La Route Du Rock

Saint-Malo [Fort De Saint-Père] - dimanche 14 août 2016

Dernière soirée de l'édition 2016 du festoche malouin, et dernière chance pour les programmateurs de nous faire enfin vibrer, après deux soirées un peu ternes.
On ne change pas une formule gagnante, c'est donc depuis la mer que j'écoute quelques bribes du concert de Halo Maude. Une pop tarabiscotée, a priori moins ma came que Requin Chagrin, mais pas désagréable en faisant quelques longueurs dans le bassin aménagé sur la plage.
N'ayant entendu que le dernier morceau de Morgan Delt en descendant de la navette et en remontant vers le fort, je me garderai bien d'émettre un avis sur la prestation de l'américain. On peut juste signaler que ce dernier morceau présentait des similitudes mélodiques assez frappantes avec "With a Little Help from my Friends". Au moins, je suis à l'heure pour profiter de l'intégralité du concert de Julia Holter.
J'ai découvert cette talentueuse (et charmante) californienne en faisant mon repérage pré-Route du rock et depuis, je ne décroche plus. Pas facile de rentrer dans sa musique au premier abord, surtout avec ses premiers albums : une pop de chambre planante et bien barrée, sorte de mix entre Kate Bush, Björk, Laura Veirs et PJ Harvey (plutôt celle de White Chalk), et un groupe dont la composition n'est pas banale : Julia au clavier et au chant, une violoniste-choriste, un contrebassiste et un batteur. La prestation scénique a des faux airs de récital, avec des musiciens souvent concentrés sur leur partition - ce qui ne manque pas de faire ricaner un public pas encore remis du jeanfoutisme semi-punk de La Femme - mais il existe une belle alchimie entre eux, et les harmonies subtiles qu'on décèle dans les albums sont encore plus évidentes sur scène. Un très beau moment de musique, sinon de rock.

Le rock, on s'en rapproche encore un peu plus avec la prestation de Lush. Comme à Nîmes, le quatuor anglais est un peu emprunté mais l'heure tardive aidant, il se lâche un peu plus ; il s'appuie de toute façon sur une setlist à la hauteur de leurs talents de popeux et sur un son breveté depuis longtemps (même si les basses ronflent un peu trop à mon goût). Un beau concert, mais pas encore la claque scénique que tout le monde espère.
Heureusement, tout finit par arriver : c'est une foule fiévreuse qui s'entasse devant la petite scène pour attendre FIDLAR. Et c'est parti pour un vrai concert punk comme on en rêvait depuis trois jours : une version apocalyptique du "Sabotage" des Beastie Boys pour faire connaissance, suivie d'un festival - certes un peu monolithique - de garage-rock canal Fleshtones croisé avec du skate-punk à la Rancid. Les quatre lascars sont à bloc, du chanteur-gratteux chevelu déglingué qui incarne le premier style évoqué, au bass-hero athlétique et tondu qui évoque plutôt le second. Un vrai pogo généralisé vient confirmer la satisfaction du public, même si je ne suis pas sûr que cette prestation scénique arrivera à me réconcilier avec le second album de ce groupe.

Difficile de passer après une telle bourrasque, surtout quand on a une scène plus grande à occuper. Fat White Family relève pourtant le défi avec talent. Je n'avais jamais été vraiment convaincu par ce groupe anglais, sorte de passerelle entre le rock psyché foutraque du BJM et le psychobilly théâtral des Cramps. Mais leur frontman sort d'entrée le grand jeu : torse nu, le micro dans le jean, puis un saut dans la fosse pour finir d'exciter une foule déjà bien à bloc. Pendant ce temps, les autres s'activent sur leurs instruments, dont un orgue électrique antédiluvien auquel on doit en partie cette couleur musicale très étrange. Je partirai peu de temps avant la fin de leur set, vaincu par la fatigue, mais ce concert reste pour moi un moment fort de cette édition 2016.
Les fans de Savages regretteront évidemment mon choix, mais j'ai déjà subi trois fois ce groupe en festival et je n'adhère pas. Pas assez mélodique, pas assez émouvant. Pas plus que je n'adhère au rap-indus-cockney de Sleaford Mods, même si j'en reconnais l'originalité et l'efficacité. Quant à Jagwar Ma, qui a remplacé au pied levé The Avalanches, ils jouent beaucoup trop tard pour moi (La prochaine fois, XSilence devrait penser à envoyer un reporter plus jeune...).

En attendant, j'ai passé une bonne soirée qui rattrape les déceptions des deux premières et laisse espérer pour l'avenir d'un festival toujours sur la sellette financièrement malgré 25 ans de bons et loyaux services reconnus au niveau national.


Très bon   16/20
par Myfriendgoo


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