My Morning Jacket

Okonokos

Okonokos

 Label :     ATO 
 Sortie :    mardi 26 septembre 2006 
 Format :  Live / CD   

Rien de pire que de découvrir un groupe avec un disque live. Il nous manque toujours les bases des compositions, l'ambiance développée sur les disques, le son proposé, l'homogénéité entre les albums...
Après quatre disques, dont un précédent la tournée, Z, ayant eu un certains succès d'estime, My Morning Jacket décide de montrer au monde entier (façon de parler) ce dont ils sont capables en live, et au Filmore de San Francisco s'il vous plait.
Le quatuor prend en effet un peu plus d'ampleur ces deux dernières années, ouvrant d'ailleurs les concerts européens de Pearl Jam.
Il était l'heure du show, du disque, un vrai, un bon, un double.

Découvrir un groupe avec un disque live est risqué donc, car l'on espère que ce dernier ne soit pas trop médiocre, qu'il puisse susciter chez nous assez de curiosité pour que l'on aille fouiller dans les disques studio précédents.
Les caractéristiques du disque sont tout d'abord une surprise. Deux heures, une moyenne de six minutes par titres, des pointes à huit, neuf, si ce n'est onze minutes. MMJ prend son temps, développe, groove, fait danser son public, (à la limite de la transe sur la fin), lequel exulte, crie, au rythme des improvisations, de cette extraordinaire reverb, de cette basse ronde comme les seins nus d'une jeune femme se baignant dans l'Atlantique et à faire exploser les têtes du premier rang.

Malgré la longueur du disque, Okonokos est dense ; malgré les improvisations et les nappes sonores tissées, le groupe ne s'égare pas une seconde. My Morning Jacket fait résonner la musique
Après avoir ouvert le concert avec les trois premiers titres de Z, le groupe entre dans le vif du sujet avec "One big holiday" véritable pépite montrant les capacités du groupe à faire exploser littéralement une salle. Car MMJ se résume par une opposition, un contre-sens permanent ; une force de frappe impressionnante, aventureuse, presque épique (moyenâgeuse et rurale on a envie de dire, des bourrins quoi), contrastant avec un univers cristallin et éthéré, celui du Floyd période "pré-Echoes", avec orchestration et rythmes entêtant. La fabuleuse "Dondante" par exemple, ouvrant le second disque, nous renvoie 40 ans en arrière, à "Careful with that axe, Eugene", à la basse glauquissime de Waters et au son à la fois cristallin et agressif de la Strat de Gilmour.
Le grand cirque peut alors continuer avec le piste suivante, "Run thru", où la prestation vocale de Jim James se fait carrément hallucinante. A la fois rugueuse et roublarde comme celle d'un chanteur de country, elle traverse sans peine les deux heures de live proposées.
Le son, enfin, procure un réel plaisir, celui d'une ambiance d'une salle concert, sans trop en faire (les applaudissement de dix minutes entre chaque piste chez Jarrett), tout juste pour entre-apercevoir le témoignage d'une expérience live.

Trop souvent considéré comme le Radiohead américain, (même talent, mais plus modeste) My Morning Jacket possède sa propre richesse, ses propre codes, son identité profonde, son langage. Ils ne jouent pas de la musique, ils la transcendent, sans cesse, inlassablement. D'ailleurs écoutez, elle résonne encore dans vos têtes.


Excellent !   18/20
par Reznor


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