Mercury Rev

Deserter's Songs

Deserter's Songs

 Label :     V2 
 Sortie :    mardi 29 septembre 1998 
 Format :  Album / CD   

Groupe de noisy-rock obscur, on n'attendait pas grand chose de Mercury Rev avant qu'ils ne réalisent cet album, véritable tournant dans leur discographie. Ici, les ensembles de cordes et d'autres instruments plus ou moins rares s'invitent sur les morceaux pops, aux mélodies chatoyantes.
Dès l'ouverture avec la splendide "Holes", on comprend vite qu'on aura du mal à sortir d'un album comme celui-ci et la fonction repeat du lecteur cd prend ici tout son sens.
Car le voyage auquel nous convient Jonathan Donahue et ses convives ne se refuse pas. On a l'impression, au longs des douzes titres qui composent cet album, d'écouter la BO de nos rêves, 40 minutes hors du temps et de l'espace, seul avec Mercury Rev. Puis on se dit que ces chansons, on les a déjà entendu, avant de se rendre contre que c'est normal puisque elles ont toujours été là, au fond de notre inconscient, les mélodies naïves de "Tonite It Shows" et d'"Endlessy", les couplets entêtants de "Goddess On A Hiway"...
Bien sûr, on pouvait craindre, qu'avec une orchestration aussi riche et luxuriante, Mercury Rev allait se perdre dans l'emphase, le rock pompier. Et pourtant, il n'en est rien, contrabalancé par la voix fluette et fragile de Jonathan (qui chante parfois faux, mais a t-on déjà entendu quelqu'un chanter faux d'une aussi belle manière ?), les chansons gagnent en émotions et intensité, ce qu'elles perdent en pesanteur.
Et l'auditeur de décoller doucement pour ne plus toucher terre....


Excellent !   18/20
par Burette


 Moyenne 18.33/20 

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Posté le 27 juillet 2007 à 19 h 35

Voilà ce qu'on peut appeler un disque essentiel. Si je devais éditer une playlist des années 90, je placerais ce disque dans les dix premiers avec des groupes tels que Ride, Blur ou Oasis. C'est un disque hallucinant et halluciné à l'image de la voix de son chanteur. L'écoute du premier me donne d'entrée la chaire de poule. Dommage que ce titre soit placé en première place. Situé en milieu d'opus, il aurait mieux contribué à accentuer la traversée émotionnelle que l'on ressent à l'écoute de l'album.
Il est extrêmement bien produit et n'hésite pas à recourir à des instruments plutôt ringards d'un point de vue rock & roll : scies, flûtes et violons. Mercury Rev est un groupe qui s'inscrit dans la lignée de ces grands noms de la prog related : Kate Bush, Peter Gabriel, Blackfield... avec un soin particulier porté à l'émotion et la fantaisie. Voilà un disque cérébral et biologique à la fois, sobre et sophistiqué à la fois, proche d'un psychédélisme tout à la fois puissant et paisible.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 22 août 2011 à 19 h 07

Je ne connais pas du tout ce groupe, qu'on se le dise. Je me suis lancé dans l'écoute de cet album car j'ai eu l'occasion de lire des critiques élogieuses, étant d'un naturel curieux je me suis procuré ce qu'il convient d'appeler une belle trouvaille.
Deserter's Songs est un excellent album, où le groupe s'entoure d'une belle orchestration. On pourrait craindre que l'album se résume à un rock pompeux voire grandiloquent comme par exemple l'Arms Way du groupe Islands, mais il n'en est rien. Bien au contraire.
Mercury Rev nous livre de fait un album complètement libre, fou, décomplexé. La première chanson, "Holes", le montre bien. L'album débute par une chanson douce, mélodieuse, et la voix du chanteur rajoute une ambiance à tout cela. Car cette voix, il faut être pas mal décomplexé pour la mettre sur une chanson ayant une si belle orchestration. La voix de Jonathan Donahue est frêle, presque fluette, et même ce ne serait pas exagéré de dire qu'il chante faux. Et pourtant, ça passe, ça passe même merveilleusement. On entre volontiers dans cet univers candide.
Les deux compositions suivantes sont d'une niaiserie éthérée exquise, voire jouissive. On se croit dans un monde de fées, qui pourraient composer les choeurs d'"Endlessly" (dont un pont musical a des relents de berceuse dont je n'arrive pas à me rappeler). Donahue peine encore pour poser sa voix, mais c'est charmant, charmant comme un gosse espiègle qui chante. Pourtant, ces pistes ne sont pas simplistes, oh non, ne nous y trompons pas.
"I Collect Coins" est un interlude musical suranné mais plaisant, qui sert de transition avec la suite, moins féerique. Et là, on tombe sur... "Opus 40". Là, mes amis on tient une belle pépite. Cette chanson dure un peu plus de 5 minutes, mais on en tombe amoureux dès les 30 premières secondes. Elle me donne furieusement envie d'aller marcher dans la rue, empli d'une joie communicative. Après certes, on pourrait penser que la chanson tire en longueur, et demeure un peu désuète (rien de révolutionnaire là dessous, et même les choeurs et les passages à l'orgue me rappellent plus les 60s ou 70s que 98..). Fait intéressant, sur cette chanson, je trouve que Jonathan Donahue ne chante pas faux, comme quoi.
D'ailleurs, ce dernier cède le micro à Grasshopper pour "Hudson Line", chanson sympathique mais qui ne m'emballe pas plus que ça, l'orchestration étant bien différente du reste, et s'inscrivant mal, je trouve, dans l'album.
Après, nouvel interlude musical avec "The Happy End (The Drunk Room)" qui me plait énormément, tant elle me fait penser à une musique de donjon dans un jeu vidéo, avec son rythme long et lancinant. Le groupe semble quand même pas mal s'amuser pour pondre des morceaux comme ça, sans réelle prétention mais qui ravissent l'oreille. Et le reste de l'album défile sans que l'on s'en rende compte avec des compositions de la même veine qu'Opus 40 ("Goddess on a Hiway" "The Funny Bird" "Delta Sun Bottleneck Stomp"). Soulignons toutefois l'instrumental : "Pick Up If You're There" légèrement lugubre. On se place bien loin de la féerie des débuts, l'album est l'occasion de traverser beaucoup de sentiments divers.
Quel est le bilan de cet album alors? Et bien ce Deserter's Songs demeure une excellente surprise, un album recherché et pas mal maîtrisé, peut-être pas d'une cohérence infaillible, mais on s'en fout pas mal après tout. Si vous ne l'avez pas, c'est bien dommage.
Excellent !   18/20







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