The Jam

Setting Sons

Setting Sons

 Label :     Polydor 
 Sortie :    vendredi 16 novembre 1979 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Succès considérable aussi bien critique que public d'All Mod Cons dans leur mère-patrie, The Jam devient officiellement porte-étendard de toute une génération d'English. De quoi vous donner quelques idées mégalo quand on a tout juste vingt ans. Pour Weller et ses comparses, l'idée mégalo sera somme toute raisonnable : un concept album.
Mais pas n'importe quel album conceptuel, celui-ci devait s'inspirer de ceux réalisés jadis par les Kinks du roi Davies genre The Kinks Are the Village Green Preservation Society ou Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire)... Angleterre je t'aime. Célébration douce-amère d'un passé fantasmé, tasse de thé à la main. Même topo pour le futur Setting Sons mais... à l'envers. De la science-fiction pour analyser la société bien problématique des 70's : l'histoire de trois amis d'enfance très vite séparés par leurs idéaux politiques et qui ne se retrouvent que bien des années plus tard après une guerre civile, aboutissement sanglant de la lutte des classes.
Projet ambitieux et alléchant sur le papier mais qui restera malheureusement lettre morte. Weller se rendant compte en cours de route que sa plume s'asséchait rapidement sur le sujet. Abandon du concept album mais sauvegarde de certaines chansons qui auraient dû y figurer, consentant à Setting Sons ce curieux parfum nostalgique commémorant le bon vieux temps de l'amitié juvénile et sincère. Ce dont sont faits malgré leur ton presque guilleret ces "Wasteland" ou "Thick As Thieves".
Projet avorté, on pouvait craindre un goût d'inachevé. Mais ce quatrième album, s'il n'est peut-être pas aussi absolument indispensable que son illustre prédécesseur, joue tout de même dans la catégorie des grands. Collection de luxe de rock-songs aux guitares incisives côtoyant quelques bijoux hors de classification dont cet incroyable "Little Boy Soldiers", marqué par l'esprit mini-opéra d'un Pete Townshend, ou cet élégant "Smithers-Jones" au cordage classieux qui permet à Bruce Foxton son auteur, de voler la vedette pour la première fois à sa majesté Weller.
Un album quasi-parfait mais dont beaucoup reprochent la soi-disante incongruité d'une reprise de Martha And The Vandellas en clôture, "Heat Wave". Sans être exceptionnelle, une très bonne reprise qui franchement ne mérite pas tant de dénigrements. Et dire que cet album a pratiquement été renié par son géniteur Weller... Même les demi-dieux peuvent se tromper.


Parfait   17/20
par Sirius


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