Trust

TRST

TRST

 Label :     Arts & Crafts 
 Sortie :    mardi 28 février 2012 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Comment un album à la pochette aussi... Repoussante pouvait-il figurer dans plusieurs tops de l'année 2012 ? C'est la question que je me suis posé , à la vue de ce travelo outrageusement maquillé dans un style purement gothique.

TRUST est, à l'origine, un duo canadien dont l'élément féminin, Maya Postepski, est avant tout connue comme étant la batteuse d'Austra, groupe qui pratique une synth-pop-électro relativement minimaliste, entraînante et éthérée, parfois nimbée de passages acoustiques, et rendue lyrique grâce à un chant féminin qui en impose. La lignée musicale du groupe qui nous intéresse ici n'est pas sans liens, tout en jouant sur des contrastes variés donnant au final un caractère à la fois hédoniste, transgressif et tourmenté à sa musique.
L'atmosphère, à la fois glauque et planante s'appuie sur une texture sonore assez mat est renforcée par un chant androgyne, à la fois guttural, funèbre et précieux, dans une lignée très cold wave. Mais si on navigue ici dans des territoires quelque peu obscurs, il n'en demeure pas moins que Trst dégage aussi des relents sensuels voire sexuels (il est relativement fait allusion au sexe dans les lyrics). Et si le propos est fortement teinté d'une mélancolie poisseuse, quelques lueurs d'espoir, voire même presque de joie viennent parfois à percer sous les nuages (comme sur le refrain de "Heaven" ou encore le rythme enjoué et presque souriant de "Sulk").
Le rythme des morceaux, insufflé à la fois par des drums entreprenants et un jeu de synthétiseur bluffant et pénétrant, est assez varié, parfois solennel, lancinant et contemplatif comme sur l'envoûtant single "Candy Walls" ou encore le pachydermique "Heaven", mais le plus souvent dansant.
Car c'est avant tout d'une envie de faire danser dont-il est ici question, Trst lorgnant régulièrement sur l'électro, parfois sur la techno ( "Gloryhole", "The Last Dregs" ...) , l'EBM (, "Bulbform", "FTF", "This Ready Flesh") ou encore carrément la dance (le très entraînant et presque joyeux "Sulk", certains détours de "Chrissy E" avec son motif synthétique pompé sur Xfiles...).Le leader du groupe, Robert Alfons, qui ne cache d'ailleurs pas son goût pour l'euro-dance, décrit sa musique comme étant de la "dance émotionnelle".
Mais le point fort de l'album reste peut-être ses mélodies, insufflées à la fois par la ligne de chant et par les modulations du synthétiseur, autant mises en avant qu'en fond de toile. Et le déroulement de compositions bien construites, avec même parfois quelques détours inattendus, parachève de délivrer un album homogène, qui s'adresse tant au corps qu'à l'esprit, voire même au coeur pour qui parviendra à dépasser sa charge négative.

On ne pourra malheureusement pas en dire autant de l'album suivant, Joyland, sorti en 2014. Après le départ de Maya Postepski, TRUST ou plutôt Robert Alfons, évoluera vers une synth-pop bien moins originale , tourmentée et inspirée que sur Trst et aux influences dance beaucoup plus basiques.


Excellent !   18/20
par Slowdown


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