Bauhaus

Go Away White

Go Away White

 Label :     Cooking Vinyl 
 Sortie :    mardi 04 mars 2008 
 Format :  Album / CD   

25 ans ! 25 longues années que Bauhaus n'avait rien sorti ! Après quatre albums plus que séminaux, plus que mythiques, entre 1980 et 1983 (eh oui, à cette époque les groupes sortaient au moins un album par an !), le combo s'était séparé. Peter Murphy d'un côté et les trois musiciens de l'autre (Love And Rockets) étaient partis vers d'autres horizons.
La reformation de 1998 était inespérée, 10 ans que j'en rêvais, que je le fantasmais, sans oser y croire ! Depuis, les come backs de groupes post-punks sont devenus légion, mais Bauhaus étaient parmi les premiers.
Et puis 10 nouvelles années avant que ne sorte un nouvel album. Il était plus ou moins annoncé, mais jamais confirmé, sans cesse retardé, depuis 1998. Une fois c'est Peter Murphy qui était d'accord mais pas Daniel Ash, après Daniel Ash mais pas David J, etc. Le groupe n'avait enregistré, en 1998, qu'une reprise, "Severance" de Dead Can Dance, très décevante, et de toutes façons le morceau est loin de figurer parmi les meilleurs du duo.
Fin 2005-début 2006, le groupe avait entamé une deuxième tournée, jouant aussi en première partie de Nine Inch Nails... ce qui peut paraître paradoxal tant ce groupe a vraisemblablement été influencé par Bauhaus. Mais c'est la loi du marché...
Tous les groupes qui se sont reformés ont enregistré des albums décevants (sauf peut-être The House Of Love), même si les concerts sont souvent excellents : Echo And The Bunnymen, Skeletal Family, The Chameleons, The Stooges, etc. Certains, comme Minimal Compact, ont eu le bon goût de s'abstenir de tout nouvel enregistrement. M'enfin, gourmands comme on est, on ne va pas cracher sur la soupe...
Quid de ce nouvel opus de Bauhaus, Go Away White ?
Le design est sobre, épuré à l'extrême même. Entièrement blanc, le nom du groupe et le titre de l'album n'apparaissant qu'en bas relief. Sur la pochette, une vague silhouette d'ange. Pas de livret à l'intérieur. Au dos, c'est à peine si les titres des morceaux apparaissent, dans une teinte argentée rendant les lettres très difficiles à lire.
L'album est en réalité enregistré depuis 2006. Il aura fallu seulement 18 jours pour mettre en boîte cet album ! Et le titre "The Dog's A Vapour" figurait sur la BO du film Heavy Metal 2000.
Bauhaus fait un peu du neuf avec du vieux, le son est à la fois vintage et moderne, les effets stéréos sont utilisés à plein. Les influences restent les mêmes : punk et glam rock surtout, garage et krautrock, mais aussi dub voire funk. Au moins, on ne tombe pas dans l'auto-parodie.
"Too Much 21st Century" pourrait bien être la bande son idéale de ce début de millénaire... que le groupe prend à contre-courant. Musicalement, la voix de Murphy est intacte, parfois doublée par celle de Daniel Ash. Le son de guitare de ce dernier est plus aiguisé et distordu que jamais. La ligne de basse de David J (qui a toujours joué avec une fretless) semble tout droit sortie des 70's. Très bon morceau.
Le suivant, "Adrenalin", est tout aussi réussi, avec sa basse sourde, les deux lignes de guitare, l'une saturée mais étouffée, l'autre suraiguë et une unique note de piano qui rappelle bien sûr "Waiting For The Man" du Velvet et "I Wanna Be Your Dog" des Stooges, deux de leurs principales influences, et la voix profonde, sensuelle et ténébreuse de Murphy.
"Undone" est déjà moins bon, la voix du crooner/hurleur d'Outre-Tombe rappelle davantage sa carrière solo que Bauhaus, et la musique plus Love And Rockets que les précurseurs du rock gothique. On peut faire le même genre de constats pour la plupart des autres morceaux de l'album.
Cependant certains titres sont différents, comme "Saved", assez synthétique, lent, ambient, où se distinguent un carillon et le saxo de Daniel Ash. Peu convaincant. De même, "The Dog's A Vapour" se veut éthéré mais est surtout vide. Dans un registre un peu similaire, "Zekir" est bien plus inquiétant et impressionnant.
"Mirror Remains" relève le niveau, et on revient en terrain connu, celui défriché (à grands coups de faux) par Bauhaus. On y note un piano désaccordé et des handclaps qui accompagnent la batterie. "Black Stone Heart" est un autre beau moment de l'album, même si, là encore, la voix de Murphy évoque plutôt sa carrière solo (il doit d'ailleurs sortir un nouvel album quelques semaines après celui de Bauhaus).
Même si Go Away White n'est pas aussi bon qu'on pouvait l'espérer – mais encore une fois, combien de groupes reformés après tant de temps peuvent se targuer d'albums au niveau de leur gloire d'antan ? –, réjouissons-nous tout de même qu'il existe. Un de mes regrets, c'est que la batterie de Kevin Haskins n'est plus aussi virtuose et tribale qu'avant, et surtout : où est passée la guitare acoustique 12 cordes de Daniel Ash qui faisait des merveilles ?
La mauvaise nouvelle, c'est que le groupe, dont les membres ne peuvent à présent plus se supporter (surtout Murphy et Ash, deux très fortes personnalités), a annoncé sa séparation définitive. Donc pas de tournée pour l'album... On attend la prochaine reformation dans 25 ans ?


Sympa   14/20
par Gaylord


 Moyenne 15.50/20 

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Posté le 05 avril 2008 à 10 h 54

Dès le premier morceau "Too Much 21st Century" on sent plus la patte de Love And Rockets accueillant Peter Murphy, que l'ère Bauhaus 79-83.
Du Love And Rockets un peu ivre en live, trempant dans le grunge, le Iggy Pop ou David Bowie.
A savoir que Love And Rockets joue à la fin du mois en Californie, alors début d'un nouveau départ ?
Sur "Undone" lorsque Daniel Ash le guitariste cherche des sonorités extrêmes comme il savait le faire au sein de Tones on Tail, Peter Murphy aurait tendance à se plaindre, mais une fois n'est pas coutume, la suite du morceau se poursuit savamment.
Basse impeccable, batterie simple et impeccable aussi pour ce début d'album bien rock, avec un soupçon de funk qui relève le tout.
Je préfère ce style d'album pour un retour après 25 ans que du son trop travaillé où la déception aurait pu être plus grande.
"Endless Summer Of The Damned" est sans conteste le morceau de l'album qui reste le plus dans les mémoires avec sa rengaine de basse inlassable, le jeu de tomes, la petite guitare, la voix, les cris, les petits chœurs, la fin en guitare Paranoïa, Paranoïa.

"Saved" est une expérience intéressante de mélancolie entre le saxo de Daniel Ash comme aux heures les plus sombres de Love And Rockets, et la voix de Peter Murphy comme sur certains de ces disques solo.
Après cette longue léthargie "Mirror Remains" semble être un lent réveil innocent mais les breaks successifs à partir du milieu du morceau nous rappellent que c'est bien la confrontation de ces quatre artistes qui mènent la danse et que parfois cela part génialement en vrille et que nous avons bien à faire à Bauhaus.
"Black Stone Heart" semble être sorti de l'album solo de Peter Murphy Unshattered, le piano, le sifflement. C'est très bon tout ça.
Parfait   17/20







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