Slint

Slint EP

Slint EP

 Label :     Touch And Go 
 Sortie :    1994 
 Format :  Maxi / CD  Vinyle   

Sorti après les 2 uniques albums de Slint, ce EP est énorme.
Pourtant, 2 titres seulement le compose: 2 instrumentaux d'un peu plus de 6 minutes chacun... 2 merveilles de tension, de beauté à l'état pur, beauté froide et lugubre, presque damnée... La frustation, la rage, la colère et le désespoir naissent et nous envahissent sur le premier morceau, pour mieux éclater sur le deuxième, sans pitié, avec une puissance terrifiante, nous laissant finalement vides de tout sentiment, de toute volonté, épuisés...
Un disque machiavélique. Une oeuvre phare.


Exceptionnel ! !   19/20
par X_Shape104


 Moyenne 19.50/20 

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Posté le 27 juillet 2007 à 09 h 18

Slint m'avait laissé, au bout de "Good Morning Captain", avec un trou dans le ventre, époumoné après avoir crié quatre fois 'I MISS YOU !' à la seule personne incapable d'entendre ce cri de douleur. Trois ans plus, Slint, revient, en instrumental, me faire encore plus mal. Mais du mal qui fait du bien, si vous voyez ce que je veux dire...

On sort le disque de son étui, aucune inscription dessus, on croirait un CD vierge que l'on va introduire dans son lecteur... Et tu vas voir, la virginité que tu vas prendre dans la gueule, mon Taki !

Avec une prise de son que je qualifierais d'hallucinogène, "Glenn", premier des deux concentrés d'apocalypse de cet EP, commence...

La basse se gonfle autour de superbes notes de guitare ensorcelée (de Dave Pajo, je suppose), la batterie prend une place que je l'ai rarement vu prendre, tantôt elle appuie les coups de pression que met la musique de Slint, tantôt elle semble vouloir atténuer les baffes que les deux guitares viennent asséner au pauvre auditeur autour de ces harmoniques aussi paradoxales (apaisantes et vénéneuses à la fois, seule "Charlotte Sometimes" de Cure m'a fait cet effet à ce jour... si vous connaissez d'autres morceaux du même tonneau, faites-moi signe, je suis preneur !) de beauté brute. Habitée par le fond de rage que Spiderland m'a laissé, la 'mélodie' me berce mais je sens que ça peut sauter à tout moment. Et pourtant, "Glenn" n'explosera pas mais la basse s'épaissit au fur et à mesure pour me pousser limite dans mes derniers retranchements lorsqu'elle semble 'gicler' de l'ensemble (écoutez bien la fin du morceau) qui monte inexorablement en tension... Waow !

Après cette entrée en matière pour le moins dense, "Rhoda", beaucoup plus 'électrique' (a priori), laisse exploser tout ce que "Glenn" a contenu. Oui, laisse exploser, mais avec une classe et une maîtrise rythmique extraordinaires, la basse semble rôder autour de notre système nerveux en décomposition, Brian McMahon (je suppose) compte: 'One, two, three !' et le groupe se lance dans une partie toutes guitares dehors avec breaks de tarés, guitares au son de scies hurlantes, batterie tantôt sadique, tantôt hypnotique (comme entrevu dans "Glenn"), basse qui soutient tout le passage puis qui se retrouve seule à bourdonner dans un passage quasi-silencieux qui se conclut par un nouveau 'One, two, three !' de McMahon et là, le groupe se relance dans un passage apocalyptique, la deuxième guitare se traîne et crée un 'trou dans le ventre', la basse semble vomir toute sa rage avec un son limite déglingué, quelques octaves en dessous du pic atteint par les deux guitares, dissonantes à souhait. Ca fait mal.

La fin du morceau arrive, la guitare n'est plus que balbutiements, semble se diriger vers un encéphalogramme plat, la basse bourdonne encore, ultime signe de vie et puis, paf !

SILENCE...

Je suis comme le mec sur la pochette, un trou dans le ventre. C'est une image, certes, mais elle est lourde de sens. Ce disque est sûrement la raison pour laquelle je n'ai pas franchi le pas d'aller voir Slint en live lors de leurs deux récents passages en France. Je veux garder ces sensations-là que leurs disques font naître en moi pour moi seul. Les partager par écrit est néanmoins un grand pas, je suppose...
Intemporel ! ! !   20/20







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