Plaid

Undoneson

Undoneson

 Label :     Warp 
 Sortie :    lundi 15 septembre 1997 
 Format :  Maxi / CD  Vinyle   

Pour annoncer le stupéfiant Not For Threes, Plaid nous offre une mise en bouche avec ce maxi 3 titres, paru un mois auparavant. Deux inédits, et enfin le torturé " Headspin " que l'on retrouvera sur l'album. Si je prends le disque dans sa totalité, force est de reconnaître que la grâce de l'album n'est pas encore tout à fait là, faute à un légère sensation de linéarité. Manque le petit détail qui propulsera les deux inédits dans la catégorie " scotchant ". Le disque démarre avec " Undoneson ", marquée par une forte ambiance de jeu vidéo SF d'Atari. Petites notes désuètes avançant en mode aléatoire, et enfin gros beat et nappes célèstes, pas très surprenant de la part du duo à cette époque. Puis " Spudink " vient compléter cette ambiance de science-fiction déglinguée sur un versant ambiant-techno plus immédiatement efficace, pont jeté entre le son de Detroit et l'ambiant cristalline chère à Plaid à la veille des années 2000. Je noterai dans ce morceau un détail surprenant. Antérieur à " Happy Cycling " de Boards of Canada, on retrouve pourtant les fameux cris de mouettes, ici totalement synthétiques, agencés de manière très approchante.
Puis enfin, " Headspin ". Alors là c'est autre chose. Ce morceau se démarque totalement des deux autres et fait entrer de plein pied dans l'atmosphère hallucinée de Not For Threes. Le rythme est sale et claudiquant, et les mélodies font ce qu'elles peuvent : quand elles ne se perdent pas dans un horizon électrique, elles s'étouffent tout bonnement d'elles-mêmes. Et de manière imprévisible et délibérément hasardeuse, le morceau se métamorphose en bande son pour balade en forêt, une forêt qui aurait du mal à cacher ses pixels. Suite de progressions torpillées dès leurs racines, " Headspin " est une composition à la force paradoxale : totalement instable, elle dérange et charme à la fois parce qu'elle aligne avec beaucoup de feeling de simples débuts d'idées. Plutôt que de sonner inabouti, le morceau construit une ambiance magnétique et fragile, dans un système-D manifeste (Plaid a laissé une bonne partie de son matos à Ken Downie de Black Dog et se retrouve avec pas grand chose). On dit souvent que les limites matérielles favorisent d'un autre côté l'explosion de la créativité. Ce morceau et l'album qui le suivra illustrent parfaitement cette idée. Plaid se libère pour la première fois de tout ce qui s'assimile avec électronique dansante, en visitant des contrées inexplorées, autant d'une fragilité émouvante que dangereusement troubles.
Deux morceaux sympas mais pas indispensables et une perle plus du tout inédite, ce maxi ne présente donc pas énormément d'intérêt aujourd'hui. Mais ce petit disque annonçait la couleur de ce qu'allait devenir Plaid: une magnifique machine polymorphe en plein rêve.


Pas mal   13/20
par Sam lowry


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