Firewater

The Man On The Burning Tightrope

The Man On The Burning Tightrope

 Label :     JetSet 
 Sortie :    mardi 17 juin 2003 
 Format :  Album / CD   

The Man On The Burning Tightrope, le déjà quatrième album des excellents Firewater, démontre une fois de plus que le rock indie est décidemment imprévisible, ouvert à toutes les influences, et que pour réaliser un bon disque il n'y a pas de recette qui tienne. Dès l'intro de l'album, sobrement nommée "Fanfare", les dés sont jetés et l'on comprend que le voyage qui nous attend nous fera passer par un nombre impressionnant de contrées musicales et d'univers sonores très différents, réunis ici en un kaléidoscope électrique : cirque, fête foraine, klezmer, jazz, musique latino, gipsy punk, etc. La grande variété de ces influences s'exprime dans la diversité des instruments originaux qui se font les uns après les autres entendre sur les morceaux : orgue de barbarie ; piano désaccordé ; bouzouki électrique et même des castagnettes sur "Dark Days Indeed".
Comment imaginer une seconde que Tod A, ancien bassiste de Cop Shoot Cop, groupe issu de la scène rock-noise new-yorkaise, recelait ces talents de songwriting inspirés. Car à l'écoute de ce M. Loyal à la voix rauque – véritable trait d'union entre les divers morceaux de cet album – on se surprend à dévaler des montagnes russes, entamer une danse avec la femme à barbe ou la lanceuse de couteaux, ou trembler pour des acrobates inscrits aux alcooliques anonymes. Rappelant par moments l'univers éclectique de Tom Waits avec un titre tel que The Dog And Pony Show, ce disque sait également revenir à des morceaux rocks aux standards plus traditionnels qui groovent en diable grâce à la présence d'une section de cuivres bariolés comme sur "Don't Make It Stop".
The Man On The Burning Tightrope n'est pourtant pas un disque festif mais traîne une mélancolie à fleur de peau particulièrement marquée par le son râpeux de la guitare d'Oren Kaplan en provenance de Gogol Bordello. Le titre Too Many Angels est de ce point de vue particulièrement réussi avec sa superbe mélodie traînante qui nous rappelle le carrousel perdu de notre enfance. D'ailleurs, en parlant de Gogol Bordello, l'univers gipsy punk propre à ce groupe est encore souligné par la présence à la batterie, et à la production, de Tamir Muskat qui a déjà collaboré avec bon nombre de ses musiciens.
Donner une unité à cet ensemble disparate pouvait sembler fort périlleux, mais, à l'image de la pochette de l'album, ce disque est un véritable numéro de funambule qui parvient à trouver son équilibre et son entrain pour nous proposer une musique que l'on aimerait entendre accompagner un film déjanté tenant à la fois de Jarmush et de Fellini.


Très bon   16/20
par Adishatz


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