Iron & Wine

Archive Series Volume No. 1

Archive Series Volume No. 1

 Label :     Black Cricket Recording Co. 
 Sortie :    mardi 24 février 2015 
 Format :  Compilation d'inédits / CD  Vinyle  Numérique   

Les débuts de la carrière de Sam Beam, en 2002-2003, qui allait bientôt s'imposer sous le nom d'Iron & Wine, en plus d'offrir un exemple assez édifiant s'inscrivant sans mal dans une certaine mythologie propre à la musique (le gars qui enregistre ses morceaux dans son coin et qui rencontre soudainement un certain succès après avoir été repéré et signé par un label réputé), sont longtemps restés nimbés de mystère et les quelques sorties qui documentaient cette période, tant originelles que plus tardives, si elles permettaient de lever un peu le voile sur cette époque formatrice et fondatrice pour l'artiste, ne témoignaient pas encore totalement de l'incroyable productivité dont faisait alors preuve le Carolinien de naissance. Avant 2015, nous avions à notre disposition le fameux album inaugural (The Creek Drank the Cradle, 2002), deux EP (un Tour EP, vendu pendant sa tournée de l'été 2002, et The Sea and the Rhythm, 2003), un single ("Call Your Boys"/"Dearest Forsaken", sorti via le mythique Sub Pop Singles Club en 2002), ainsi qu'une merveilleuse double compilation d'inédits, de reprises et de raretés (Around the Well, 2009), comprenant des morceaux datant de cette ère primordiale. Et comme cette chronique est écrite en 2020, on peut y rajouter le deuxième volume des Archive Series, sorti fin 2015 et qui contient une superbe reprise du non moins magnifique "Albuquerque" de Neil Young, ainsi que "It's the Same Old Song", une autre reprise, du trio Holland-Dozier-Holland qui fit les beaux jours de la Motown dans les années 60. Tous les titres rassemblés dans les sorties précitées sont issus de la même antique démo (autant que je le sache en tout cas), qui en comptait pas moins de trente-six, auxquels on peut évidemment adjoindre tous ceux dont nous ignorons l'existence pour le moment, et il doit y en avoir quelques-uns.

Mais vous l'aurez compris, s'il existe un deuxième volume des Archive Series, c'est qu'un premier avait déjà vu le jour quelques mois auparavant, toujours en 2015, sous le nom aussi simple qu'évident d'Archive Series Volume No. 1. C'est celui-ci qui nous occupe et on y retrouve tous les éléments constitutifs de cette période première d'Iron & Wine, qui la rendent immédiatement reconnaissable. Il y a d'abord ce son typique, fragile et brut à la fois, issu du magnétophone quatre pistes que le musicien utilisait à l'époque, à défaut de matériel plus sophistiqué, lorsqu'il enregistrait directement chez lui, dans son logement de Miami. Ensuite, il y a l'habituelle guitare et le banjo, le fingerpicking délicat, rien de plus, pour soutenir cette voix douce et profonde, ce chant murmuré, ce phrasé particulier. Et enfin ce folk aussi rugueux que tendre que Beam composait alors. Et au cours de ces seize démos et autres inédits que compte ce premier volume des Archives, on l'entend essayer, tenter, chercher sa voie et c'est à une fascinante plongée dans le processus créatif du jeune chanteur, âgé de 28-29 ans à l'époque, à laquelle nous sommes conviés. Il varie les formats, les rythmes et fait preuve d'une maturité, il faut bien le reconnaître, assez folle, alors qu'il n'en était, faut-il le rappeler, qu'aux premiers stades de son parcours de musicien et de compositeur. Il nous gratifie ainsi déjà de quelques belles réussites, particulièrement avec les morceaux les plus longs, que ce soit "Two Hungry Blackbirds", "Judgement", "Beyond the Fence", "Minor Piano Keys" et "Halfway to Richmond", qui annoncent les superbes "Upward Over the Mountain" et "The Sea and the Rhythm", alors encore à venir. Ces titres prennent leur temps, respirent tranquillement et installent une atmosphère qui n'appartient qu'à leur auteur. Les pièces plus courtes sont du même niveau, que l'on prenne, au hasard, "Slow Black River", "The Wind Is Low", "Loretta" ou "Everyone's Summer of '95". Et si je devais retenir une chanson plutôt qu'une autre, ce serait la très belle "Postcard", qui conclut sereinement le disque et n'aurait vraiment pas dépareillé sur The Creek Drank the Cradle.

Ce premier volume des Archives d'Iron & Wine permet de se souvenir pourquoi et comment Sam Beam, à l'orée de sa vie de musicien, est parvenu à établir une connexion immédiate avec celles et ceux tombés sous son charme dès son premier album en 2002. Très homogène, peut-être un peu longue pour les non-initiés, cette compilation parvient néanmoins à rétablir cette intimité de la façon la plus naturelle et aisée possible, distillant quelques perles au passage. Si l'Oncle Sam a encore des trésors de cette qualité dans sa besace, qu'il n'hésite pas à les dévoiler au grand jour, il y a des oreilles impatientes de les écouter.


Très bon   16/20
par Poukram


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