Jesu

Paris [La Locomotive] - lundi 03 décembre 2007

Rendez-vous des gothiques et des métaleux, avant d'organiser d'autres soirées d'un autre genre, et généralement pour un autre public, la Loco est un haut lieu de concert sur Paris.
En attendant le début, pour éviter de s'ennuyer, on fouine parmi les cartons de CD : Isis, Neurosis, Earth, Red Sparowes, Nadja, OM etc... ça fait passer le temps. Et puis si on nous avait dit qu'on écouterait les excellents Opeth à la Loco !
Les premières parties ne volent pas bien haut, tout juste permettent-elles de faire passer le temps, parfois péniblement. C'est que désormais, on est venus voir Jesu sur scène. La dernière fois que Justin Broadrick avait présenté son projet quasi-solo, c'était en étant la première partie de Isis (excusez du peu). Aujourd'hui, c'est Jesu qui est en tête d'affiche. Et c'est un moindre mal, tant son dernier album en date n'a eu aucun mal à s'imposer comme un des tous meilleurs, au cours d'une année plutôt pâlichonne en terme de production.
Tout le monde parle de Jesu, même les Inrocks, pourtant formation de métal à l'origine, c'est dire de l'aura que dégage cet homme. Il faut dire aussi qu'un groupe de métal intellectuel au point de citer My Bloody Valentine comme principale influence, ça ne court pas les rues.
D'ailleurs du métal, Justin n'en gardera que les guitares hyper lourdes, pesantes, ralenties et saturées. Pour le reste : on nage en pleine stratosphère.
Pas de grognements ici, ce n'est pas la peine de se travestir, comme pas de cheveux longs non plus, juste des cheveux très courts et un tee-shirt blanc (une hérésie !), Justin ne fait que susurrer. Voix légère qui survole les guitares. Répétitives mais enchanteresses, assurant des changements de texture très subtiles, elles enchaînent les riffs avec une fluidité parfaite. L'effet d'évanescence prend instantanément, conforté par la stature statique des musiciens, hormis quelques hochements de tête, repris par le public (qui fut bien éparse d'ailleurs) en un mimétisme langoureux.
La tête doucement bringuebalée de haut en bas, on glisse progressivement vers un flou de lumières, parfois aveuglantes, de chaleurs et de bourdonnements. C'est que le rythme est indolent et les riffs balancés selon une cadence lente. Les légers samples, qui font souvent la grâce des mélodies, sont chatouillant, virevoltent et surnagent par-dessus ce mur du son enveloppant.
C'est comme si on écoutait du métal mais derrière des murs calfeutrés, la tête dans l'oreiller ou bien plongé dans l'eau. Les distorsions deviennent alors des remous dans un bain moussant.


Parfait   17/20
par Vic


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