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Paris [Le Bataclan] - mercredi 11 avril 2007

‘Ah, it's nice', s'exclamera le chanteur des Elderberries au bout du troisième morceau de son set -faut dire que y'avait deux trois personnes qui venaient de se mettre à bouger-. J'aurai plus dit pathétique personnellement pour qualifier cette immonde première partie que nous a infligé le groupe français ce soir là. Car, comme s'il ne suffisait pas de proposer une musique heavy/hard/garage rock 70's ultra-cliché, avec un solo et une pseudo montée en puissance à la fin de tous les morceaux (avec le ‘YEAAAAAAAAAAAAAH' criard du chanteur), cheveux longs crépus crades et genoux en avant pour appuyer, complètement plagiée sur les Datsuns à tous les plans (qui eux mêmes plagient énormément d'autres groupes mais qui ont le mérite de le faire bien et avec un peu d'autodérision) et laissant la sale impression d'entendre systématiquement le même morceau, le chanteur enfoncera le groupe en tentant tant bien que mal de communiquer avec le public peu réceptif (et surtout occupé au bar à ce moment là). Combinant français et anglais (ils viennent de Clermont Ferrand, mais il serait anglais d'origine, soit), ce dernier tombera au fin fond du ridicule, par exemple en se la pétant parce que deux de ses morceaux sont sur la B.O. de Hellphone (film avec Jean-Baptiste Maunier qui essaye de se refaire une image après Les Choristes, rock'n'roll!) – ‘Okay this track's on the soundtrack of Hellphone...', ou en clamant: ‘Yeah! Nice to be back in Paris!' avant de dire deux morceaux après qu'ils viennent de Clermont Ferrand puis encore quelques morceaux plus loin qu'ils était au Nouveau Casino deux semaines plus tôt (‘Il y avait des gens à notre concert il y a deux semaines au Nouveau Casino?', avant de compter les personnes: ‘12! There were twelve people!'.). Beaucoup d'énergie déployée, mais rien d'autre. Pitoyable.

