Alain Bashung

Passe Le Rio Grande

Passe Le Rio Grande

 Label :     Barclay 
 Sortie :    mardi 07 octobre 1986 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Passe Le Rio Grande : ou comment se faire enculer l'oreille gauche !
Après les albums fondateurs & deux albums plutôt maudits le Bashung il n'est pas au top, il se sent un peu à l'étroit dans sa cuirasse d'outsider du grand ouest, il rêve d'Amérique, malgré le succès de son dernier single "Sos Amor".
Moi, lorsque j'ai entendu pour la première fois cette chose, primé par une Victoire de la musique en 87, il m'est venu un GRAND éclat de rire. C'est vrai quoi avec des titres comme "Rognons 1515" ou des refrains comme "Encore Une Nuit Sans Georges..." comment voulez-vous qu'on prenne notre cow-boy national au sérieux ?
Avec son complice Bergman, c'est toute la panoplie de l'Almanach Vermot qui est revisitée, calembours et ratatam allant du "Joyeux Nobel et encore bananier" à "Elle passe la douane avec Eddie", tous les moyens pour nous faire sourire, toute la guirlande pour la franche rigolade vont être déployés par l'équipe dirigeante sans vergogne aucune, on fait ici feu de tout bois pour se chauffer les zygomatiques et taper du pied sur ces hymnes parfaitement cons mais totalement jubilatoires.
Par contre, la musique qui est balancée ici bénéficie d'un son gros comme un 5 tonnes, inhabituel, à l'époque, dans nos contrées. On est bien dans les années 80, vous allez voir...
"Fondue enchaînée sur la baie de Lauzanne..." balance la voix énorme et rocailleuse du bandido, c'est parti... Vous vouliez déguster du Bashung ? Préparez-vous à une indigestion de jeux de maux de têtes à claques bercées par des complaintes passées à la moulinette AB.
Un superbe "Malédiction" côtoie la rengaine "L'arrivée du tour" qui claironna sur les radios en son temps et on peut discerner ici un début de rythme de croisière pour notre garçon lippu qui arrive à nous cuisiner un mélange d'influences passé au shaker de son imagination débordante, il a trouver le filon, sa mine d'or personnelle, il va en user, en abuser pour notre plus grand plaisir. Ca gicle sous toutes les latitudes, un vrai cirque Barnum, chœurs & nappes de cordes copulent sur "Helvète Underground", guitare et percus épileptiques sur "Camping Jazz", un "Dean Martin" qui déboule ou un "Douane Eddy" qui galope, entrez dans le saloon c'est ma tournée.
Ca se termine sur un "Chat" qui nous reste en travers de la gorge, encore, encore...
Pas besoin de travailler chez Pinkerton pour savoir qu'Alain était une fois de plus à l'ouest. Génial !


Excellent !   18/20
par Raoul vigil


 Moyenne 16.00/20 

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Posté le 15 février 2017 à 16 h 03

1983.
Bashung vient de sortir Figure Imposée; album rempli de rock à tendance new-wave dans la continuité du Play Blessures sorti l'année précédente. Pour ces deux albums, c'est le bide total, tant au niveau du public qu'au niveau des médias qui attendent un nouveau "Gaby" ou un nouveau "Vertiges". Une fois la tournée terminée, Bashung fait une courte pause courant de l'année 1984, histoire de trouver un nouveau parolier en la présence de Didier Golemanas. En fin d'année, il publie un maxi deux titres : "S.O.S Amor"/"Les Européennes". Le simple fait revenir Bashung en haut du panier musical français, le titre étant très conforme aux standards radio du moment. L'année suivante, deux simples : "Touche pas à mon Pote" d'abord, puis "Hey, Joe". Pour le premier, Bashung compose ici l'hymne de la fameuse association gérée par Harlem Désir. Pour le second, il s'agit d'une reprise de Jimi Hendrix. Entre deux, Bashung accouche d'un simple puis double album live, nommé sobrement Live Tour 85. Ce double disque restera longtemps le seul testament live du monsieur, avant la publication du rare Tour Novice en 1992. L'année 1985 voit également les retrouvailles entre deux "amis de trente ans", puisque Bashung retrouve Boris Bergmann pour écrire les paroles d'un éventuel nouvel album.

Résultat ? Passé le Rio Grande.
Album (synth)pop parfait, taillé pour (re)conquérir définitivement son public. Oubliées les expérimentations new wave obscures, Bashung passe ici à une construction sonique aux gimmicks très synthpop, tout en gardant une légère touche rock'n'roll si chère à son auteur. Au programme, dix nouvelles pistes allant de la pop song à la ballade, le tout produit par Nick Patrick, abonné aux nouveautés technologiques de ce milieu de décennie 80 : samplers, synthés et autres effets numériques.
Les guitares sont toujours là, ça oui, mais restent assez en retrait dans tout le disque. Deux tubes ici, en la présence du très up-tempo "L'Arrivée du Tour" (attention au clip explosif signé Kiki Picasso) et de la ballade "Malédiction". Lors de la sortie du disque, Bashung déclarera : "je me sens un peu comme sur le dessin de la pochette; une sorte de techno-cow-boy qui continue de se balader au hasard mais qui conserve ses traditions". Propos confirmé par les journalistes de Libé qui voient en lui un "Lucky Luke techno pop ou un Johnny Hallyday new wave" !

Même si l'habillage musical a clairement fait l'effet de son temps et à plutôt mal vieilli aujourd'hui, les paroles du duo Bashung/Bergmann sont toujours aussi bien huilées, remplies de jeux de mots grivois et de touches d'humour bienvenues. Passé le Rio Grande est véritablement un disque fruit de son époque, comprendre un album avec un habillage synth-pop typique de ce milieu de décennie 80 afin de pouvoir reconquérir les foules. Mais attention, il reste un disque très sympathique à écouter si on a l'oreille exercée. Ce n'est peut-être pas le meilleur album de monsieur Bashung, mais ce n'est certainement pas le plus mauvais non plus (cet "honneur" reviendrait selon moi à son tout premier opus, Roman Photos).

A noter que la réédition CD de 1992 inclus sur l'album deux des trois simples publiés entre 1984 et 1985.
Sympa   14/20







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