M83

Paris [Maroquinerie] - mardi 29 avril 2008

Sur Before The Dawn Heals Us, ça va droit à l'essentiel : phrases brèves, imagées en effet carte postale, accrocheuses, et dispersées (les feux d'artifices qui explosent les étoiles)- sans pour autant tomber dans la mièvrerie facile. Sur Digital Shades, en évoquant des bouts de paysages -sifflements d'oiseaux, sursauts de vagues...- Gonzales (Anthony, à ne pas confondre avec le canadien poilu) ne montre pas qu'un coucher de soleil mais transporte au sommet de la plaine pour le contempler. Sur Saturday=Youth, dernière oeuvre à ce jour de la galaxie, on redescent sur terre, "Another Day" comme Brian Eno, on retire son casque, et on passe parfois le micro à une femme. Et c'est vrai que par moment ça sonne ambient goth, certaines compositions - avec voix filtrée et chant angélique- renvoient à des atmosphère à L'Ame Immortelle, pourquoi pas non, mais sûrement surtout à Cocteau Twins (Up!). Quelques jours après sa sortie, M83 entame sa tournée, et joue ce 29 avril à La Maroquinerie, première occasion, pour ma part, de le voir. Avant tout, on sera d'accord ou pas, mais M83 dans une petite salle, c'est un tout petit peu dommage. Pas que pour la petite salle mais pour les sonorités planantes : si elles transforment le sous-sol en une sorte de pièce flottante, en un large aquarium aérien, elles, ne parviennent pas à se déployer plus qu'elles ne le pourraient. Comment dire, de toute façon la plupart du temps on a les yeux fermés, tant mieux. Dans une petite pièce où les miroirs aux murs donnent une sensation visuelle de profondeur, comme si c'était vrai, comme si c'était étendu, comme s'il y avait, nulle part autre que devant, un couloir à franchir mais qu'il était déconseillé d'y aller, pour le principe de ne pas dépasser l'illusion, pour ne pas se cogner contre le verre. L'illusion d'optique oui, mais manque d'illusion auditive. Imaginez Jean Michel Jarre dans une cave ou Enter The Void sur un tout petit écran.
C'était, en même temps, très court, très intense.
Quant à moi, j'y reviendrai et m'étendrai davantage après le 27 juin, quand M83 ouvrira le bal, au Stade De France (première partie de Depeche Mode donc, gros smile) : Gonzales aura enfin le moyen de livrer son savoir faire, impressionnera, à coup sûr, sceptiques et profanes, et enchantera les autres.
Alors, à dans quelques jours.


Bon   15/20
par Pippo


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