Joy Division

Closer

Closer

 Label :     Factory 
 Sortie :    1980 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Enregistré peu de temps avant la mort de Ian Curtis, ce disque est d'une force incroyable. Même aujourd'hui, plus de vingt après, Closer conserve une tension presque palpable. L'ambiance du disque est mortuaire, la voix de Curtis y est hypnotique, plus que sur les autres disques du groupe. "Atrocity Exhibition" ouvre magistalement le bal, avec sa ligne de basse angoissante et sa guitare dissonante. "Isolation" est un prémice électronique au futur New Order. "A Means To An End" et le ravageur "24 Hours", avec leur impressionnante rythmique martiale, sont deux des meilleurs morceaux de Joy Division et atteignent une noirceur rarement égalée depuis. "The Eternal" et "Decades", titres d'une beauté rare où des claviers omniprésents créent une ambiance ténébreuse, clôturent ce disque qui reste la référence ultime de la cold wave.


Excellent !   18/20
par X_Elmo


 Moyenne 19.14/20 

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Posté le 23 octobre 2003 à 17 h 49

Salut j'ai 25ans et c'est la première fois que j'écoute un album de Joy Division (Closer) et je le trouve totalement mortuaire ! Ca sent la fin de vie, la mélancolie et le désespoir mais quand même quel album de rock !!!
Parfait   17/20



Posté le 02 novembre 2004 à 10 h 38

Cruelle question, quelle note attribuer ? le 20/20 en art n'étant à mon avis pas de ce monde, je serai tenté de mettre 19. Cependant, cet album est réellement intemporel. Il est des ces disques qui valent plus que des dizaines d'années de carrière de certains groupes, qui sont un mouvement musical à eux tous seuls, et Closer est de ceux-là. Le début de l'album reprend les choses là où Unknown Pleasures les avait laissées: le grand tourment, Curtis se débattant rageusement contre ses démons ("Atrocity Exhibition"), puis dès "Isolaton", on sent comme un changement, une première forme de résignation, qui se confirme: on assiste à la victoire progressive de la mort sur la vie, comme en témoignent les très lointains "The Eternal" et "Decades", qui cloturent avec un extraordinaire détachement cette oeuvre effectivement mortuaire, noire, que certains qualifieront de glauque, mais le rock, ça ne peut pas tout le temps être les Beatles.

Et même malgré "Heart And Soul", modèle de minimalisme et une des plus grande rythmique de l'histoire du rock, ça ne sera quand même que 19 !
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 31 mars 2005 à 15 h 41

"Where have they been".

Tels seront les derniers mots chanté, comme un testament, par Curtis au crépuscule de sa vie. Laissant l'auditeur K.O et vaincu, lui qui vient de se prendre "Closer" en pleine figure ...
Sombre, angoissé, le chant n'a jamais tutoyé la mort d'aussi près.
Dès "Atrocity Exhibition", on sait déjà qu'il n'y aura plus de lendemains qui chantent.
Les atmosphères menaçantes de "Colony" ou "Heart & Soul", avec sa batterie affolée, enfoncent le clou, et renforcent ce sentiment de claustrophobie. On est alors comme happé,saisi par cette noirceur. Effrayé et pourtant attiré par on ne sait quoi ; un peu à la manière de ces enfants téméraires qui mettent les doigts dans le feu pour voir si ça fait mal.
De longues plaintes comme "Passover" en chants incantatoires tel " Eternal", Joy Division défriche des terres inconnues et dépaint à coup de basse vrombissante et de claviers mortifères, une atmosphère de fin de règne.
Règne du punk,déjà mort avant d'avoir existé, tué dans l'oeuf par ce disque qui montre déjà la voie à suivre pour plus tard. Cure n'attendra qu'un mot pour prendre le relais.

Au fil de l'album, on sent de plus en plus la voix de Ian Curtis se fragiliser. Il chante déjà dans le lointain, de là où on ne revient pas. Astre mort mais dont la lumière arrive encore à nous parvenir belle et aveuglante.
Ce disque est tout ça et même encore plus.
Lorsque la grâce rencontre l'éternité, elle fait naître des chefs-d'oeuvre comme "Closer".
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 02 février 2006 à 23 h 14

Quel album !
Un grand et vrai choc musical.
Tout d'abord Ian Curtis. Un immense génie qui chante comme un possédé, entre ses crises d'épilepsies comme si rien ne pouvait l'arrêter. La fin de l'album est d'ailleurs révélatrice. Ce n'est pas juste la fin d'un album, c'est un testament, la fin d'une vie! Quand on pense qu'il se suicidera juste avant la tournée de Closer, on se dit qu'il y a vraiment quelque chose de divin, de prémonitoire.

