The Residents

The Third Reich'n'Roll

The Third Reich'n'Roll

 Label :     Ralph 
 Sortie :    1976 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

La dérision monstrueuse, telle est la marque de fabrique de The Residents, groupe obscur dans tous les sens du terme. Il suffit de voir la pochette de ce Third Reich'n'Roll intronisant Dick Clark en grand Furhër du rock'n'roll pour s'en rendre compte...

L'album commence par une reprise de "Let's Twist Again" pour laisser place à une danse tribale, une farandole meurtrière qui évolue en une musique dadaïste où les sons et les voix s'amplifient, s'imprègnent dans votre cerveau pour mieux le détruire. Le premier titre, "Swastikas On Parade", vous propulse dans un monde parallèle qui fait passer les Cramps pour des Bisounours, tant le degré d'horreur ambiante est élevé. En effet, ici, la musique agresse, explose vos neurones dans un horrible marasme schizophrène où les rythmes et autres bruitages s'enchaînent sans répit, créant une bouillie noire et intense dont se repaissent sans doute les vampires alcooliques à la nuit tombée ...
Mais l'apogée de ce triste chef-d'œuvre est bien entendu la seconde et dernière piste de l'album, l'effroyable " Hitler Was A Vegetarian", où le groupe décuple pendant plus de 18 minutes la folie du nazisme pour le ridiculiser dans un charabia de voix féminines évoquant les Shangri-la's, avant de se transformer en hurlements porcins dignes de Beefheart.
Peu à peu, l'ombre de la déchéance recouvre tout espoir de sortir indemne de cette messe noire en honneur au néant.
Le rythme s'accélère, s'aiguise en une myriade de sons saccadés et décomposés où le rock, aussi bien des 60's que des 50's, n'est pas épargné.
Malgré la fin de l'album marquée par une touche de lumière et saupoudrée d'un espoir fébrile, The Third Reich'n'Roll est bien, après la Seconde Guerre Mondiale, le plus grand monument à la gloire de Nyarlathotep, l'Éternel Chaos Rampant ...


Inaudible ! ! !   0/20
par Thrasher13


  Rééditon CD 2005 sur Mute


 Moyenne 10.00/20 

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Posté le 12 mai 2008 à 18 h 17

Cet album il est vrai difficile pose une des questions les plus délicate sur le plan musical. Qu'en est-il de la musique après que le nazisme l'ait autant utilisé? Depuis les romantiques une nature spirituelle était la donné à une composition et en découlait des jugmements de qualité et d'identité. Qu'en penser lorsque des oeuvres classiques se sont trouvées être aussi efficaces pour une propagande fasciste? Que penser de la musique de Wagner? Ne fût-elle pas altérée à tout jamais par la présence d'Hitler à Bayreuth? C'est une question tabou car glissante. C'est pourquoi j'admire ceux qu'ils l'ont abordé...
Les Residents dans cet album d'une violence certaine saccagent des standards pour nous dévoiler une part de noirceur inédite. Ce détail infra mince est surtout présent dans la musique populaire. C'est celle qui est utilisée pour la propagande. Pour leur démonstration d'une très grande gravité, Les Residents utilisent des tubes de rock'n'roll américain. Ceux-ci sont dénaturés et pourtant reconnaissables. Ce que la parodie destructive des Residents dévoile (pour notre plus grand désarroi de mélomane ou non) est l'absence de nature intrinsèque aux standards utilisés. Ceux-ci peuvent être interprétés selon un axe illimité... y compris nazi. L'hymne hippie "Light My Fire" adopte une raideur fasciste proprement effrayante. Third Reich 'n' Roll crève un abcès. Et je ne peux qu'admirer la perspicacité des Residents et de leur critique acerbe de la musique populaire. Et cette lucidité est sans doute préservée du fait qu'ils n'appartiennent pas au monde du rock. Les Residents, par leur anonymat, peuvent aborder les critiques les plus délicates à tenir sans pour autant se rétamer ou tomber dans la démagogie.
Les Residents ont eu l'idée de cet album en apprenant grâce à une photo rarissime qui montre que les Beatles, pour leur Sgt. Peppers, avaient prévu et fait fabriquer un portrait grandeur nature d'Adolf Hitler. On voit ce portrait posé sur un mur dans le studio où l'installation était préparée. Hitler ne fût finalement pas utilisé par les compositeurs les plus aimés de la planète. Les Residents eux sont allés jusqu'au bout. Heureusement pour les Beatles. Jésus leur avait déjà joué des tours.
Intemporel ! ! !   20/20







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