Qui

Love's Miracle

Love's Miracle

 Label :     Ipecac 
 Sortie :    mardi 11 septembre 2007 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Comme d'autres fans du Sieur Yow, j'attendais, de pied ferme, et l'écume aux lèvres, d'écouter sur disque son nouveau groupe. Serait-il toujours atteint de cette folie exutoire communicative ? Les vidéos de concerts donnés récemment aux Etats-Unis, circulant sur le net, avaient déjà de quoi bien rassurer: à presque 50 balais, on le voit toujours là éructant, vomissant son whisky et ô combien généreux... se coupant les cheveux pour les offrir aux masos du premier rang !
Mais une mise au point semble nécessaire: Qui ne se réduit pas à être "son nouveau groupe", il a en fait rejoint deux furieux jeunes loups (qui ont déjà enregistré un album en 2003) biberonnés à toute la panoplie du bruit articulé (noise, metal, stoner, prog', punk...). De fait, les neuf chansons de l'album ont été enregistrées, par intermittance, sur presque trois ans et Yow ne les accompagne que depuis un an. Pas de souci pour la cohésion de l'ensemble, la production brute de l'album donne une réelle spontanéité aux compos.
En guise d'ouverture, la déflagration de l'intro explosive d'"Apartment" vous souffle littéralement et c'est ensuite au tour de riffs plombés façon Melvins de vous faire courber l'échine, avec dessus un chant naïf totalement décalé (du batteur), puis ça bastonne encore plus lourd... Ce morceau est une tuerie incroyablement jouissive ! Après un "Today, Gestation", malsain à souhait, évoquant le Jesus Lizard de Blue, "Gash" ne vous laissera aucun répit et il sera bien difficile de ne pas éjaculer déjà dans votre joli pantalon: un riff stoner, qu'on croirait piqué au ...and The Circus Leaves Town de Kyuss, vous chatouille là où c'est bon et alterne avec des plans lizardiens. "Freeze" enfonce le clou, ou plutôt le pieux, avec un David Yow omniprésent et vociférant comme au bon vieux temps. Puis changement de décor sur "New Orleans" et "A#1", avec une ambiance plus éthérée, le meilleur du prog' est cette fois-ci convié ("New Orleans" et son intro pouvant évoquer King Crimson). On constate alors que le jeu du guitariste est très riche: imaginez un son type Melvins accouplé à celui de The Jesus Lizard (certains plans sont plus qu'explicites: sur "Belt" notamment, un riff de Cronk est un vrai clin d'oeil à l'un des solos de Denison !) avec Devo et Kyuss en invités surprise !
Bref, cet album ravira les amateurs de rock burné et stylé, avec un son finalement assez original, une fois les premières comparaisons digérées ! Ah, j'oubliais, deux reprises excellentes: "Willie the Pump" de Zappa, envoyée très punk et sans le solo de sept minutes de l'originale, et "Echoes" de Pink Floyd, colossale (et émotionnellement plus forte) mais avec un chant assez fidèle.
Tout ça pour un premier essai (avec Yow) laisse présager le meilleur pour la suite... l'avenir appartient à q(Q)ui ?


Excellent !   18/20
par Piment


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