Death From Above 1979

Romance Bloody Romance : Remixes & B-Sides

Romance Bloody Romance : Remixes & B-Sides

 Label :     Last Gang 
 Sortie :    mardi 18 octobre 2005 
 Format :  Compilation d'inédits / CD   

Une chose à laquelle on ne s'attendait pas, puis qui est devenue de plus en plus évidente au fil du temps, jusqu'à ce que Jesse F Keeler atterrisse dans MSTRKRFT : un album de remix pour Death From Above 1979. Nommée comme une compilation de remixes ET de b-sides, on se doute que le binôme redoutait les réactions trop hermétiques aux remaniements des chefs-d'œuvre punky de You're A Woman, I'm A Machine, ainsi qu'aux sons synthétiques et electros pour ne pas avoir explicitement fait part de ses intentions de remodelage. Car il s'agit bien majoritairement d'un disque de remixes, les ‘b-sides' -comprendre DFA1979 dans sa formule rock initiale- n'étant qu'au nombre de... deux sur les treize plages ou sept compositions originales (comptant 4 remixes de "Romantic Rights" et 4 de "Black History Month").
C'est l'une de ces b-sides, reprise de La Peste, qui ouvre l'œuvre sans désorienter du tout. Ce "Better Off Dead" s'équilibrant entre punk à la Ramones et disco-rock, comme sait aussi faire le duo. L'autre b-side, "You're Lovely (But You've Got Problems)" qu'on retrouvera au milieu de la tracklist, ne fait pas tâche non plus mais ne se détache pas du répertoire rock du groupe également. Cela reste transparent. Comme une impression que le duo en a profité pour balancer ce qui lui rester sur les bras de son travail de bûcheron rock pour boucher les trous, avant de passer à autre chose (et peut être même d'arrêter le groupe).
Puis il y a donc ces remixes en eux-mêmes. Et bien du tout bon et du déchet. Les plages étant confiées à divers artistes pour la plupart discrets si ce n'est Josh Homme en personne et les deux musiciens eux-mêmes, les visions divergent et on passe facilement d'un remix extrême à un univers plus proche des garçons. Ces derniers s'occultent sous les alias Girl On Girl pour Grainger et MSTRKRFT (que l'on retrouvera donc plus concrètement) pour Keeler. Et là où Grainger s'exerce sur une unique plage à sublimer son "Black History Month" avec violons et beats pudiques (sobrement sous-titré ‘revision'), Keeler corrompt davantage le son du duo basse-moog/batterie avec un maladroit mais dansant "Little Girl" comme ersatz de Depeche Mode, ou bouleverse radicalement "Sexy Results" pour les boîtes de nuit. En aparté, notons l'ironie dans le nom de ce bassiste dont les initiales sont JFK et le nom proche de ‘killer' : le tueur se cachant dans le tué il assassine ici littéralement le son qu'il a lui-même forgé. Bref, mise en abîme aisée...
Ne reste plus que de nouvelles moutures de "Romantic Rights" et "Black History Month", et le plus rebutant c'est que certains remixeurs se sentent obligés d'aller dans la même direction que Keeler. Alan Braxe et Fred Falke font passer "Black History Month" pour une chanson de Kylie Minogue en poum-poum short, agréable mais passable ; le remix de "Romantic Rights" signé Marczech Makuziak singe du Daft Punk dans sa plus mauvaise forme, et celui de Dahlback est trop malfichu pour en être enthousiaste. Le travail de Sammy Danger sur "Black History Month" serait quant à lui abordable s'il avait été plus immédiat : des sons agressifs ou intéressants, mais jamais de réelle explosion rythmique fidèle au groupe...
Les plus excitants des titres sont certainement la sobriété de "Blood On Our Hands" [Justice Remix], qui bien que synthétique colle parfaitement à l'esprit de DFA1979, ainsi qu'un [Erol Alkan's Love From Below Re-edit] de "Romantic Rights", suant sueur et eau. Mais la palme revient surtout au remix de "Black History Month" par Josh Homme. Le grand gaillard du stoner a su créer une ambiance tout à fait inédite du titre autour de la voix de Grainger, faite à la sauce QOTSA via tom lourds, effets de guitares, tambourin, claps et sons tout aussi organiques. De maigres merveilles méritant tout de même d'être citées.

Une oeuvre à part dans la rachitique discographie de Death From Above 1979, qui laisse déjà deviner sa défiguration et la fascination electro de Jesse Keeler que l'on retrouvera dans son projet suivant. Ce n'était peut être pas évident pour tout le monde, mais ça se savait déjà : ‘ce sont des machines', disaient-ils. En tout cas, même s'il est désormais à la casse, on regrettera ce bolide pour un bout de temps...


Correct   12/20
par X_YoB


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