Andrew Bird

Fingerlings 4 (Gezelligheid Chicago)

Fingerlings 4 (Gezelligheid Chicago)

 Label :     Wegawam Music Co. 
 Sortie :    mardi 21 décembre 2010 
 Format :  Live / CD   

Plus fort que Fingerlings, Fingerlings 2 et même Fingerlings 3, voici Fingerlings 4 ! Pour ce coup-ci Andrew Bird a compilé des morceaux joués sur deux dates à la Fourth Presbyterian Church à Chicago durant sa série de concerts Gezelligheid, que l'on peut traduire par fédératrice. Pourtant c'est bien la première fois qu'un de ses lives "alevins" est aussi farouche et étale. Après des compositions plus pop à base de guitare, Bird renoue avec ses origines de violoniste à travers une heure d'errance musicale plutôt ténébreuse. Plongé dans sa réflexion, il prend le temps de s'égarer, de distordre le temps et de laisser de côté ses textes schizophrènes et sa génétique des mots. La preuve en est qu'il ne retient de Noble Beast que le disque bonus instrumental Useless Creatures, représenté ici par quatre titres repris dans des versions encore plus soyeuses et silencieuses ; le reste du disque étant fait d'inédits à part "Danse Carribe" qui lui sera sur le prochain Break It Yourself. Pour ce retour aux fondamentaux, l'artiste réintègre le sampling au centre de ses créations pour en tirer des mille-feuilles aériens et divins. Il décuple de son archet des rondeurs généreuses, filets mineurs ("Master Sight"), polylignes labyrinthiques, monologues classiques virevoltant ("You Woke Me Up!" dans une version chantée cette fois) entre deux soupirs morriconiens sifflés ou trois notes de xylophone. Autant de nappages savoureux rendu possibles par sa longue expérience d'autodidacte. Il peut empiler par la même occasion ses techniques sans que cela paraisse complexe puisqu'il ne s'exprime qu'au moyen de quatre cordes. Les arabesques de "Carrion Suite" jettent ses ricochets avec clarté, "Oh Baltimore" (plus ou moins futur "Eyeoneye") utilise le violon comme une guitare, "Dance Of Death" tresse ses pizzicati de soie tout comme "Make Hay" avec de la saturation dans un registre proche du Buenavista Social Club et un thème siamois de "Skin" ou "Skin, Is My", les deux étant déjà jumeaux... Andrew Bird remet ainsi à l'ordre du jour sa virtuosité dans des méandres dont lui seul à le secret. A part "The Sifters" et la reprise fidèle de "Meet Me Here At Dawn"de Cass McCombs avec Priscilla Ahn, les pop songs sont loin, le folk aussi d'ailleurs, vu que tout est si épuré et déviant. Le chicogoan fait un retour aux sources, retrouve des sensations et même avec trois fois rien nous embarque avec lui.


Très bon   16/20
par TiComo La Fuera


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