Ladytron

Ladytron

Ladytron

 Label :     Ladytron Music 
 Sortie :    vendredi 15 février 2019 
 Format :  Album / CD  Vinyle  Numérique   

Mine de rien, voilà 20 ans que Ladytron a publié ses premiers efforts et que le groupe poursuit son bonhomme de chemin, un petit peu hors du temps et des modes, proposant sa Pop à Synthés à la fois évidente et obscure, creusant son propre sillon.
Etant à sa manière loin des projecteurs et hors de l'actualité faisant et défaisant les idoles à vitesse grand V, il est presque surprenant de découvrir un nouvel album du groupe en 2019. On pourra arguer que cela faisait tout de même 8 ans que Ladytron n'avait pas donné de nouvelles.
Et nous voilà donc face à Ladytron, album s'affichant en sobriété, comme si Helen Marnie, Mira Aroyo, Daniel Hunt et Reuben Wu revenaient par la petite porte. Refusant l'étiquette d' "Electroclash", les quatre vont continuer ici de proposer cette sorte de Pop raffinée synthétique contradictoire : lentement épique, à la fois évidente et distanciée, froide et pourtant abrasive, tout ça, tout ça...

Si aux premières écoutes, on a l'étrange impression de passer un peu à côté des choses, de ne pas tellement saisir les enjeux en présence (mais c'est plutôt une tradition chez ce groupe, toujours moins facile et accessible qu'il n'y paraît) Ladytron révèle petit à petit sa puissance ("You've Changed") et sa dramatique ("Horrorscope") et on se dit, toujours l'air de rien, que ces chansons auraient un sacré impact en "Live".
On pourrait également faire l'erreur de cataloguer Ladytron dans un registre Eighties Rétro-Futuriste revisité avec les machines disponibles aujourd'hui, mais là encore, ce serait faire une grossière erreur. Il y a certes les Synthés, mais nous ne sommes toujours pas avec des cousins plus âgés de Perturbator ou de Boy Harsher. Il n'y a ni cette attitude, ni cette volonté.
La noirceur n'est jamais soulignée à grands traits, mais elle se trouve toujours en observatrice des lignes claires et mélodiques disséminées tout au long du disque. Elle peut adopter la tenue de la mélancolie ("The Island") ou la parure de la colère rentrée ("Deadzone").
Et en creusant davantage, c'est comme si une évidence s'imposait : Ladytron, ici, nous affirme bel et bien, qu'ils ont inventé leur style, défini avec les années leur monde. Leurs chansons aiment cacher leur charme lumineux , demandent à ce qu'on les découvre pour mieux en comprendre la parfaite nudité et leur essence, et qu'on accepte leur côté ténébreux.
Les tubes et hymnes sont encore au rendez-vous ("Paper Highways", "The Animals"), comme pour prouver de plus belle que l'on peut rechercher la simplicité dans la sophistication (et inversement), que l'on peut être présent et éloigné, chaud et froid, blanc et noir, bref vous aurez compris...

Un beau retour ici donc, ainsi que la définitive déclaration que Ladytron n'appartient pas qu'aux années 2000, leur naturel n'ayant d'égal que leur profondeur, explorant toutes les strates intermédiaires de la Pop Synthétique Claire Obscure, et s'imposant comme un incontournable du genre, si tant est qu'on puisse les y caser.


Très bon   16/20
par Machete83


  En écoute :
https://ladytron.bandcamp.com/album/ladytron


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