Arnaud Michniak

Poing Perdu

Poing Perdu

 Label :     Ici D'Ailleurs 
 Sortie :    mardi 26 juin 2007 
 Format :  Album / CD   

Scotché devant le Club Dorothée pendant que Diabologum officiait encore, j'ai découvert ce groupe ainsi que Programme il a y environ trois ans, en première. On peut dire que j'ai franchi un cap musicalement et intellectuellement au moment où j'ai découvert ces artistes.
Si l'on est réceptif un tant soit peu à cette musique, on ne peut rester le même après son écoute. Mes goûts littéraires, cinématographiques et surtout musicaux ont évolué, ma façon de penser est devenue autre. Aimer Arnaud Michniak (moitié de Diabologum) ; c'est vivre quelque chose, seul, dans son coin, car rare sont les personnes qui connaissent et surtout qui apprécient sa musique. Cette dernière ne nous sépare pas des autres uniquement par son écoute mais aussi par la réflexion qu'elle engendre. C'est la fin de l'adolescence.
À l'annonce d'un nouvel album d'Arnaud Michniak. C'est le rêve de pouvoir vivre à mon tour la sortie d'un grand album, pensant que je ne pourrais jamais rien entendre de nouveau de lui après l'arrêt de Programme, et surtout le voir en concert. Après cette introduction totalement égocentrique, mais qui me paraît importante pour montrer l'importance qu'un artiste peut avoir sur notre vie, je passe enfin à la critique de l'album.
Déçu au premier abord par le faible nombre de pistes, la moitié étant déjà connue, je suis vite rassuré par la qualité générale de l'album.
Tout commence par le titre "Poing Perdu", dont on retrouve deux versions différentes dans l'album. Le morceau débute par le bruit d'une radio, puis est poursuivi par des nappes electros, des samples et des bruits étranges, pas trop de changement par rapport à Programme, puis vient une guitare hypnotique, suivi d'une sorte d'orgue qui l'est tout autant. On se laisse emporter, On dirait qu‘Arnaud Michniak ne cherche plus à crée le malaise dans sa musique, plutôt à nous faire sombrer dans une sorte de rêve ou de coma 'mes rêves sont la prison que j'aime'. C'est exactement le sentiment qui se dégage à l'écoute de cette chanson. Les paroles se réfèrent à des questionnements métaphysiques déjà récurrents chez Programme, la désillusion, les autres, son altérité ou l'existence, thèmes qui traversent tout l'album. Le gros changement arrive lors de la deuxième piste "J'attends" une guitare présente sur toute la chanson ; un texte toujours aussi bon, mais plus direct plus 'simple' et à la troisième chanson, on se croirait carrément a la bonne époque de Diabologum avec un riff nous rappellent "365 Jours Ouvrables" et un sens de la formule et du slogan nous rappelant directement le groupe suscité, de plus ayant vu l'artiste en live, il prends vraiment son pied a jouer ses nouveaux titres sur scène. Arnaud Michniak nous pond avec "Mille Voix" un 'tube'. Dans la même veine énergique et rock ; s'en suit le dévastateur "Mourir Idiot", titre ironique qui prend a contre-pied ; à rebrousse poil, nous contant une réalité que beaucoup veulent se cacher, avec un sens de la repartie qui fait toujours mouche 'les formules n'ont pas changé le monde, elles ont lavé les mots' avec un phrasé plutôt slam vraiment excellent, cette chanson dans le thème me fait, penser, tout proportion gardée, à certains titres du Goût Du Jour. L'artiste semble vouloir retourner au rock, cela lui fait plaisir et à nous aussi. S'en suit deux titres plus dans le style de Programme, tout d'abord "Je Suis Le Peuple Sans Visage" déjà connu des fans du chanteur pour être sur un album de Dj Rupture, mais cette version est pour moi bien au-dessus, un morceaux vraiment touchant, où l'artiste une fois encore arrive à trouvé "les mots" qui nous parlent, les maux de la société et surtout les nôtres, une qualité dont peut de gens sont capables. Puis ensuite arrive la suite de Poing Perdu, on retrouve cette même guitare et ce son d'orgue, si Arnaud Michiak se remet au rock sur cet album, il poursuit également son travail plus expérimental et électronique et les trois versions différentes du morceau Poing Perdu sont loin d'être du remplissage.
Retour au rock avec un des meilleurs morceaux de l'album A Travers Les Gens Comme Au Fond De Moi des paroles simples mais touchantes qui nous narrent la difficulté de communiquer avec nos contemporains, par notre altérité commune qui nous empêche de pouvoir nous parler vraiment. D'ailleurs le thème d'autrui est un thème majeur de cet album.
L'album se finit sur le dernier morceau "Poing Perdu" par une phrase assassine : 'j'ai mal vécu mais je l'ai fait sérieusement'. La boucle est bouclé, " je ferme la marche".
Je n'ai pas parlé du film d'Arnaud Michniak, Appelles Ça Comme Tu Veux qui a évidemment un rapport avec cet album, mais j'ai préféré prendre la production sonore pour ses qualités intrinsèques. Je conseille bien sur l'acquisition du dvd et surtout de voir la performance "films/slams/sons". Avec cet album, le toulousain nous revient en grande forme, nous montrant qu'il peut encore faire du très bon rock dans la lignée de Diabologum (bien que cela reste avant tout du Arnaud Michniak avec son style bien à lui) en retrouvant cette façon de faire des 'slogans', des phrases qui marquent ou de manipuler l'ironie, qualités déjà présentes dans Programme mais de façon beaucoup plus froide (rien de péjoratif bien au contraire). Mais il ne faut pas oublier la partie plus électronique du disque, où Michniak s'avère vraiment un excellent créateur d'atmosphère avec des paroles parfois plus surréalistes à la manière de Non-Stop. Un album qui n'augure que du bon pour la suite et devrait peut-être enfin permettre à Arnaud Michniak d'avoir la reconnaissance d'artiste majeur qu'il mérite.


Parfait   17/20
par Paranoidandroid


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