Ladytron

Barcelone - Espagne [Sala Apolo] - lundi 27 octobre 2008

Aller voir pour la première fois un concert d´un groupe qu´on adule, dont on connait la discographie sur le bout des doigts, cela a toujours quelque chose de particulier. Après 5 ans d´attente, je vais enfin voir un concert de Ladytron, groupe qui m´est cher puisqu´il fait partie de ceux qui m´ont amené à m´intéresser à la musique électronique. Je suis d´autant plus excité que je devais les voir cet été au festival du Pantiero, jusqu´à ce qu´ils ne soient déprogrammés une semaine avant !
J´arrive donc à l´Apolo, fameuse salle de concert et boîte de nuit underground de Barcelone. J´y retrouve sa flore habituelle : fluokids, rastas, junkies, rockers, et ce dans tous les âges. Pendant une heure, DJ Zode2 Elektronaut nous fait patienter de la plus belle des manières par un set electroclash avec ce qu´il faut de montées pour chauffer l´ambiance.
Mais je suis un peu inquiet : je vois une batterie et une guitare sur scène...J´espère qu´ils ne seront pas trop présents : j´ai envie d´entendre des machines ce soir, des claviers, des beatbox !

La lumière s´éteint enfin, le groupe prend place et entame le concert avec "Black Cat", excellent morceau de Velocifero . La rythmique est lourde à souhait et transperce le corps, les synthés sont puissants et donnent très envie de danser. D´ailleurs le public ne s´y trompe, et tout le monde est emballé !
"Ghost" suit, et le choix de la batterie s´avère judicieux. Mon cœur s´accélère et se cale sur le rythme de ce chef d´œuvre. Le morceau est dantesque et devient encore meilleur sur scène. La guitare reste discrète et c´est tant mieux ! Le charme de Ladytron réside tout de même dans ses beats et ses synthés !
Le concert suit son cours, et je suis impressionné par ce que dégage le groupe. Il est aussi froid que sa musique, et en deviendrait presque menaçant. Cela pourrait en rebuter certains, mais j´aime beaucoup cette impression de futurisme. Impression renforcée par le lightshow, le look très "Depeche Mode à Berlin" et surtout les voix des chanteuses venues d´outre-tombe, complètement noyées dans un déluge synthétique.
Le groupe enchaîne les interprétations impeccables des meilleurs morceaux de Velocifero : "Runaway", "Burning Up", "I´m Not Scared" sont des bijoux qui prennent une puissance infernale en live. Les sonorités industrielles résonnent dans l' Apolo et font danser tout le monde. "Predict The Day" m´impressionne encore plus que sur disque. Son incroyable progression devient encore plus épique sur scène. "Season Of Illusions" installe une ambiance surréaliste, entre furie dansante et recueillement : il s´agit vraiment d´un des nouveaux meilleurs morceaux du groupe.
Des sifflements qui annoncent une jolie surprise : "True Mathematics", un des morceaux de Light & Magic nous rappelle le groove synthétique des débuts. Mais la nouvelle identité industrielle de Ladytron est prédominante ce soir. "High Rise" et "International Dateline" nous ramènent du côté des rythmes binaires et métalliques, alors que les bourdonnements incessants des synthés mutilent l´oreille. "International Dateline" devient extrêmement dansante sur scène, on se croirait en boîte par moments ! Et ça n´est pas fini ! Le groupe entame un morceau que je ne connais pas, chanté en bulgare, dont le rythme infernal fait encore monter l´ambiance d´un cran. D´ailleurs c´est un des rares moments oú l´une des chanteuses quitte ses claviers pour sauter partout. "Deep Blue" retentit alors et me met une incroyable claque. Le rythme haletant, les synthés sombres, le chant caverneux : tout concourt à instaurer un fantastique état de transe. La fin du concert est tout aussi dansante, puisqu'il fait honneur à deux vieux tubes du groupe : le tendre "Playgirl" et l´archi-efficace "Seventeen". Le rythme est incroyable, les beats et synthés sont extrêmement présents, mais pas assez pour couvrir le public qui chante ‘They only want you when you´re seventeen, when you´re twenty-one, you´re not fun'. Je danse comme un fou, mais je suis un peu inquiet, car il s´agit du morceau parfait pour annoncer la fin du set... et je ne me trompe pas puisque Ladytron quitte rapidement la scène.

‘¡¿Donde estàn, donde estàn?!' voilà comment on réclame un rappel en Espagne.
Ladytron revient, et entame l´étrange "Kletva", dont les synthés kitchs installent une sorte de torpeur . Et pour finir, l´incroyable "Destroy Everything You Touch" nous achève avec ses longs refrains.

Un excellent concert donc, parfois plus électrique que sur disque, mais Ladytron fait la plupart du temps honneur à la musique électronique, en jouant live une musique puissante, futuriste mais non dénuée d´émotions. L´esthétique du groupe est très forte et fait passer un excellent moment. Doucement, Ladytron est en train de bâtir sa légende.

Mais en Espagne, la fête ne s´arrête jamais : la prestation est suivie d´un autre concert, d´un groupe de métal gothique très second degré (pas étonnant quand on s'appelle Los Motorzombies !) avec une reprise de "Ace of Spades" des Mötorhead en point d'orgue, puis d´une "Halloween party" oú jusqu´à 6h , toute l´assistance déguisée en morts-vivants et autres horreurs se déchaînera à slammer et danser sur un merveilleux DJ set de punk-rock! Qu´est-ce que j´aime cette ville, qu´est-ce que j´aime l´Apolo!
Ladytron et l´esprit de Barcelone, ou les ingrédients d´une nuit exceptionnelle.


Exceptionnel ! !   19/20
par Vamos


  Tracklist :

Black Cat
Ghosts
Runaway
High Rise
Predict The Day
I´m Not Scared
True Mathematics
Season Of Illusions
Burning Up
International Dateline
??????
Deep Blue
Playgirl
Seventeen
>>>
Kletva
Destroy Everything You Touch


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