Peste Noire

Peste Noire

Peste Noire

 Label :     La Mesnie Herlequin 
 Sortie :    jeudi 20 juin 2013 
 Format :  Album / CD   

"Le retour de la peste" vient à peine de commencer que l'on comprend que Peste Noire a sérieusement radicalisé son discours. Ou s'il ne l'a pas fait, c'est que les termes employés relèvent plus d'un français contemporain argotique que du lexique moyenâgeux. Du coup, l'aspect folklorique des paroles de Frère Famine se fait mieux entendre et s'inscrit davantage dans des préoccupations modernes : patriotisme, nationalisme, lutte contre le mondialisme, défense de l'identité française, rejet global des monothéismes. J'en entends déjà qui vont hurler au groupe néo-nazi, je préfère voir un auteur qui ne cherche pas le consensus mou et qui manie la langue française comme peu. Peste Noire parvient à faire sonner des textes incroyablement riches et denses là où la majorité des artistes francophones n'arrivent pas à se sortir d'une sémantique archi convenue et, à ce titre, le rapprochement avec Diapsiquir sur le split Rats des villes vs Rats des champs est une évidence. Déjà parce que ces deux formations redonnent à leur langue natale une identité sonore crue mais lettrée, ensuite parce que les premiers incarnent la crasse urbaine aussi bien que les seconds racontent le marasme campagnard via une musique de soulards. Les mecs débarquent en sandales et chaussettes Footix, packs de bières à la main, pour nous finir à la fourche. C'est sale, puant, obscène, flippant et ordurier :sur ce terrain, ce sont les maîtres absolus.
Musicalement, Peste Noire est plus brut que les productions précédentes. L'aspect médiéval est donc moins prégnant pour laisser la part belle à un Punk Oï Anar où l'on se fait déglinguer sur des riffs Rock N'Roll finis au lisier ("Niquez vos villes"), de l'accordéon, du cor de chasse et toujours ce chant abject qui n'en peut plus de crever de rage : la définition d'un Black Métal rural ultra-violent.
Plus noir que jamais, pétri dans l'ordure d'une auge à cochons, cet album me semble être à la fois le plus dur de leur discographie mais également celui qui s'éloigne le plus de leur style originel. Mais que cela soit un écart ou un virage plus définitif, Frère Famine reste un compositeur doté d'un talent rare, le genre de type qui pisse partout debout sur le comptoir, bourré un lundi soir dans un café de campagne.


Très bon   16/20
par Arno Vice


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