Robert Wyatt

Old Rottenhat

Old Rottenhat

 Label :     Domino 
 Sortie :    mardi 01 avril 1986 
 Format :  Album / CD   

Hmm, Je ne garantis pas la date exacte de sortie. De plus Domino est le nouveau label pour le CD réédité, l'original était Rough Trade. Et comme je viens de comprendre comment on chronique un disque encore non proposé, je reprends mon petit laïus du forum.
L'album est résolument minimaliste, par force (Wyatt était dans le creux de la vague à l'époque) et ça coûte moins cher de tout faire soi-même. Il est donc écrit, composé, arrangé, produit par le seul Robert. Il joue de tous les instruments, à savoir, si j'ai bien entendu, de ces claviers jouets qui lui sont chers (on les entend déjà ici et là dans Rock Bottom), des percussions (pas de véritable batterie, et pour cause !), un peu de piano et, peut-être, de la basse. Et naturellement il chante. A cette époque, Wyatt est encore à son sommet, vocalistiquement parlant, et croyez-moi, ça s'entend !
"Alliance" ouvre l'album par une des plus belles mélodies qu'il ait composées, une des plus planantes, une des plus éthérées au sens premier du terme, ce qui est assez paradoxal puisque le sujet de la chanson est la lutte des classes, sujet nettement plus terre à terre à priori. Tout l'album est à l'image de ce premier titre. Engagement politique à tous les étages (minorités persécutées, manipulation des grands médias, dénonciation de l'individualisme croissant, etc) dans les textes, poésie diaphane dans la musique, comme poussée vers un fondu au blanc (rien de sombre ou d'agressif à l'écoute).
Particulièrement inouïs, les deux solos sifflés sur "The United States Of Amnesia" : Je ne connais rien dans toute la musique qui peut leur être comparé. "The British Road", avec son rythme de casseurs de pierres, est une grande réussite. Le très bref hymne à sa femme qui referme l'album (pas de politique ici, mais cette dame mérite à coup sûr la Victoria Cross) intitulé "P.L.A", pour Poor Little Alfie, est au délà de toute analyse par sa simplicité, sa justesse, son évidence aveuglante.
En conclusion, l'album le plus dépouillé, le plus simplement mélodique, le plus lumineux, le plus aérien de Wyatt. Comme l'autre face du très abyssal Rock Bottom. Rien de difficile ou de résistant à l'oreille, juste l'évidence.
Bien meilleur que Dondestan, l'album qui suit, de même que Ruth... était bien plus faible, hormis le dernier titre, que Rock Bottom : c'est le lot des productions suivant un chef d'oeuvre. Pour moi, l'obscurité qui persiste à recouvrir ce diamant pas du tout brut est un total mystère.


Exceptionnel ! !   19/20
par Haï


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
239 invités et 1 membre :
François Corda
Au hasard Balthazar
Sondages
Où habitez vous ?