiciennes mal rasés (pas les filles !), mal coiffés, mal habillés, dégoulinants de sueur, que l'on a envie de serrer dans ses bras tellement ils nous procurent un plaisir immense, m'ont donné la chair de poule pendant plus de 2 heures, et rien que pour ça je les remercie.
Le show se termine en rappel sur deux morceaux : "Lover's Spit" présent sur You Forgot It In People, et "It's All Gonna Break" dernier titre du nouvel album, qui termine d'achever tout le monde.
Le final à 14 personnes sur la scène (avec des membres de The Most Serene Republic venus grossir les rangs du bonheur) est magistral entre les cuivres, le mur sonore de guitares, les deux batteurs qui cognent, la violoniste imperturbable et les cris de désespoir de Kevin Drew ! On se dit que c'est à ça que devrait ressembler tous les concerts, qu'ils devraient tous jouer comme si leurs vies en dépendaient.

A noter l'absence de James Shaw et Emily Haines de Metric, pour cause de tournée simultanée, cette dernière étant remplacée par une jeune chanteuse toute timide (comparée à Feist, complètement survoltée) mais qui a su garder l'ambiance des morceaux habituellement interprétés par la chanteuse de Metric (en particulier le très beau "Anthems For A Seventeen Year Old Girl").

Plus hypnotique que Electrelane, plus jouissif que Metric, plus sale que dEUS, plus nombreux que Arcade Fire, plus canadien que Broadcast, plus magique que Harry Potter, plus habité que The Kills et plus sensuel que Elysian Fields, pour moi assurément le concert de l'année et je ne m'y attendais pas du tout : 20/20 ... éternel (comment ça je m'enflamme ?!?)


Intemporel ! ! !   20/20
par Diego


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