Buzzcocks

Ris-Orangis [Le Plan] - mercredi 04 mai 2016

Pendant que la génération d'avant (Dylan, Macca, les Stones, les Who, Neil Young et Roger Waters) prépare son festival-testament pour cet automne à Coachella, Californie, les vétérans de la génération suivante continuent d'écumer les petites salles européennes. Ici en l'occurrence, le Plan, écrin planqué au beau milieu de l'Essonne, entre autoroutes, barres HLM et centres commerciaux. Je n'y étais venu qu'une fois, en 94, pour voir un vétéran d'une autre scène punk : Henry Rollins. Le décor a changé depuis : un nouveau lieu plus fonctionnel avec un grand parking. Une SMAC typique qui ressemble étrangement à sa consœur nîmoise Paloma, surtout avec cette météo estivale.

La première partie est plutôt bien assurée par des français énergiques et lookés Ramones, les Psychotic Monks. Ça sonne très bien, entre BRMC et Queens of the Stone Age, même si les compos sont un peu en dessous.
Le temps d'aller boire une pinte sur le parking au soleil couchant et les premiers accords résonnent dans la grande salle : ce son agressif et aigrelet caractéristique des Buzzcocks. On rentre en trombe pour découvrir quatre anglais défraîchis. Le premier d'entre eux, Pete Shelley, petit bonhomme bedonnant et débonnaire, enchaîne ses tubes pop-punk avec flegme. Ne comptez pas sur lui pour faire le show, il laisse sa musique parler pour lui. L'autre guitariste-chanteur, Steve Diggle, revêtu d'une élégante chemise à pois, fait le show pour deux, école Pete Townshend : pied sur le retour, moulinets, poses provocatrices, le vieil anglais fripé met le public dans sa poche avec sa générosité et son humour. La section rythmique n'est pas en reste, bétonnant avec assurance derrière les deux guitar heroes qui se partagent le chant, les chœurs et les killer-riffs. Certes, il y a des baisses de tension, qui m'ont même fait craindre à la fin du set que l'enthousiasme du public ne soit pas suffisant pour obtenir un rappel ; et puis aussi ces moments un peu étranges durant lesquels Pete se tourne vers le batteur pendant que Steve chante, rappelant un certain J Mascis de sinistre réputation...

Mais surtout, il y a les tubes : "Fast cars", "Autonomy", et puis ce rappel-assommoir : "What Do I Get", "Orgasm Addict", "Ever Fallen in Love". C'est d'abord pour ça qu'on vient les voir, ces Beatles du punk, et rien que pour ça on est vraiment heureux d'y être.


Très bon   16/20
par Myfriendgoo


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