Et puis Peter Hook à la basse. C'est tellement rare que ce ne soit pas un guitariste ou un batteur sur le devant. Non, la ce sont les synthés ultra cold wave et la basse ravageuse de Hook. Le début de"Isolation" est révélateur. Cette basse influence encore aujourd'hui de nombreux groupes comme Interpol.

Cet album est intemporel, et si fort...
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 31 janvier 2007 à 11 h 39

Il semblerait que la route plus ou moins sinueuse de la pop, au sens large du terme, ait radicalement basculé à la sortie de Closer. Dorénavant elle traverse d'autres paysages aux couleurs (et plaisirs !) inconnues ... mais cela reste une hypothèse.

Joy Division est un groupe particulier et malheureusement trop enfermé, à mon avis, par la fin tragique de Ian Curtis. Il est intéressant de se demander si le groupe aurait bénéficié du même mythe sans ce drame. Pour ma part je pense que oui. La courte vie du groupe n'a pas empêché une production géniale et bouleversante, Closer étant son apothéose. La voix caverneuse de Curtis, la poésie des textes, la basse mélodique, la guitare tendue, le tout cadré par une rythmique quasi tribale est une alchimie parfaite et une référence incontournable pour les amateurs de post-punk

Closer est le chef-d'oeuvre absolu du groupe et semble étrangement moins influent sur les nombreux groupes actuels se réclamant de cette période que les premières productions de Joy Division au son plus punk.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 18 février 2008 à 16 h 23

L'histoire est connue de tout le monde: le 18 mai 1980 se suicide Ian Curtis, chanteur épileptique de Joy Division.A l'aube d'une tournée aux Etats-Unis et après seulement deux albums studios, Joy Division n'est déjà plus que du passé. Deux mois plus tard, en juillet 1980, sort Closer, album d'une rare beauté (enregistré en 12 jours) qui est leur second et ultime album. Celui-ci pourrait constituer l'équivalent musical de L'Enfer de Dante. Tout, ici, est vide ; la musique est un labyrinthe glacial sans issue, les titres saisissent l'auditeur à la gorge, le sol se dérobe. L'écoute de cet album est une expérience marquante, qu'il convient d'aborder avec les précautions adéquates.

L'album débute par "Atrocity Exhibition" - qui tire son nom d'un roman de J.G. Ballard - , longue plainte d'une violence inouïe. "Isolation" et son refrain scandé tel un mantra, claquent comme une sordide mise en garde : 'I'm doing the best I can /... I'm ashamed of the person I am'. Curtis est habité, les mots sont propulsés du plus profond de son âme par la force du désarroi. Tout ce qui suit n'est qu'une kyrielle de questionnements, de tourments, de pureté. Tout est déjà terminé dès que retentissent les premières notes de "Passover". Le combat est d'ores et déjà perdu, il n'y a plus rien à attendre. L'ambiance se fait incertaine, tout est plus nauséeux encore; les titres des chansons constituent les épitaphes parfaites pour un homme rongé par ses tourments. Disque déprimant, angoissé, dans lequel la détresse n'a de cesse d'être présente, Closer est capable de faire sombrer l'auditeur dans une hypnotique mélancolie, parfois même de le pousser vers d'amères réflexions.

La batterie est un parfait métronome, nous faisant songer à la fuite irrépressible du temps. La basse tresse des mélodies entêtantes amenant peu à peu l'auditeur vers l'aliénation. La guitare dessine des paysages musicaux désolés. Le tout est soutenu par la voix caverneuse de Ian Curtis qui semble déjà avoir quitté les lieux ; car ce n'est plus que l'écho de sa voix qui nous parvient, ses paroles continuant de nager dans l'air, comme sur "Heart & Soul".

Les deux dernières pistes, "The Eternal" et "Decades", parfois proches de l'insoutenable, semblent avoir été composées en vue d'une marche funèbre. L'album se termine par ces mots: 'Where have they been ?' et les Divisions De La Joie abandonnent l'auditeur, le laissant seul face au gouffre, seul avec lui-même, face à un mur de questions. Disque noir, angoissé, Closer est l'ultime frontière avant le vœu final d'abandonner la condition humaine, l'album d'une mouche prise au piège dans une toile où il est impossible de s'échapper.

En résumé, nous voilà en présence d'un véritable chef-d'œuvre, capable de poursuivre l'auditeur même lorsque celui ne l'écoute pas. Telle est la force de cet album...
Intemporel ! ! !   20/20







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