Alain Bashung

Pizza

Pizza

 Label :     Barclay 
 Sortie :    jeudi 01 janvier 1981 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Je tombe amoureuse d'Alain Bashung à l'âge de 5 ans environ, avec l'album Pizza qui tournait en boucle dans la maison... Danses improvisées avec un coussin sur "Vertige De L'Amour", oreiller oblige, ma sœur et moi chantions à tue-tête le refrain... Un peu plus tard on s'était fait acheter respectivement Passé Le Rio Grande (ma sœur) et Novice (moi) par nos parents, mais c'est une autre histoire.
J'étais déçue par contre que "Gaby" ne soit pas sur le disque (erreur réparée avec l'édition CD il me semble), parce que je n'aimais pas du tout Charles Trenet, et du coup j'adorais le refrain "tu veux qu'j'te chante la mer, le long, le long, le long des golfes... pas très clairs"... bien sûr la plupart des allusions me passaient bien au-dessus de la tête, pour moi c'était de la poésie bizarre qui avait une vraie force évocatrice.
Je m'imaginais Bashung (que je trouvais très beau) en mec un peu paumé, aux histoires d'amour compliquées et tristes, seul dans un appartement un peu miteux d'une grande métropole, d'où serait juste partie une créature féminine ambiguë... en même temps j'adorais l'énergie rock'n'roll qui se dégageait de l'album, et je crois que ce n'est pas un hasard si je me suis plutôt intéressée quelques années après au rock assez sombre et à la new-wave, qui ont la part belle sur ce disque...
Cet album est la preuve qu'on peut faire du rock chanté en français sans avoir l'air ridicule, avec un style vocal qui ne lorgne ni vers le côté chansonnier, ni vers la pâle copie d'un truc que les anglo-saxons feraient mieux que nous – "être juste et vague", comme le dit Bashung lui-même, "raconter le fond des choses, ce qui vient du ventre, qui passe par la tête et le cœur", mais en privilégiant l'impression plutôt que l'expression, donc sans donner dans l'exhibition nombriliste trop souvent présente chez nos amis les chanteurs français.
Une personnalité que l'on sent pointer dès cet album, et qui ira en se confirmant au fur et à mesure d'albums ultérieurs... Il est d'ailleurs curieux de voir des gens, convertis de fraîche date, ne pas aimer cette première époque de Bashung, tant elle porte en elle les germes de Chatterton ou Fantaisie Militaire ! Il suffit de réécouter (au cas où vous auriez la flemme de vous farcir tout le disque) "Reviens, Va-t-en", "Ça Cache Quekchose","Aficionado", "Rebel", "Privé"...
Musicalement, ce disque a aussi un petit côté Stranglers que j'aime vraiment bien, ce mélange de rock américain et british si propre au groupe de Burnel, et que Bashung ne cessera de malaxer des années durant. Et puis cette voix (elle me fait frissonner encore aujourd'hui), toujours à la limite, un véritable instrument supplémentaire... Je défie quiconque d'arriver à chanter les chansons de cet album, tant la voix dissone par rapport aux mélodies des instruments... C'est dans cette dissonance que j'ai toujours trouvé mon bonheur, et je suis heureuse que Bashung ne l'ait jamais oubliée.

Alors évidemment, chroniquer un tel disque est un exercice de nostalgie, mais comment expliquer qu'il reste l'un de mes favoris jusqu'à ce jour, pas seulement parce qu'il me renvoie à des moments heureux de mon enfance, mais surtout parce qu'il est excellent, et que je ne me lasse pas de l'écouter?


Excellent !   18/20
par Polar Bear


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