Antony And The Johnsons

The Crying Light

The Crying Light

 Label :     Secretly Canadian 
 Sortie :    lundi 19 janvier 2009 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Mouais... C'est marrant mais je n'avais déjà pas accroché des masses au précédent disque d'Antony et ses Johnsons pour les raisons inverses qui font que ce petit dernier lui aussi ne viendra pas faire un trou dans mon budget mensuel... Je m'explique: sur le précédent disque, le sieur Antony avait une très belle voix qui faisait ce qu'elle pouvait pour donner vie à des chansons tellement quelconques qu'il m'était difficile de rester éveillé jusqu'à la fin. Or ici c'est l'exact contraire qui se produit: les chansons et les arrangements sont classieux mais alors la voix... aie! aie! aie! Pour faire court, Antony ne chante plus, il miaule ou il roucoule. Le ton est solennel, ampoulé, ça se prend très au sérieux et au final je me dis que je n'ai jamais tant aimé Antony que dans sa robe à paillettes disco chez Hercule and Love Affair, où son côté pompeux très premier degré est contrebalancé par la douce futilité de la dance et des strass.
Mais pour en revenir à ce genre d'exercice de crooner rétro avec orchestrations ombrageuses, les seuls groupes capables de la jouer avec sérieux sans sombrer dans la caricature ou le ridicule se nomment Tindersticks, Jack the Ripper et Black Heart Procession. Amen.


Pas terrible   9/20
par Dale


 Moyenne 13.67/20 

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Posté le 27 février 2009 à 18 h 50

Kazuo Ohno est bel et bien la nouvelle égérie d'Antony Hergaty. Après un premier cliché pour illustrer Another World, le danseur japonais réapparaît dans une posture tortueuse pour immortaliser le désarroi de The Crying Light. D'une courbure maladive, cette épouvante malgré lui est coincée dans ce corps frêle et cassant. Une espèce de cri de Munch moderne en somme, monochrome et inquiétant. Comme ils l'avaient laissé paraître sur leur dernier EP, Antony And The Johnsons a tout lâché. Plus de couleurs, plus de ‘features' de renom, plus de solennité, plus d'emphase ("Kiss My Name" Déchirée mais rationnelle), et même presque plus de Johnsons en fait. L'obscurité a gagné cette guerre éternelle contre la lumière et la seule lumière qui subsiste pleure sur un seul être. Ce disque et celui d'un décrochage complet dans les méandres d'un spleen sans précédent très attachant. Je dirais même le plus attachant en ce sens de tous ceux que le groupe nous a donné de partager. On redécouvre un Antony Hergaty sans sa carapace de cristal qui s'entretient toutefois plus longuement avec nous. Il y développe des textes sur l'affrontement de ses démons qui ont peut-être changé d'enveloppe mais sont pourtant toujours plus ou moins les mêmes. Sa vulnérabilité tient dorénavant de cette limite jamais bien définie entre jour et nuit, cyclique et inéluctable. Le chanteur a encore choisi un sujet difficile et ambigu qu'il explore corps et âme sur le magnifique "Daylight And The Sun" tandis que pour le reste il n'apparaît que de manière subjective et par touches. Antony And The Johnsons semble ainsi avoir privilégié une atmosphère davantage opaque, close, au détriment du lyrisme de l'initiateur du projet et des mélodies augustes de ses partenaires. Quelques éclaircies viennent percer ce climat à l'instar de "Dust And Water" appel à la prière nous fait rêver d'Orient ou beaucoup moins réussi "Everglade" digne d'une bande son de film pour enfants. Mais les brèches sont rares. Brut, sec comme le froid de l'hiver et précaire, la lanterne The Crying Light traverse la pénombre d'une manière imperturbable et consciencieuse. Le bout du chemin n'est pas loin. Le bout du chemin n'est plus loin. Le chemin est derrière nous.
Très bon   16/20



Posté le 26 octobre 2009 à 15 h 49

Bien souvent, les affinités musicales sont fonctions des circonstances de votre vie. Voila comment des contrariétés bénignes parviennent à saper des œuvres monumentales.
La musique des Beach Boys est assez désagréable lorsque votre humeur se love dans une tristesse lugubre ; inversement, lorsque votre esprit est jouasse, les premiers albums de Sigur Ros sont absolument infects.
Cependant, la musique d'Anthony & The Johnsons fait chavirer cette dichotomie simplette. Nul besoin d'être dans une mouvance particulière pour savourer l'ambiance de velours prodiguée par The Crying Light. Dans un élan hypnotique, vous descendez au fond d'un puits asséché, d'une profondeur extraordinaire, et vous vous asseyez au fond de celui-ci. Dans un noir absolu, vous vous mettez à la marge du monde.

Délectation sous-terraine.

L'introspection qui vous est proposée par Anthony & The Johnson est carrément bouleversante sur "Daylight And The Sun", une ballade majestueuse qui semble venir des tréfonds de notre planète. L'obscurité est d'une intensité à couper au couteau. "One Dove" pour sa part diffuse une beauté quasiment irréelle, rêveuse et frivole. "The Crying Light" et "Kiss My Name" sont la bande son idéale d'une idylle crépusculaire.

Ce nouvel album d'Anthony & The Johnsons est voisin de ces rêves dont l'on désespère d'être sorti. Il s'en suit cette lutte pour se rendormir et y retourner. Pourtant vous le savez, ce retour est souvent défectueux ou simplement impossible. Ici, le billet de retour pour s'y engouffrer à nouveau vous est fourni. Et cela me fait sourire. Pas vous ?
Très bon   16/20







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