Madrugada

Live At Tralfamadore

Live At Tralfamadore

 Label :     EMI 
 Sortie :    jeudi 15 décembre 2005 
 Format :  Live / CD   

Madrugada, voilà bien un groupe qui n'avait plus besoin de nous prouver son talent. C'est pourtant l'objet principal de ce live de grande qualité enregistré en décembre 2005 (je ne vous en dit pas plus, le livret explique très bien et de manière très intéressante ce qu'est Trafalmadore et ce qu'il représente pour le groupe -si toutefois cela vous intéresse, cherchez l'anagramme et des sources littéraires-). Le live est vendu en édition 1 ou 2 CD. Ayant sauté sur le prix attractif de la version la plus simple, je ne saurais vous commenter le contenu du deuxième disque de 4 pistes proposé en édition double.

Pas trop d'excentricités pour le groupe norvégien dans ce Live At Trafalmadore mais énormément de rigueur. C'est le principal reproche que je ferais à ce live. Par rapport aux somptueux arrangements qui accompagnent leurs albums et aux mix surprenants de densité sonore, ce live ne rend pas vraiment justice à leurs talents de compositeurs. On assiste ici à un live rock assez classique, simplement mieux exécuté qu'à l'accoutumée.

12 titres sont proposés et les débuts sont simplement exceptionnels, avec des versions très abouties de "Hard To Come Back" (tiré de leur meilleur album à ce jour The Deep End) et "Majesty" (tiré de Grit). Les 8'000 spectateurs se font entendre sans jamais couvrir l'excellent son du concert, ce qui est une agréable surprise tant les derniers albums live proposés par les majors ont eu tendance, ces dernières années, à surjouer 'l'effet public' (écoutez par exemple le Live From Mars de Ben Harper : une véritable calamité sonore). "On Your Side" et "The Kids Are On High Street" reprennent sur les pistes 5 et 6 une grande qualité après un petit temps faible sur "You Better Leave" et "Strange Color Blue". Le reste de ce live restera dans ce principe, alternant avec force temps forts et temps faibles, sans perdre trop de consistance en route.

On observera tout au long de Live At Trafaldomore pourquoi Madrugada a su s'exporter en dehors de sa Norvège natale : une voix toujours parfaitement placée, sachant se caler sur une rythmique parfaite au niveau de la justesse. Le groupe apparaît comme un combo de virtuoses, maîtrisant chacun son instrument à la perfection, au point que des enregistrements en one-take apparaissent tout à fait réalistes pour eux, ce qui est très rare pour le 'genre rock'.

Mais puisque trop de virtuosité tue parfois l'énergie que peut envoyer un concert de rock, on regrettera un live trop produit, trop propre, manquant parfois de spontanéité. On sent que tout est écrit et que, malgré leur talent de musiciens, les Madrugada ne se sont pas laissé aller à la petite touche d'improvisation qui permet parfois à un album live d'atteindre les sommets. Ici, on assiste à une représentation banale d'un groupe de très grande qualité, ce qui n'est déjà pas mal. Mais on était en droit d'attendre un tout petit plus d'eux.


Sympa   14/20
par Sinoc


 Moyenne 16.00/20 

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Posté le 08 mars 2012 à 16 h 04

Si je connais Madrugada, c'est grâce a une fille qui m'avait invité à a un de leur concert, sauf que derrière ce concert ou elle m'avait promené, se cache une rupture, mais ça; ça reste autre chose... Une fois les séquelles restées en moi, j'ai creusé plus profond, Tralfamadore était notre prise de position.

Une voix intimiste, incroyablement douloureuse s'immisce dans l'ambiance, les mots trouvent leurs places, ou se cherchent quelque part encore, on en sait rien, on se contente juste d'entendre, quelque uns chantent, mais n'en savent rien.

"Majesty" Leur mec ne se contente pas uniquement de chanter, il a un truc, c'est indéniable, la force de sa voix, sa capacité à donner une suite aux rifes des guitares. 'Anyway those fights did drive me And I was dying of thirst and I wasn't growin' old'. Pendant qu'ils continuent à promener leur balades, je continue à regarder cette fille, la continuité entre les chansons est tellement hallucinante que je n'ai pas l'impression de changer de track, simplement l'allonger un peu plus, "Am I Bad Or Good" se demande-il, j'en sais rien. "Strange Colour Blue".
Un verre, et un verre, et un verre, et entre elle et moi les intervalles se réduisent, on va droit dans le mur. La voix de Sivert Si vid et ses potes chantent nos fantasmes à peine découverts.

Entre "On Your Side" "7 Seconds" et "Running Out Of Time" se cache des mélodies plus rock'n'roll, plus hideuses, plus tranches, ou le groupe ne se contente plus de laisser des murmures.

Là ou se trouve la fin, là ou les regards se sont retrouvés, qui n'auraient pourtant jamais du, je crois que j'ai fait une connerie, "Only When You'Re Gone" Dès que je l'ai vue, devenu fébrile, il lui a fait répéter son prénom bêtement, plusieurs fois, un prénom avec un Y, américain, ils n'avaient décidément rien à se dire mais il avait quelques secondes pour se tenir fier de lui, face à elle, dans le modèle réduit du fantasme qui l'avait poussé, quelques années plus tôt dans sa chambre, aux viols répétés de sa première guitare.

Les guitares rangées, j'ai toujours cette impression que ça n'a pas encore fini, je l'entends encore chanter 'So Bury Me In The Kitchen/Bury Me In The Stones/Oh, Bury Me Everywhere You Go".


J'ai décousu toute l'histoire pour en voir de plus près la chair, maintenant s'il te plait file-moi ce qu'il faut pour suturer la plaie.
Excellent !   18/20







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