Blanck Mass

Dumb Flesh

Dumb Flesh

 Label :     Sacred Bones 
 Sortie :    lundi 11 mai 2015 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Blanck Mass est le pseudonyme sous lequel Ben Power officie en solo, séparé pour un temps d'Andrew Hung, son comparse au sein de Fuck Buttons. Pour la petite histoire, Benjamin a composé ce disque dans divers endroits, débutant dans le studio de son groupe, puis il s'enferma dans un grenier (sans fenêtre, détail sans importance mais qui participe à la légende) du nord de Londres, pour enfin le finir dans sa piaule à Edimbourg. Maintenant que les bases sont posées, intéressons nous un peu à cet Dumb Flesh...

Ce disque est à écouter les yeux fermés, en se laissant submerger par les vagues sonores, saisir chaque petit son parasite qui forment un tout hypnotique, sans distinguer les changements de pistes, ne pas se rendre compte que "No Lite" approche des dix minutes, et s'enfoncer, non sans crainte, dans cet Dumb Flesh pas franchement rassurant. Se rassurer pourtant avec l'apparence inoffensive d'un "Atrophies", succomber aux assauts industriels de "Cruel Sports", prendre plaisir à se faire mal, et en redemander.

Cet album est à écouter les yeux grand ouverts. Il devient urbain, bande son d'une ligne de métro ou d'un trottoir qu'on longe, l'architecture faisant corps avec la musique de Blanck Mass, prendre le temps de saisir chacun des longs titres de ce disque (un seul morceau sous la barre des cinq minutes), accélérer le pas sans s'en rendre compte le temps d'un "Double Cross" un brin putassier, regarder le temps qui passe d'un oeil distrait, se l'imaginer en time-lapse pendant que "Lung" passe d'une oreille à l'autre, et s'échapper du réel, voir au delà et se prendre "Detritus" comme un poteau dans la tronche, prendre plaisir à se faire mal, et en redemander.

Dumb Flesh pourrait être le pendant musical des Testuo de Tsukamoto, une sorte d'apocalypse cyberpunk interne, à vivre en solitaire surtout, mélange parfait entre la chair & la machine, à mi chemin entre une cave lumineuse et un grenier sans fenêtre. Comme quoi, les petits détails....


Très bon   16/20
par X_Lok


 Moyenne 17.50/20 

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Posté le 27 juillet 2019 à 01 h 21

Ben Power a réussi son premier album solo, Slow Focus des Fuck Buttons est le chef d'oeuvre du duo. Que lui reste t-il à prouver ?

S'engageant dans une toute autre direction, Ben Power livre un album à la pochette indéfinissable d'un corps passé sous les focales de David Cronenberg. Ce sera la New Flesh ou la nouvelle chair de Videodrome à glisser entre les oreilles.
Le voyage sera rude et parfois pénible mais il en vaudra la peine. "Loam" est un morceau qui sera progressivement trituré comme on pétrit une pâte. Les choses sérieuses arrivent avec "Dead Format", le second morceau qui donne envie de danser tel un pantin désarticulé. "No Lite" et ses 10 minutes vont continuer sur la même voie : une dance robotique atypique avec quelques arrangements crades. "Atrophies" continue d'épater la galerie comme il faut avec sa mélodie entêtante et ses voix issues du Zoolook de Jarre. "Cruel Sport" est une version apocalyptique de Tarot Sport des Fuck Buttons.
On ne voit pas le temps passer dans le monde barré de Dumb Flesh. Difficile d'en dire du mal, même sur un morceau plus mineur comme "Lung" ou "Detritus" qui achève définitivement nos oreilles malmenées comme rarement.

Dumb Flesh est probablement le chef d'oeuvre de Blanck Mass et la preuve évidente qu'il est l'élément clé des Fuck Buttons dont il peut à présent s'acquitter sans se retourner.
Exceptionnel ! !   19/20







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