Grandaddy

Last Place

Last Place

 Label :     30th Century 
 Sortie :    jeudi 02 mars 2017 
 Format :  Album / CD  Vinyle  Numérique   

Kevin Garcia, le débonnaire bassiste à voix d'ange de Grandaddy, n'aura jamais l'occasion de lire cette chronique. Non pas que ça aurait changé sa vie, mais c'est après avoir appris son décès soudain que j'ai réalisé qu'aucun XSilencieux ne s'était encore penché sérieusement sur ce nouvel album pourtant tellement attendu.
Il y a un peu d'un an, alors qu'il partageait la scène du Trabendo avec ses potes de Giant Sand, Jason Lytle annonçait à un public à la fois médusé et enchanté qu'il allait jouer un extrait du prochain album de Grandaddy. Le groupe était séparé depuis la sortie en 2006 du précédent, Just Like the Fambly Cat, qui bien que comportant quelques joyaux, donnait un peu le sentiment que le groupe tournait en rond après deux chefs d'oeuvre et un Sumday déjà un cran en dessous.

"Et alors ? Il est comment cet album ?", se dit le lecteur barbé par cette longue mise en contexte. Premier indice : je me le suis approprié beaucoup plus facilement que son prédécesseur, dans lequel je peine toujours à trouver des repères après pourtant pas mal d'écoutes. Les trois premiers morceaux, notamment, sont à adhésion instantanée, mais la plupart des chansons vous collent à la tronche après quelques écoutes. Last Place est définitivement un album de Grandaddy : un cocktail unique et improbable de power pop US sucrée et compacte façon Breeders, de voix plaintives entre Neil Young et Belle & Sebastian et de nappes de synthés hors d'âge rachetés aux Moody Blues. Il n'y a certes pas l'atmosphère irréelle qui faisait la beauté des deux premiers albums du groupe, mais il se dégage une sérénité et une fluidité assez bluffante. Il se rapprocherait plutôt de Sumday, qui comme celui-ci s'essouffle un peu sur la fin. Une fin d'album qui évoque également Dept. of Disappearance, l'album solo de Jason, avec des morceaux plus doux, dont un hymne en puissance aux slackers de tous les pays : "That's what You Get from Getting out of Bed", quelque part entre Elliott Smith et Ten CC. Définitivement pas le morceau à écouter le matin avant d'aller bosser.
Dans d'autres circonstances, retrouver le groupe à ce niveau aurait laissé entrevoir une suite de carrière prolifique, mais à ce stade, on souhaite simplement que le groupe va se remettre de la disparition d'un de ses piliers. En espérant que le titre de cet album ne soit pas prémonitoire...


Très bon   16/20
par Myfriendgoo


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