Bon, ne nous attardons pas sur ce groupe -d'attardés, justement- qui nous a montré en 45 minutes de temps tout ce que la scène française pouvait produire de pire. Car après venait la tête d'affiche, et au vu de leur solide réputation live, on savait que ça allait être sévère. Bien sur, on ne se trompe pas, vers 21 heures le batteur du groupe aux trois points d'exclamation démarre un solo lent, s'accélérant vite pour laisser place à un rythme qui nous laissera vite reconnaître l'intro éponyme du dernier album Myth Takes. Le reste du groupe arrive alors, l'éclairage les laissant apparaître tels des fantômes bleus blêmes, sautant sur toute la longueur de la scène. Dès que les premières notes retentissent on est plongés dans l'ambiance, le son nickel aidant, car si pour la première partie le son crissant, rendant les cymbales inaudibles et confondant la grosse caisse et la basse laissait présager le pire, les ingénieurs du son se rattrapèrent ensuite avec un son parfait laissant entendre chaque instrument distinctement tout en n'agressant pas l'oreille. Le public est réceptif et commence déjà à danser, mais ce n'est rien à côté de ce qui va suivre. Car après l'introduction vient le fantastique "All My Heroes Are Weirdos" et dès l'explosion de guitare plus personne ne rigole plus et tout le monde se soulève soudainement. Comme à son habitude, Nic Offer harangue le public en chantant, les riffs de guitare sont tranchants, les basses et rythmiques groovy prennent leur place, et le public est comme transcendé. La tension ira crescendo tout au long du concert puisque le groupe ne cessera d'asséner ses titres plus imparables les uns que les autres: "Pardon My Freedom" (avec un énorme jam sur la partie instrumentale), puis le morceau que je n'osais pas espérer, "Dear Can", qui se révèle beaucoup plus violent et moins expérimental qu'en studio. Le groupe enchainera ensuite les morceaux de son nouvel album, en commençant par le single "Heart Of Hearts". La deuxième section du morceau, instrumentale, sera jouée pour notre plus grand bonheur; après une seconde de silence, tout repart et le public, définitivement dans l'ambiance dans sa majorité (il reste bien quelques cons qui ne bougent pas et qui se retournent en regardant d'un oeil torve quand tu pousses un cri de phoque à la fin d'un morceau), saute et danse au rythme de cette musique imparable, aux guitares acides et à la rythmique implacable. Suivra ensuite le morceau le plus surprenant de Myth Takes, "A New Name", avec ses harmoniques rêveuses. Le chant aigu du refrain laissait craindre quelques fausses notes, mais John Pugh, deuxième chanteur, maîtrisera parfaitement cette section. Les harmoniques de l'intro ont en revanche été remplacées par une intro plus pêchue, ce qui ne sera pas négatif puisque cela permettra de garder l'ambiance. Viendra ensuite l'énorme "Must Be The Moon" (que j'attendais en ouverture du concert), au couplet minimaliste, même si la guitare rythmique paraîtra ici un peu étouffée. Nic Offer se charge bien sur de l'atmosphère, se trouvant comme à son habitude, partout sur la scène en même temps, sautant, dansant, etc. L'ambiance était déjà explosive, mais elle deviendra purement hallucinante lorsque la batterie martiale de "Sunday" (appelé "Yadnus" sur le nouvel album), joué en live depuis 2005, apparaît, d'une force hallucinante. Le riff se met en place et tout devient fou, John Pugh descendra dans la fosse en transe et passera à moins d'un mètre de moi juste avant un refrain, créant alors un effet visuel purement hallucinant: derrière nous, John Pugh miaulant ses paroles, tandis que sur scène Nic Offer hurle son couplet (composé justement de hurlements), autant dire qu'on ne sait plus où donner de la tête. Le groupe placera même sa fantastique section chantée en duo sur la partie apparaissant comme instrumentale sur l'album (‘That's what I do! When I have enough!', etc). A la fin une longue section instrumentale inconnue se met en place, avant de laisser place au riff de guitare introducteur de "Hello? Is This Thing On?". Je n'en suis pas certain mais il me semble que c'est durant ce morceau que Nic Offer passera lui aussi dans la foule (et lui aussi à moins d'un mètre de mon emplacement). L'hystérie se fait sentir, le morceau est toujours aussi énorme. Nic Offer hurlera à la fin son 'DOES ANYBODY HERE SPEAKS ENGLISH ?'. L'ambiance va encore monter d'un cran avec l'arrivée d'un morceau que je n'ai pas reconnu, probablement une nouvelle compo (ou un morceau du premier EP, ce qui serait étonnant). Une boîte à rythme joue un rythme indus, les rythmiques assurent, et Nic Offer place une ligne de chant purement hallucinante, entre le "Kookooka Fuk-U" du premier album éponyme et le "Bend Over Beethoven" du nouvel album, aux explosions ravageuses énormes. Il s'agit peut être du morceau nommé Chockie, mentionné sur certaines tracklists de cette tournée. A la fin de cette tuerie, le groupe annonce que le prochain morceau sera le dernier. Pas le temps de souffler que le riff de basse d'"Intensify" se met en place. Ce morceau sera une vraie tuerie, incontestablement le meilleur moment du concert. Nic Offer, déchaîné, invitera des personnes du premiers rangs à monter sur scène pour danser, l'une d'entre elle se jettera au final dans le public, et le groupe proposera ici un énorme jam, étendant le morceau sur, je pense, au moins une dizaine de minutes sans interruption (à l'exception bien sur du passage impliquant le public pour les clap), les riffs acides se succédant, et le public rentrant de plus en plus en transe. A la fin du morceau le groupe quitte la scène, on est en sueur comme jamais, la voix est cassée, plus aucune force, mais on crie malgré tout pour rappeler le groupe! Une clameur s'empare de la foule, et quelques minutes plus tard le groupe reviendra finalement pour nous livrer le morceau qu'il manquait: l'inénarrable "Me And Giuliani Down By The Schoolyard (A True Story)". Le morceau est bien sur toujours aussi énorme et épique, les différentes sections s'enchaînant sans temps mort. La montée hallucinante l'est toujours autant, et l'explosion est toujours aussi fulgurante. A la fin du morceau rien à faire, malgré la fatigue et la sueur on tape dans ses mains en rythme sur le 'Toutoutoutoutou... toutoutoutou toutou!' de Nic Offer. Imparable. Le groupe quittera ensuite la scène et, malgré tout le bruit que fera le public, les roadies arriveront au bout de quelques temps pour commencer à démonter le matos. Il est 22:30, on quitte alors lentement la salle, ce concert dans la tête, on entendra des personnes chantonner la section finale de "Me And Giuliani...", on a la voix pétée, les jambes brisées, on a jamais autant transpiré de sa vie mais putain, qu'est-ce que c'était bon! Pas moyen de trouver la tracklist malheureusement, ce qui peut expliquer certaines imprécisions (je suis certain du placement de tous les morceaux, à l'exception de "Must Be The Moon" et "Sunday"). On rentre chez soi doucement, des souvenirs plein la tête de cette soirée mémorable.


Intemporel ! ! !   20/20
par Fox McCloud


  Setlist :
Myth Takes
All My Heroes Are Weirdos
Pardon My Freedom
Dear Can
Heart Of Hearts
A New Name
Must Be The Moon
Sunday
Hello ? Is This Thing On ?
(???)
Intensify
>>>
Me And Giuliani Down By The Schoolyard (A True Story)


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