Sloan

Commonwealth

Commonwealth

 Label :     Yep Roc 
 Sortie :    mardi 09 septembre 2014 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

En 2014, je ne sais pas si vous avez fait gaffe mais on a encore surpris Sloan en train d'atteindre le sommet de leur art. Ils sont incroyables ces types. On va y revenir après. Je vais d'abord présenter les choses de façon un peu générale.
Comme les Posies, je ne sais pas si au regard de certains de leurs albums - et ce Commonwealth en fait partie - je n'aurais pensé à considérer Sloan comme un groupe de power pop, genre auquel il apparaît évident aux yeux de tous qu'ils appartiennent. Car il y a quelque chose de sophistiqué chez eux qui me paraît un brin éloigné du genre, et dans leur son, et dans leurs compos. Mais il y a quand même des accointances avec la pop des années 70 comme la jouait Badfinger ou 10cc (sans les voix rigolotes), on ne peut pas le nier. Des groupes marqués par les Beatles, les Kinks et les Who, rien de plus. Et il faut bien avouer que le morceau avec lequel je les ai découverts en 2007 peut rentrer dans la catégorie. Il était question d'une reprise de "Little Diane" de Dion par Rivers Cuomo sur sa première collection de démos de la série Alone. Sloan en était le backing band et j'avais vraiment accroché à leur jeu très vivant dans sa section rythmique bien que le son très brut ne dévoile pas toutes les nuances dont ils sont capables. Je me suis rendu compte par la suite que ça se rapprochait assez de ce qu'on entend sur One Chord To Another en un peu plus touffu. Et depuis, j'ai avancé pas à pas dans leur discographie.
Il y a deux ou trois disques qu'il me manque, mais ça fait partie des groupes dont je suis les sorties avec attention. Il faut rappeler qu'ils ont fait leur débuts avec Smeared qui flirtait avec des sons de guitare brouillardeux proches du shoegaze et de la dream pop, y'a qu'à voir "Sugartune" et "I Am The Cancer". Et d'un coup le son de guitare s'est éclairci et ils ont laissé de côté la distorsion en développant un style qu'ils peaufinent d'album en album parmi lesquels il ne faut pas rater Twice Removed en 1994, Navy Blues en 1998, Never Hear The End Of It en 2006 et également leurs deux derniers albums. Car cette décennie, Sloan a sorti deux albums. Dans un registre plus ramassé, The Double Cross, avec lequel il fêtait leurs vingt ans en 2011, était d'une qualité redoutable. En 2013, ils se sont quand même amusés en sortant un EP comprenant deux reprises de hardcore pas inoubliables, peut-être une inspiration venue de la rencontre avec Milo Aukerman dont l'admiration est réciproque. Et en 2014 arrive ce Commonwealth qui s'étale davantage.

Le niveau ne baisse pas d'un pouce sur les 4 faces qui le composent. Chacune des faces est écrite par un des membres du groupe. C'est une habitude d'avoir tout le monde qui apporte sa pierre à l'édifice, mais la répartition n'a jamais été aussi nette et cette organisation des titres donne d'ailleurs son nom à l'album. Sur la pochette, les quatre membres sont représentés par les quatre couleurs d'un jeu de carte, et ils sont chacun les rois de cette communauté d'états : Jay Ferguson (guitare, carreau), Chris Murphy (basse, coeur), Patrick Pentland (guitare, trèfle), Andrew Scott (batterie, pique). Mais si la répartition est nette sur le papier, il en est un peu autrement quand on commence à écouter le disque. Je dirais que les deux premières faces forment un bloc assez homogène. La face pop. J'ai peut-être une préférence pour la face de Chris Murphy, à qui je dois un de mes morceaux favoris du groupe, "Another way I Could Do It", dernière chanson de Never Hear The End Of It. La face de Murphy vient en deuxième position. Elle est plus décomplexée et plus chaleureuse. Elle démarre par "Carried Away" et je n'y résiste pas. La face de Ferguson peut être enjouée aussi sur "You've Got A Lot On Your Mind" ou "Cleopatra", mais intercalés avec la délicatesse triste de "You've Come This Far" et "Three Sisters", ça paraît plus froid. "Neither Here Nor There" jouée à l'acoustique est très belle et prépare avec grande classe l'arrivée de la face de Murphy.
Cette deuxième face démarre donc avec "Carried Away" cité plus haut, très enjoué, qui laisse la place à "So Far So Good", la balade au piano. J'ai une préférence pour "Misty's Beside Herself" qui clôt le petit lot de chansons de Monsieur Murphy. Une fois écouté, je peux plus me l'enlever de la tête, et dans ce cas-là, c'est une bonne chose. Toujours mélodique, mais plus musclée, voilà ce qu'on peut dire de la face de Patrick Pentland. Et là on ouvre les fenêtres, on allume la cigarette, lunettes de soleil sur le nez et on roule jusqu'au coucher du soleil. On ne réfléchit plus et c'est exactement ce que nous dit de faire Pentland : take it easy et keep swinging (downtown, bien sûr). Il calme quand même le jeu avec "What's Inside" et vient le tour d'Andrew Scott qui nous propose une seule pièce de près de 18 minutes. Et quelle pièce, ce machin! Ça commence par des sons bruitistes, on entend des aboiements, et puis longtemps, mais très longtemps après, plusieurs morceaux pop viennent se coller les uns aux autres. On essaye de comprendre, mais il ne faut pas, il faut se laisser faire.

Ça va faire trois ans que ce disque est sorti. Deux titres de Noël sont parus cet hiver mais on attend impatiemment de vos nouvelles les mecs. Ca va être dur de faire mieux, je sais mais je vous connais. Me laissez pas tout seul.


Excellent !   18/20
par LaEscoba


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