Robert Wyatt

Ruth Is Stranger Than Richard

Ruth Is Stranger Than Richard

 Label :     Virgin 
 Sortie :    vendredi 30 mai 1975 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Commençons cette chronique par annoncer qu'un disque de deuxième ordre de Robert Wyatt est un excellent disque. Cela permet de planter le décor pour ce Ruth Is Stranger Than Richard, sorti une petite année après son magique et culte Rock Bottom.

Sur neuf titres aux structures tout simplement indescriptibles (sept en réalité car les "Muddy House A & B" sont des intermèdes vocaux –indispensables toutefois-), Robert Wyatt nous entraîne dans l'univers qu'il a su créer avec Soft Machine ("Soup sSong", "5 Black Notes And 1 White Note") ou en solo sur Rock Bottom : un univers chaloupé, nostalgique et aussi riche que Fort Knox. Sur ce disque, on l'entend s'amuser comme un gamin derrière son micro à nous sortir des mélodies nasales en guise de solo musical sur "Muddy House C", à se prendre pour McCartney période Revolver sur les couplets du même titre. Sur "Team Spirit", Wyatt explore, pousse un peu plus loin encore les frontières de sa créativité. On se trouve là face à une aventure imagée comme un dessin animé : le loup, joué par le sax de Gary Windo part à sa poursuite, mais se casse les dents sur les premiers pièges (envolée aigue jazzy), repart en arrière et retente l'expérience (rebelote : envolée aigue jazzy). Mais Wyatt a retrouvé les jambes qu'on lui a enlevées. Il court plus vite que le loup et porté par une rythmique syncopée, il prend la fuite... Ce titre est de très loin le plus théâtral du disque : une sorte de ‘Piccolo et Saxo' version folk-rock.

Le reste de cet album est un peu moins intéressant. Le titre "Solar Flares" est un planant instrumental, un peu longuet et manquant singulièrement d'envergure pour l'homme. "Song For Che" est un manifeste folk-jazz agréable mais loin de l'envergure de Rock Bottom. Wyatt prend son temps pour laisser le droit à son auditeur de découvrir phrase par phrase le monde dans lequel il souhaite l'emmener. Enfin, il y a ce "Sonia", un faux jazz qui s'avère être un faux-pas. Même si parfaitement exécuté par d'excellents musiciens, comme toujours chez Wyatt, on ne comprend pas bien ce que ce titre fait sur l'album. Il s'écoute comme un délire de jazzeux, décidant de s'amuser à improviser sur une ligne de basse ultra standard dans un bar miteux de Chicago. Sympa à regarder mais assez pauvre sur un disque de Wyatt.

Quand je vous disais que ce Ruth Is Stranger Than Richard était un album de seconde zone pour Robert wyatt, c'était en évoquant ces trois titres qui biaisent un peu le sentiment d'admiration qu'on avait vécu sur l'ensemble de Rock Bottom. Plus inégal ici, Robert Wyatt redevient humain, avec un album à moitié réussi, un peu bancal mais apaisant. En gros, loin d'être mauvais quoi.


Pas mal   13/20
par Sinoc


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