Sleater-Kinney

Sleater-Kinney

Sleater-Kinney

 Label :     Chainsaw 
 Sortie :    dimanche 25 juin 1995 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Nous sommes en 1994, pas très loin de Seattle, à Olympia, plus exactement. Olympia est la capitale du mouvement Riot Grrrl et l'Evergreen State College est son temple. Carrie Bronstein et Corin Tucker se connaissent mais avec deux ans d'écart, ne sont pas dans les mêmes classes. Carrie joue dans un groupe de queer core Excuse 17 tandis que Corin est avec Heavens to Betsy plus proche des Riot Grrrl. Elles décident de fonder Sleater Kinney comme un side project qui devient définitif quand leurs groupes respectifs tombent à l'eau. Comme batteur, il y aura Misty Farrell, et Toni Gogin, mais rien de récurrent.

En 95, brièvement impliquées dans une relation plus intime, Corin et Carrie partent passer quelques temps en Australie et c'est là, à Melbourne, dans le studio de Nick Carrol, qu'elles enregistrent leur album éponyme avec l'aide de Lora McFarlane, une multi instrumentiste, à la batterie. De retour au pays, c'est avec l'aide de Tim Green qu'elles s'occuperont des derniers détails pour le compte du label Chainsaw, un label indépendant qui produit essentiellement des groupes queer core : la légende peut commencer.

Pourtant, ce qui deviendra un groupe emblématique de la scène indé féminine, n'en est à ce moment qu'un petit groupe un peu brouillon au line-up pas encore précisément défini. L'album en lui-même est un brulot punk rock de 22,45 minutes exactement dont la plupart des titres oscillent entre 1 et 2,30 minutes.

Sur cet album, les vocalises de Carrie sont encore très timides, mais les deux guitaristes sont déjà en phase sur un jeu de guitares qui se répondent constamment. Pas de basse : Corin joue un ton en dessous et assure principalement la rythmique. La batterie est plate, hésitante et les lignes de guitares restent monotones. Pour corser le tout, la voix de Corin monte très haut dans les aigües et n'a pas encore à ce moment-là, la maturité et la maitrise révélée plus tard. Tout au plus a-t-on l'impression d'entendre des miaulements énervés.

Au final, le premier album de Sleater-Kinney se montre plutôt décevant mais prometteur, comme à l'écoute de "The Day I Went Away" ou "A Real Man" et surtout ne préfigure pas l'énorme évolution que sera Call The Doctor, un an plus tard. Cet album ressemble à une démo de qualité moyenne, typique des enregistrements Riot Grrrl de l'époque ou le message était beaucoup plus important que la maitrise des instruments. Il fallait crier et jouer fort : une démarche fondamentalement punk, mais pas suffisante encore pour vraiment convaincre.


Passable   11/20
par Palikao


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